mardi 27 juin 2017

Garage (2007)


Il est des petits films qui passent sous notre radar, parce qu'ils sont peu diffusés, ou parce qu'on n'a pas l'occasion de se rendre aux quelques séances où ils sont projetés. Venu d'Irlande, "Garage", pourtant récompensé à de multiples reprises, n'a pas bénéficié de beaucoup de visibilité en France, malgré un passage par la Quinzaine de réalisateurs à Cannes et de nombreux festivals autour du globe. Parfois, on a besoin ou envie d'un petit film tout simple : ça m'a pris un soir et voilà le résultat. 
Josie est un homme simple, pour ne pas dire simplet, plutôt renfermé en lui-même. Il travaille à la station-service locale et s'y fait probablement exploiter. Sa vie est des plus banales et on le regarde avec mépris, quand on fait l'effort de le voir.
Quand son employeur lui confie un nouveau collègue, Josie voit là l'occasion de se faire un ami, même s'il s'agit d'un jeune lycéen, travaillant là pour découvrir la vie. Sont-ils si éloignés l'un de l'autre.


Amateurs de films ambitieux, de blockbusters, passez votre chemin. "Garage" est un long métrage à hauteur d'homme, sans grande vedette pour tenir le haut de l'affiche, ni effets spéciaux. Oui, il en existe encore. Nous sommes ici sur un territoire souvent délaissé par le grand public : la vie des gens, les vrais, ceux qui galèrent chaque jour pour s'en sortir ou se contentent de peu. Josie, le personnage central du film (il est quasiment de tous les plans) est l'archétype de ces anti-héros. Avec une âme d'enfant dans un corps d'adulte (j'exagère à peine), Josie est souvent émouvant, surtout quand il est brusqué par ses semblables et par la vie. L'homme simple décrit dans le film de Lenny Abrahamson est le reflet de tous ceux qui sont bousculés par l'existence et chutent, parfois sans s'en rendre compte.

Voilà un petit film plein d'humanité, couvert d'éloges et de récompenses sur ses terres natales, mais bien méprisé dans nos contrées. On peut se demander pourquoi, parce que ce propos est assez universel. Le mystère restera entier, en ce qui me concerne.
Il est bien dommage que "Garage" n'ait pas eut une plus grande audience, parce que, bien que très modeste, il mérite qu'on prenne le temps de le visionner et de passer un peu de temps dans ce coin oublié de l'Irlande, loin des clichés mais proche de nous.

Porté par l'interprétation toute en sensibilité, mais sans mièvrerie de Pat Shortt, plus connu pour ses talents d'humoriste, "Garage" est à hauteur d'homme et c'est en grande partie grâce à lui, en plus d'une réalisation qui ne s'encombre pas d'artifices et adopte parfois un ton proche du documentaire. On est dans le cinéma réaliste, ce qui peut déranger certains et plaire à d'autres.

Si vous êtes clients de ce genre de films, de ceux qui s'attardent un instant sur la vie des êtres humains, sur leurs failles, leurs faiblesses, vous serez touchés par "Garage". J'ai bien peur que les autres restent froids aux déboires de Josie, le garagiste irlandais au centre de ce petit film.

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, dans la catégorie "Un film européen (hors France)".








6 commentaires:

  1. Un magnifique petit film avec l'acteur comique Pat Shortt qui excelle dans un rôle dramatique et même tragique. Vraiment dommage que ce film reste méconnu.

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  2. ça me fait bien plaisir que tu exhumes ce film modeste mais épatant que j'avais vu à l'époque en salle et qui m'avait beaucoup ému. Tu me donnes une envie folle de le revoir.

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    1. Je suis bien content que tu sois content, cher Prince. L'humanité de ce petit film mérite en effet le détour.

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  3. Merci pour la piqûre de rappel, car je me souviens qu'il m'avait fait de l’œil à l'époque, puis pas vu, puis oublié. Et j'ai eu tort visiblement. Je le note donc :-)

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    1. Si tu lui consacres un billet, je le lirai avec plaisir (comme chaque fois que tu alimentes ton sympathique blog ;))

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