dimanche 17 janvier 2016

Royal Affair (2012)




Le film dit "en costumes" est un genre à part entière, dont les plus grandes réussites sont les films utilisant ce prétexte pour traiter de sujets souvent contemporains. En visionnant tout récemment "Royal affair", coproduction dano-tchèque, l'évidence m'a frappé : ce drame à la cour danoise du XVIIIème siècle était on ne peut plus actuel. Sans avoir été un véritable échec au box-office, ce film aurait sans doute pu drainer plus de spectateurs dans les salles. 

Quand la jeune Caroline arrive à la cour du Danemark, en 1770, pour y épouser le Roi Christian, elle découvre un monde à part. Souffrant de troubles psychiques, son époux n'est qu'une marionnette entre les mains de ses ministres. Quand la santé du Roi est confié au Docteur Struensee, adepte de la philosophie des Lumières, tout va changer : la politique royale se fait humaniste et progressiste, et Caroline, jusque là délaissée par son mari, va tomber sous le charme du médecin. 
Pendant ce temps, la noblesse danoise va tenter de reprendre le pouvoir en main...

L'histoire narrée par "Royal affair", en plus d'être dramatique et presque totalement authentique, est de celles qui résonnent au cœur de tout citoyen ou presque. L'éveil d'un pays à une nouvelle ère, qu'elle se fasse en douceur ou dans le sang, reste un thème d'actualité. Dans le présent long métrage, sous les cieux souvent glacés du Danemark, et les dorures du palais royal, le drame qui se noue renvoie évidemment aux révolutions (manquées ou pas) qui changèrent la destinée de pays entiers. le piège, lorsqu'on s'aventure dans le film "en costumes" est de sombrer dans l'académisme et d'oublier de tenir un vrai propos pour s'en tenir à une visite de musée. Nikolaj Arcel, le réalisateur (déjà repéré pour son travail de scénariste sur l'adaptation suédoise des romans "Millenium") contourne l'écueil et, en filmant à hauteur d'homme (et de femme), livre un véritable drame, à la fois romantique et politique, sensuel et humain. 

Il est aidé en cela par un véritable travail de reconstitution, qui place le spectateur dans les lieux et
l'époque du drame, et surtout par une distribution sublime. Le trio d'acteurs qui incarne les protagonistes de cette belle histoire, qu'il s'agisse de l'immense Mads Mikkelsen, mais aussi d'Alicia Vikander et de Mikkel Boe Folsgaard, tous prodigieux et sans doute le plus bel atout du film. 

Seul un rythme plutôt inégal (notamment dans sa dernière partie) est à mettre au passif de "Royal affair", qui ne passe finalement pas très loin du chef d'oeuvre. Remarquablement interprété, et bénéficiant d'une reconstitution admirable, "Royal affair", malgré ses quelques défauts, est un film qui a nombre de mérites, notamment celui de mettre en lumière une histoire tragique, méconnue et (hélas) toujours en résonance avec notre siècle.





12 commentaires:

  1. Hello Laurent. Joli plaidoyer !

    Je pense que, si cette histoire s'était passé à la Cour de France, plus de gens seraient allés la découvrir (simple hypothèse invérifiable). Pour ma part, le film m'a un peu déçu. Je ne sais pas ce qui m'aura manqué, car j'aime les films en costumes habituellement, et là, quelque chose a fait que je n'ai pas accroché. Peut-être que c'est pour partie dû au fait que je n'ai pas pu le voir en VO. De mémoire, je dirais aussi que c'est parce qu'on se concentre un peu trop sur les affaires sentimentales et pas sur la révolution possible. Un peu plus de fond dans le contexte historique m'aurait bien plu.


    Bref... ce film a beaucoup de mérites, comme tu l'as souligné, et m'a intéressé à des événements de l'histoire européenne dont j'ignorais absolument tout. C'est déjà ça.

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    1. Bonjour Martin. C'est vrai, si elle avait eu lieu dans notre pays, cette histoire aurait eu plus d'audience, tu as raison.
      Le léger déséquilibre entre grande et petite histoire a pu te décevoir, je le comprends...

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  2. Je n'ai même pas vu les longueurs de fin tellement l'histoire m'a absorbée. La narration n'est pas très originale mais ce n'est qu'un détail parce que le casting est royal et la reconstitution magistrale. Juste avant, j'avais vu Marie Antoinette de Sofia Coppola qui reprend les mêmes ingrédients mais ne soutient pas la comparaison. Là où A Royal Affair est intense et dense, Marie Antoinette est creux et plat.

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    1. Quel enthousiasme, Mel ! Cela fait plaisir à lire :)
      Merci de ton passage.

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  3. C'était justement ça qui était intéressant : une histoire d'un pays que l'on connaît finalement très mal. J'ai beaucoup aimé et après j'ai cherché de l'info sur les personnages. (en plus j'adore les films en costumes...)

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    1. Je crois me rappeler que le billet que tu lui avais consacré était enthousiaste :)

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  4. Tout à fait d'accord avec toi, on frôle le chef d'oeuvre. Un grand et beau film historico-romanesque.

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    1. Ravi de voir que nos avis se rejoignent sur la belle entreprise que représente ce joli film.

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  5. Rebonjour Laurent, étant souvent une vraie midinette, j'avoue que Mads Mikkelsen est "chou" tout plein. On comprends que la reine lui tombe dans les bras. Bonne après-midi.

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    1. Mais qu'a-t-il donc, ce Mads, à toutes vous faire fondre ? ;-)
      Merci du passage, Dasola, à bientôt

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  6. Je confirme que Mads est CRAQUANT !!! Il est sexy en diable.

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    1. Un peu de tenue, Mesdames, que diable !
      ....il m'agace, ce Mads....;)

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