On peut se demander ce qui se passe dans la tête des producteurs, parfois...
En préambule de ce billet, je dois vous prévenir que j'ai une certaine affection pour "Hellboy" (les bandes dessinées et les deux films avec Ron Perlman) et une vraie admiration pour Guillermo del Toro. Il se pourrait donc que cette chronique, consacrée à la dernière incarnation de ce démon-héros ne soit pas totalement impartiale. Vous voilà prévenu(e)s.
Quand le reboot de "Hellboy" fut annoncé, envoyant aux oubliettes toute idée d'un troisième volet mis en scène par le réalisateur oscarisé de "La forme de l'eau", j'étais dubitatif. Quand ce même reboot, mis en scène par Neil Marshall, débarqua sur les écrans avec l'insuccès que l'on sait, il était nécessaire que j'en sache plus.
Quand le reboot de "Hellboy" fut annoncé, envoyant aux oubliettes toute idée d'un troisième volet mis en scène par le réalisateur oscarisé de "La forme de l'eau", j'étais dubitatif. Quand ce même reboot, mis en scène par Neil Marshall, débarqua sur les écrans avec l'insuccès que l'on sait, il était nécessaire que j'en sache plus.
Venu des enfers, Hellboy a été adopté et élevé comme un fils par le Professeur Broom, fondateur du Bureau de Recherche et de Défense sur le Paranormal. Mal embouché, caractériel, Hellboy reste cependant l'agent le plus efficace du BPRD.Quand son père adoptif l'envoie en Angleterre à la rencontre du Club Osiris, Hellboy ne sait pas encore que la sorcière Nimue, vaincue autrefois par le Roi Arthur, va se dresser devant lui, bien décidée à régner sur le monde.
Malgré la très grande réussite qu'étaient les deux premiers volets, réalisés avec maestria par Guillermo del Toro, rien n'y fit : avec la bénédiction de Mike Mignola, créateur des comics, le reboot fut mis en branle. La suite est connue : les premiers échos, avant la sortie du film, furent plutôt négatifs et, hélas, prophétiques du produit fini. A l'arrivée, "Hellboy" fut un four et toute idée d'une suite passa à la trappe Nous ne sommes donc pas près de revoir le démon rouge sur une affiche de cinéma.
Alors que les deux films de Guillermo del Toro étaient de vraies réussites, sans doute parce que le réalisateur avait eu l'intelligence d'enrichir le matériau de base par ses trouvailles graphiques et l'apport de son univers, la version de Neil Marshall n'a jamais cette richesse et semble d'une platitude désolante. A titre d'exemple, la séquence de flash-back (pour prendre ce seul exemple) qui narre la venue au monde du plus badass des super-héros suffira à se faire une raison : la comparaison avec la vision de Del Toro joue systématiquement en défaveur de ce nouveau volet. Oubliés, la richesse graphique, le rythme, le charisme de son personnage. Entre une inventivité en berne et des effets spéciaux souvent bâclés, "Hellboy" est un ratage sur la forme autant que sur le fond,
De temps à autre, cet Hellboy-là se souvient de son matériau d'origine, quand il va se frotter aux monstres sortis de tel ou tel folklore. N'oublions pas que chaque histoire de notre héros cornu le confronte à des créatures puisées par Mignola dans les légendes peu connues de différentes cultures. Mais ces étincelles sont rapidement étouffées par une réalisation sans envergure et l'absence du supplément d'âme dont disposait les opus précédents. Il n'est rien, ou presque, qui puisse faire office de lot de consolation dans ce "Hellboy". L'interprétation, pour ne citer qu'elle, n'arrive pas à susciter la moindre sympathie (David Harbour, l'épatant shérif de "Stranger Things" rate son passage au grand écran) ou la moindre antipathie (Milla Jovovich est tout simplement risible en grande méchante).
Hellboy est-il de ces héros qui, tels quels, ne sont pas faits pour le grand écran ? On peut se poser la question, au regard du piètre résultat de cet opus, dépourvu d'âme et d'esprit.

