dimanche 6 septembre 2015

Gambit, arnaque à l'anglaise (2012)


C'est rigolo, la façon dont les titres des films se voient ajouter un complément destiné au public français. Avec le complément "entre amis" (promis, je ne reviens pas sur le film sinistre portant ce titre), et vous donnerez à n'importe quel long métrage une allure de film choral, glanant ainsi des spectateurs qui ne s'y seraient pas forcément laissés prendre. En ajoutant le label "à l'anglaise", les distributeurs de films pensent certainement que cela conférera à l'oeuvre le "plus" nécessaire à son succès, en attirant les curieux adeptes d'un ton "so british". Hélas, de "Mariage à l'anglaise" à "Petits meurtres à l'anglaise", la méthode a été déclinée ad nauseam, sans démontrer son efficacité. Il n'empêche qu'elle continue d'être déployée, en dépit du bon sens. "Gambit, arnaque à l'anglaise", remake de "Un hold-up extraordinaire" (1968), avec dans les rôles principaux Cameron Diaz, Colin Firth et Alan Rickman fut un sévère bide, il y a quelques années.

Conservateur d'art, Harry Deane décide d'arnaquer son patron, Lord Lionel Shabandar, grand collectionneur. Pour ce faire, il compte lui faire acheter la copie d'un Monet, disparu depuis la Seconde Guerre Mondiale. Flanqué d'une extravagante texane fan de rodéo, sensée faire croire que son grand-père a récupéré le tableau parmi ceux volés par Herman Göring, Deane va voir son plan prendre une tournure inattendue. Entre choc des cultures et retournements multiples, Harry n'est pas au bout de ses peines.


Michael Hoffman, réalisateur de "Gambit, arnaque à l'anglaise" a déjà derrière lui quelques longs métrages, dont le plus connu est sans doute "Un beau jour", dans lequel il dirigea Michelle Pfeiffer et George Clooney. Ce remake d'une screwball comedy comme on savait les faire il y a quelques décennies était pour lui l'occasion d'espérer un grand succès. Quand on sait qu'en plus, le scénario était écrit par les frères Coen, tous les espoirs étaient permis.  Hélas, ces espérances sont rapidement douchées et ce, dès les premières séquences du film. Les allées et venues du scénario rendent vite l'intrigue totalement confuse et illisible, alors qu'elle n'avait rien de particulièrement crypté. Se perdant en apartés inutiles et ratant ses effets chaque fois qu'il veut faire rire, "Gambit, arnaque à l'anglaise" devient rapidement un film où on s'ennuie.

Tout porte à croire que les frères Coen n'aient fait que griffonner un brouillon du scénario de "Gambit, arnaque à l'anglaise" et qu'ils aient choisi sciemment de ne pas porter à l'écran ce remake inutile de "Un hold-up extraordinaire", qui n'avait pourtant pas marqué les esprits. En effet, si la mise en scène de Michael Hoffman n'a rien d’extraordinaire, elle reste honorable, même si elle est souvent sabordée par un montage souvent en dépit du bon sens. Le scénario est, une fois encore, le grand fautif de ce film. 

On pourrait se consoler avec la présence d'acteurs de grand talent, comme Alan Rickman, Colin Firth,  ou Stanley Tucci. Ce serait en pure perte : les voir se gâcher dans pareil ratage fait plus mal au cœur qu'autre chose. Au passage, si quelqu'un pouvait demander à Cameron Diaz d'arrêter de choisir des rôles basés uniquement sur son physique, ce serait lui rendre grand service. Aussi ravissante soit-elle, il est temps de passer aux choses sérieuses. Mal dirigés et sans doute peu convaincus de l'entreprise dans laquelle ils se sont laissés embarquer, les comédiens font finalement peine à voir.

La vague des remakes, reboots et autres sequels gangrène suffisamment le cinéma, d'où qu'il vienne, pour qu'on s'épargne celui-ci. Se réclamant d'un ton qu'on ne trouve jamais au visionnage, quelque part entre l'humour british et celui des frères Coen (dont je n'arrive pas à comprendre la collaboration au script de ce film), "Gambit, arnaque à l'anglaise" tient une seule promesse : il s'agit d'une arnaque, dont les victimes sont les spectateurs (aussi peu nombreux furent-ils).






6 commentaires:

  1. Pif paf ! Encore un mauvais film démonté ! Il faut admettre qu'avec un tel casting, j'aurais très bien pu me faire prendre, en effet, avant d'être probablement dépité d'un tel ratage... merci de prévenir !

    PS: je n'avais pas fait attention à ce "à l'anglaise", mais j'ai vu un jour un "Braquage à l'anglaise" qui se donnait des airs vintage, mais m'avait paru bien plan-plan. Cinq ans plus tôt, on avait eu droit à "Braquage à l'italienne". J'attends "Braquage à la mode de chez nous" pour me faire une idée de la série ! :D

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    1. A votre service, m'sieur ! C'est une des vocations de ce blog, que de vous faire éviter, chers lecteurs, le visionnage de films évitables....et, de temps en temps, de vous offrir une séance de rattrapage.
      Merci de ta fidélité, Martin !

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  2. Il était dans ma liste (Colin Firth, Alan Rickman, ça m'avait suffi) mais je pense que je vais l'en retirer... Comme toi, le manque d'inspiration me fait péter les plombs et je n'en peux plus des remakes, reboots, sequels, prequels. J'avais déjà du mal à comprendre pourquoi les américains s'amusaient à refaire les films étrangers qui leur plaisaient (The Tourist, My sassy girl et j'en passe). Et maintenant ils s'amusent à refaire leurs propres films pour toucher un nouveau public. Et même comme ça, ils se ratent, c'est fou!
    Pour en revenir à Gambit... C'est plutôt courage, fuyons!

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    1. Entre ces titres qui prennent le spectateur pour un idiot et cette vague de remakes, reboots, prequels et sequels, il y a de quoi rager, c'est vrai...
      Merci de ta fidélité, Mel !

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  3. Une déception, c'est mou du genou ! Faineant assuréement

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    1. A éviter, sans l'ombre d'un doute, malgré ses acteurs. C'est regrettable.
      Merci de ta fidélité à ce blog !

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