jeudi 7 janvier 2016

Absolutely anything (2015)


Ayant maintes fois constaté le naufrage de la comédie française, il était logique que j'aille trouver du réconfort du côté d'un cinéma qui n'a que rarement déçu : la comédie britannique, avec son humour si particulier, surtout quand son étendard est porté par les incontournables Monty Python. Terry Jones, l'un des membres de cette confrérie qui mit mes zygomatiques à contribution tant de fois, a réalisé il y a peu un film étrange (mais on n'en attendait pas moins de lui), avec l'aide de ses anciens complices et mettant en vedette Simon Pegg (celui de "Shaun of the dead" et "Hot Fuzz"). Ces seuls arguments auraient du convaincre les amateurs de rire au cinéma qu'il fallait foncer voir "Absolutely anything". visiblement, le cinéma n'est pas une science exacte, puisque personne (ou presque) n'a vu ce film, totalement passé inaperçu lors de sa sortie (en catimini). 

Neill n'est qu'un obscur professeur de collège, alors qu'il se rêve écrivain à succès. Ses élèves le méprisent, sa hiérarchie le déteste et sa charmante voisine, Catherine, l'ignore, alors qu'il s'est épris d'elle. Le seul ami de Neill reste Dennis, son chien.
A l'autre bout de l'espace, les membres du Conseil Intergalactique des Etres Supérieurs, qui viennent de découvrir l'existence de l'humanité grâce au message envoyé par les sondes Pioneer. Ne sachant s'ils doivent détruire ou non cette misérable planète qu'est la Terre, ils décident de tester ses habitants et, pour cela, choisissent d'accorder à l'un d'eux le pouvoir de réaliser tout ce qu'il veut. Devinez sur qui cela tombe...

Il y a du "Routard galactique" dans le postulat de base de ce film, on en conviendra, et c'est plutôt réjouissant. Il y a aussi (et surtout) un petit air de "Bruce tout puissant" dans ce personnage qui se rend compte de son omnipotence, mais ne la maîtrise pas, faute de se faire comprendre. Le procédé comique est facile, mais a prouvé son efficacité. Heureusement, Simon Pegg n'est pas Jim Carrey et ne cherche pas à le singer. A l'image de son interprète principal, le film assume son côté de l'Atlantique, quitte à n'aller pas aussi loin qu'il pourrait le faire.

On ne s'ennuie jamais et on s'amuse souvent ; malgré ses airs de plaisir coupable, "Absolutely anything" réussit ce que nombre de prétendues comédies peinent à accomplir ces derniers temps. Sans être un chef d'œuvre et utilisant bien souvent la facilité, "Absolutely anything" reste agréable à visionner, pour peu qu'on se munisse d'indulgence.

On saluera l'interprétation de Simon Pegg, qui porte le film sur ses épaules et assure une fois de plus le spectacle. Face à lui, Kate Beckinsale, toujours aussi charmante, donne une prestation plus qu'honorable. Les anciens Monty Python sont réunis sous les traits d'extra-terrestres cyniques et omniscients, jugeant l'humanité à leur façon souvent grinçante : on ne peut donc parler véritablement de leur retour au grand écran, du moins des deux côtés de la caméra.
Enfin, soulignons l'interprétation vocale du génial et regretté Robin Williams, qui prête sa voix au chien Dennis. Ne serait-ce que pour lui rendre l'hommage qu'il mérite, c'est en Version Originale que ce film doit se voir. 

Alors, certes, "Absolutely anything" a pas mal de défauts (notamment un montage souvent fait à la serpe) et n'est pas un film mémorable, mais il ne se prend jamais au sérieux et fait souvent sourire, voire rire. En ces temps de sinistrose ambiante, c'est toujours ça de pris.






8 commentaires:

  1. J'apporte de l'eau à ton moulin, Laurent: un petit film dispensable, sans doute, mais assez sympathique au demeurant. L'indulgence est de mise, c'est vrai, mais je n'ai rien vu de franchement honteux.

    Et bonne année ici ! :)

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    1. Merci du passage, Martin. Ce film s'oublie vite, mais fait passer un bon moment : c'est déjà ça.
      Je te renouvelle mes vœux pour cette année, l'ami !

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  2. J'en avais entendu parler mais pas toujours en bien alors je ne suis pas allée le voir. Mais ce que tu en dis me plait, et j'adore Simon Pegg! et puis le personnage tel que tu le décris : "obscur professeur de collège, alors qu'il se rêve écrivain à succès. Ses élèves le méprisent" me rappelle quelqu'un XD (j'espère juste que mes élèves ne me méprisent pas)
    Sinon, bonne année à toi! pleine de bons films et de nouvelles chroniques!

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    1. La seule présence de Simon Pegg justifie le visionnage du film, Mel. Merci de ton passage, et très belle année à toi !

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  3. J'ai beau être indulgent, ce film est clairement l'une de mes grosses déceptions de 2015. Venant des Pythons, je m'attendais à un peu plus de mordant. Dommage.

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    1. J'ai été (une fois de plus) très indulgent avec ce petit film...et je conçois bien qu'il ait déçu.

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  4. Très déçu... Un des films les plus décevants de l'année pour ma part. C'est déjà vu, sans originalité du tout et des gags éculés.

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    1. Comme dit plus haut, je comprends que ce film ait pu décevoir. Il n'est pas inoubliable, c'est vrai.

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