mercredi 27 janvier 2016

Absolute beginners (1986)



La récente disparition de l'immense David Bowie a conduit pas mal de médias à évoquer sa belle carrière cinématographique. Les films qui mirent en scène le Major Tom furent, pour les plus connus d'entre eux, rappelés à notre bon souvenir, de "Furyo" à "Basquiat", en passant par "Les prédateurs" et "L'homme qui venait d'ailleurs". Assez curieusement, l'un de ses films, pour lequel il participa à la bande originale, est quasiment oublié de tous et peu nombreux furent les médias à l'évoquer suite à la mort de David Bowie. Mal reçu par la critique, "Absolute beginners" participa, avec "Revolution" de John Hughes, à la faillite du studio Goldcrest. On comprend mieux l'oubli dans lequel est plongé ce long métrage...

Londres, 1958 : la jeunesse veut vivre et, pour oublier les années sombres qui précèdèrent, s'ennivre dans un tourbillon de musique. Le jazz est bien installé et le rock'n roll ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. Colin, jeune photographe, veut faire partie de ce monde. Mais, ce qu'il veut avant tout, c'est le cœur de la ravissante Suzette. Et Suzette, elle, ne pense qu'à la carrière qui s'offre à elle, dans la mode.
Autour d'eux, il y a la musique, la danse, la vie !


Julien Temple, réalisateur de "Absolute beginners" fit ses premières armes en mettant en scène des clips vidéo et surtout le très ironique "La grande escroquerie du rock'n roll", vrai-faux documentaire sur les Sex Pistols et leur producteur, le très barré Malcolm.... Avec "Absolute beginners", adapté du roman éponyme de Colin MacIness,il se fait plaisir et livre un très long clip, doté d'une distribution très pop, qui vient pousser la chansonnette sous des néons bien eighties. 

Certes, "Absolute beginners", avec les années, a vieilli et marque cruellement son âge, tant il semble ancré dans son époque (qu'il s'agisse de celle où son histoire se déroule ou de celle où il fut tourné). Mais on ne peut s'empêcher de lui trouver un certain charme, et de se laisser porter par ses mélodies et l'enthousiasme de ses personnages. Et, si cela ne suffisait pas, la simple présence de Patsy Kensit est à elle seule une belle raison pour visionner "Absolute beginners" (oui, j'avoue, je suis faible). Face à elle, Eddie O'Connell, porté disparu depuis, offre sa sincérité à l'histoire narrée là. Les seconds rôles sont souvent marquants, qu'ils soient interprétés par David Bowie (qui composa une bonne partie de la bande originale), Sade (la chanteuse envoûtante des années 80), James Fox ou Ray Davies (oui, le leader des Kinks, vous avez bien lu). Et, en regardant bien, vous découvrirez pas mal de visages connus dans les arrières-plans.

Assumant l'hommage quasi-continuel à "West Side Story", cette comédie musicale acidulée et colorée comme un bonbon est une friandise venue d'une autre époque, un péché mignon, un plaisir coupable. Visionner "Absolute beginners" aujourd'hui est une façon bien élégante de rendre hommage au créateur de Ziggy Stardust, tout en se faisant plaisir. 

Alors, si l'on regarde "Absolute beginners" avec la grande indulgence due à son âge et surtout en se disant qu'il s'agit d'un long clip vidéo, il est possible de lui trouver un certain charme et de l'apprécier. Le cinéphile pur et dur sera moins prompt à le considérer comme un véritable film.


vendredi 22 janvier 2016

Le combat ordinaire (2014)


Drôle d'idée que celle d'adapter, pour le grand écran, la bande dessinée de Manu Larcenet, "Le combat ordinaire". Drôle d'idée, d'autant plus que le dessinateur avait refusé jusque là l'idée même d'un passage au grand écran de cette oeuvre. Il faut croire que Laurent Tuel (déjà flashé dans ces colonnes pour le très oubliable "Premier cercle") ait été persuasif, puisqu'il se vit confier la tâche de faire passer le combat ordinaire de Marco, le héros de la BD, sur les écrans noirs de nos nuits blanches. Malheureusement pour lui, le public n'a pas suivi. Autant les albums furent couronnés de succès (plus de 600 000 exemplaires, un score atypique, au regard du marché), autant le film fut un four, lors de sa sortie en salles.

Marco, photographe revenu des champs de bataille, livre un combat intérieur. Entre les images qu'il a du affronter, la maladie d'Alzheimer qui s'attaque à son père, sa peur de tout engagement, il n'y arrive tout simplement pas. Et puis, il y a ce voisin, qui n'est pas ce qu'il affiche, cette jolie vétérinaire qui soigne le chat de Marco et touche son cœur, le chantier naval et les anciens potes de Marco.
Il y a la vie, et il a du mal avec elle.

Difficile d'évoquer les bandes dessinées de Manu Larcenet sans sombrer dans l'éloge dithyrambique. Qu'il s'agisse de son monumental "Blast", du "Retour à la terre" (scénarisé par Ferri) ou de sa récente adaptation du "Rapport de Brodeck", cet échappé de Fluide Glacial s'impose comme l'un des maîtres du neuvième art hexagonal. Ses derniers albums, fouaillant l'âme humaine et ses turpitudes, sont à n'en pas douter de futurs classiques. A l'heure où la bande dessinée intéresse de plus en plus les producteurs cinématographiques, il était inévitable qu'un des opus de Larcenet passe sur le grand écran. Le problème est que "Le combat ordinaire" est un combat tout intérieur et que, par définition, il passe mal à l'écran. 

Pour narrer les angoisses des personnages, ceux qui sont passés avant Laurent Tuel choisit de filmer
au plus près, souvent caméra à l'épaule, ce qui est sans doute une bonne idée. Il choisit également d'adapter en un seul film les quatre albums composant "Le combat ordinaire", mais n'obtient cependant pas un film dense et rempli. Au contraire, à plus d'une reprise, on a la sensation de ne faire qu'effleurer le véritable sujet. Sans oser approfondir sa démarche et faute de pouvoir s'affranchir du support initial, le film reste enfermé dans ses cases. N'offrant pas au spectateur la possibilité d'aller plus avant dans la tête de ses personnages (ce que le matériau d'origine rendait facile, aussi étonnant que ce soit), "Le combat ordinaire" laisse une impression de superficialité et parfois de vide.

C'est l'interprétation qui sauve "Le combat ordinaire". Qu'il s'agisse de Nicolas Duvauchelle, de Maud Wyler, de Liliane Rovère, d'Olivier Perrier ou d'André Wilms, sans oublier les seconds rôles, tous remarquables, les acteurs donnent vie aux personnages de papier créés par Manu Larcenet. Le regret est d'autant plus fort : malgré des protagonistes pleins de cette humanité qui suintait des dessins originaux, le long métrage est souvent froid, comme s'il se contentait de voir, alors qu'il fallait regarder de près.


dimanche 17 janvier 2016

Royal Affair (2012)




Le film dit "en costumes" est un genre à part entière, dont les plus grandes réussites sont les films utilisant ce prétexte pour traiter de sujets souvent contemporains. En visionnant tout récemment "Royal affair", coproduction dano-tchèque, l'évidence m'a frappé : ce drame à la cour danoise du XVIIIème siècle était on ne peut plus actuel. Sans avoir été un véritable échec au box-office, ce film aurait sans doute pu drainer plus de spectateurs dans les salles. 

Quand la jeune Caroline arrive à la cour du Danemark, en 1770, pour y épouser le Roi Christian, elle découvre un monde à part. Souffrant de troubles psychiques, son époux n'est qu'une marionnette entre les mains de ses ministres. Quand la santé du Roi est confié au Docteur Struensee, adepte de la philosophie des Lumières, tout va changer : la politique royale se fait humaniste et progressiste, et Caroline, jusque là délaissée par son mari, va tomber sous le charme du médecin. 
Pendant ce temps, la noblesse danoise va tenter de reprendre le pouvoir en main...

L'histoire narrée par "Royal affair", en plus d'être dramatique et presque totalement authentique, est de celles qui résonnent au cœur de tout citoyen ou presque. L'éveil d'un pays à une nouvelle ère, qu'elle se fasse en douceur ou dans le sang, reste un thème d'actualité. Dans le présent long métrage, sous les cieux souvent glacés du Danemark, et les dorures du palais royal, le drame qui se noue renvoie évidemment aux révolutions (manquées ou pas) qui changèrent la destinée de pays entiers. le piège, lorsqu'on s'aventure dans le film "en costumes" est de sombrer dans l'académisme et d'oublier de tenir un vrai propos pour s'en tenir à une visite de musée. Nikolaj Arcel, le réalisateur (déjà repéré pour son travail de scénariste sur l'adaptation suédoise des romans "Millenium") contourne l'écueil et, en filmant à hauteur d'homme (et de femme), livre un véritable drame, à la fois romantique et politique, sensuel et humain. 

Il est aidé en cela par un véritable travail de reconstitution, qui place le spectateur dans les lieux et
l'époque du drame, et surtout par une distribution sublime. Le trio d'acteurs qui incarne les protagonistes de cette belle histoire, qu'il s'agisse de l'immense Mads Mikkelsen, mais aussi d'Alicia Vikander et de Mikkel Boe Folsgaard, tous prodigieux et sans doute le plus bel atout du film. 

Seul un rythme plutôt inégal (notamment dans sa dernière partie) est à mettre au passif de "Royal affair", qui ne passe finalement pas très loin du chef d'oeuvre. Remarquablement interprété, et bénéficiant d'une reconstitution admirable, "Royal affair", malgré ses quelques défauts, est un film qui a nombre de mérites, notamment celui de mettre en lumière une histoire tragique, méconnue et (hélas) toujours en résonance avec notre siècle.





mardi 12 janvier 2016

A love you (2015)


J'avoue n'avoir jamais entendu parler de "A love you" avant son visionnage, malgré le Prix Spécial du Jury au Festivat de l'Alpe d'Huez qu'il revendique son affiche. Cela dit, les affiches sont parfois trompeuses, puisque la route que les deux héros attaquent sur celle-ci semble pavée de critiques dithyrambiques (dont je n'ai trouvé trace nulle part). Revendiquant l'héritage de classiques du cinéma comique français (je cite, en vrac, "Marche à l'ombre", "Les valseuses" ou "La chèvre"), "A love you" allait-il être le film qui me réconcilierait avec la comédie hexagonale ?

Après une soirée plutôt arrosée et une nuit inoubliable avec une belle inconnue, Manu découvre au réveil un mot de celle-ci lui donnant rendez-vous à Avignon. Ni une ni deux, il convainc son ami Fred de l'emmener là-bas pour retrouver celle qu'il pense être la femme de sa vie. Voilà donc les deux potes, qui ont finalement nombre de différences, partis à l'aventure sur les routes de France, pour un périple qui va prendre des allures inattendues.

Ça partait mal. Après le logo "EuroCorp" (de sinistre augure, au vu du passif du studio) et un générique louchant fort du côté de "Very bad trip", le film semblait viser une case qui n'avait rien d'attirant. Mais, après quelques minutes et une poignée de gags pas forcément utiles, "A love you" prend la route et embarque son spectateur, en compagnie de deux losers dont on sait qu'ils sont inséparables.

Les deux interprètes principaux, Antoine Gouy et Paul Lefèvre (ce dernier étant par ailleurs le réalisateur), bientôt rejoints par la délicieuse Fanny Valette, mettent toute leur énergie au service de l'histoire improbable contée par "A love you". Croisant des personnages hauts en couleur (on retrouve avec plaisir l'immense Dominique Pinon, dans une des plus jolies séquences du film), les jeunes protagonistes compensent leur peu d'expérience par une sincérité qui fait souvent mouche. En équilibre entre comédie (parfois à la limite du trash, c'est vrai) et voyage en territoire sensible, "A love you" s'avère, pour la plus grande surprise du spectateur, une vraie réussite. 

Doté d'un budget sans doute ridicule au regard de ceux attribués aux films auxquels EuroCorp nous a habitué, "A love you", fait de bouts de ficelles et de bonnes vannes, évite l'écueil du recours systématique à l'humour gras qui fait pourtant florès ces derniers temps (suivez mon regard). S'il a recours de temps à autre à un coup sous la ceinture, il est souvent drôle et émouvant. La filiation avec les ancêtres du film "en tandem" semble finalement avérée, aussi étonnant que cela soit. 

Lorsqu'il s'attarde avec tendresse sur ses personnages, c'est là que "A love you" est le plus réussi. Malgré les énormes réticences que l'on pouvait avoir devant son affiche et son introduction, c'est avec plaisir qu'on suit les deux amis qui tiennent "A love you" sur leurs épaules. ce n'est pas la comédie du siècle et encore moins celle de l'année, mais c'est un film qui s'assume et réussit sa mission : pas mal pourraient en prendre de la graine.





jeudi 7 janvier 2016

Absolutely anything (2015)


Ayant maintes fois constaté le naufrage de la comédie française, il était logique que j'aille trouver du réconfort du côté d'un cinéma qui n'a que rarement déçu : la comédie britannique, avec son humour si particulier, surtout quand son étendard est porté par les incontournables Monty Python. Terry Jones, l'un des membres de cette confrérie qui mit mes zygomatiques à contribution tant de fois, a réalisé il y a peu un film étrange (mais on n'en attendait pas moins de lui), avec l'aide de ses anciens complices et mettant en vedette Simon Pegg (celui de "Shaun of the dead" et "Hot Fuzz"). Ces seuls arguments auraient du convaincre les amateurs de rire au cinéma qu'il fallait foncer voir "Absolutely anything". visiblement, le cinéma n'est pas une science exacte, puisque personne (ou presque) n'a vu ce film, totalement passé inaperçu lors de sa sortie (en catimini). 

Neill n'est qu'un obscur professeur de collège, alors qu'il se rêve écrivain à succès. Ses élèves le méprisent, sa hiérarchie le déteste et sa charmante voisine, Catherine, l'ignore, alors qu'il s'est épris d'elle. Le seul ami de Neill reste Dennis, son chien.
A l'autre bout de l'espace, les membres du Conseil Intergalactique des Etres Supérieurs, qui viennent de découvrir l'existence de l'humanité grâce au message envoyé par les sondes Pioneer. Ne sachant s'ils doivent détruire ou non cette misérable planète qu'est la Terre, ils décident de tester ses habitants et, pour cela, choisissent d'accorder à l'un d'eux le pouvoir de réaliser tout ce qu'il veut. Devinez sur qui cela tombe...

Il y a du "Routard galactique" dans le postulat de base de ce film, on en conviendra, et c'est plutôt réjouissant. Il y a aussi (et surtout) un petit air de "Bruce tout puissant" dans ce personnage qui se rend compte de son omnipotence, mais ne la maîtrise pas, faute de se faire comprendre. Le procédé comique est facile, mais a prouvé son efficacité. Heureusement, Simon Pegg n'est pas Jim Carrey et ne cherche pas à le singer. A l'image de son interprète principal, le film assume son côté de l'Atlantique, quitte à n'aller pas aussi loin qu'il pourrait le faire.

On ne s'ennuie jamais et on s'amuse souvent ; malgré ses airs de plaisir coupable, "Absolutely
anything" réussit ce que nombre de prétendues comédies peinent à accomplir ces derniers temps. Sans être un chef d'oeuvre et utilisant bien souvent la facilité, "Absolutely anything" reste agréable à visionner, pour peu qu'on se munisse d'indulgence.

On saluera l'interprétation de Simon Pegg, qui porte le film sur ses épaules et assure une fois de plus le spectacle. Face à lui, Kate Beckinsale, toujours aussi charmante, donne une prestation plus qu'honorable. Les anciens Monty Python sont réunis sous les traits d'extra-terrestres cyniques et omniscients, jugeant l'humanité à leur façon souvent grinçante : on ne peut donc parler véritablement de leur retour au grand écran, du moins des deux côtés de la caméra.
Enfin, soulignons l'interprétation vocale du génial et regretté Robin Williams, qui prête sa voix au chien Dennis. Ne serait-ce que pour lui rendre l'hommage qu'il mérite, c'est en Version Originale que ce film doit se voir. 

Alors, certes, "Absolutely anything" a pas mal de défauts (notamment un montage souvent fait à la serpe) et n'est pas un film mémorable, mais il ne se prend jamais au sérieux et fait souvent sourire, voire rire. En ces temps de sinistrose ambiante, c'est toujours ça de pris.






samedi 2 janvier 2016

Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012)


La fin du monde, voilà un sujet qui a inspiré moult cinéastes, surtout lors des périodes de crise. Le cataclysme absolu, celui qui renvoie l'humanité au rang de poussière, a été traité de bien des manières, qu'il s'agisse de celle, façon rouleau compresseur, de Roland Emmerich, ou de celle, examinant l'humanité en creux d’œuvres telles que "The Walking Dead". Glisser un peu de romance dans ce décor a priori funeste est plus inattendu. C'est pourtant à cela que s'est risquée Lorene Scafaria, pour son premier long métrage, "Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare" ("Seeking a friend for the end of the world" en version originale). Malgré la présence de Steve Carell et de Keira Knightley, ce petit film n'a rassemblé que peu de spectateurs dans l'hexagone. En lisant récemment le billet que lui consacra une consœur (que je salue au passage), l'envie m'a pris de jeter un œil à ce film méconnu.

Trois semaines : c'est le temps qu'il reste avant qu'un astéroïde ne s'écrase sur Terre et n'anéantisse toute vie. Alors que sa femme l'a quitté à l'annonce du cataclysme, Dodge se réfugie un instant dans sa routine, avant de décider de partir à la recherche de son premier amour. C'est sans compter l'irruption dans sa vie de Penny, sa jeune voisine.
Et s'il ne vous restait qu'une poignée de jours, où iriez-vous ? Que chercheriez-vous ?


Dans les premières séquences, on pense un instant que le film va décrire les derniers jours d'un monde fichu, se permettant à l'occasion quelques audaces. Mais, très vite, laissant cette promesse de côté, il se penche sur le quotidien d'un homme seul et résigné, merveilleusement interprété par Steve Carell. On pouvait s'attendre à rire, on se contentera de sourire, avant de s'émouvoir (ou pas) et de s'interroger.  Pour son premier film, Lorene Scafaria livre un film hélas inégal, ne tenant pas toutes ses promesses, mais possédant une tonalité attachante. Le voyage initiatique que réalisent ses deux protagonistes, dont on connait déjà la fin, puisqu'elle est annoncée, est à la fois fait de légèreté et de gravité. Filmant ses interprètes au plus près, la réalisatrice réussit à conférer à son long métrage un ton résolument humain, celui-là même qui est bien souvent absent des grosses machineries.

Ces héros malgré eux des derniers jours du monde ont pour les servir des interprètes aux talents inégaux. Comme déjà évoqué, Steve Carell est remarquable et vaut à lui seul le visionnage du film. Je suis plus réservé sur la prestation de la fort mignonne mais peu inspirée Keira Knightley. On se réjouira (ou pas, d'ailleurs) des apparitions marquantes de Martin Sheen et de William Petersen, décidément trop rare sur le grand écran.

C'est du côté du scénario que pèche "Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare". Quasiment dénuée de surprises, l'histoire qui nous est contée là est déroulée tranquillement, s'autorisant même quelques longueurs de temps à autre, voire certaines scènes inutiles car inexploitées par la suite. On se surprend à rêver au grand et beau film qu'aurait donné un script plus étoffé, creusant plus profondément dans les intentions de ses protagonistes. 

Moins léger qu'il n'en a l'air, mais cependant pas assez épais pour totalement séduire, "Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare" vaut surtout pour son interprète principal et le ton qui l'habite. Cerise sur le gâteau, sa bande originale est de toute beauté.