jeudi 28 juin 2012

Flyboys (2006)

Comme promis, les articles de "Deuxième Séance" (ancienne version) sont rapatriés sur ce blog. De nouveaux viendront bientôt.
Merci de votre attention.




Sur un créneau pourtant assez peu exploité (à savoir le film de guerre, et plus exactement d'aviation, utilisant le cadre de la Première Guerre Mondiale), « Flyboys » n'a pas connu le succès que ses producteurs attendaient. Et si on lui donnait une seconde chance, DVD à l'appui ?
N'écoutant que mon courage et mon abnégation, c'est ce que j'ai décidé de faire.


Réalisé par Tony Bill, réalisateur ayant jusque là essentiellement œuvré pour le petit écran, et produit par Dean Devlin, le comparse habituel de Roland Emmerich, à qui l'on doit le catastrophique « Independance Day » (vous savez, le film où les extra-terrestres attaquent la Terre le jour de la fête nationale américaine et prennent un grosse déculottée parce qu'ils ont choisi le mauvais jour), ce film, produit en 2006, n'a pas eu l'honneur d'une sortie sur les écrans de l'hexagone. Pour être précis, il n'eut pas l'heur de franchir les barrières du marché du film de Cannes. Et, en dehors de considération purement hexagonales, ce long métrage fut un vrai bide commercial, puisqu'ayant coûté 60 millions de dollars, il ne rapporta, au final, qu'un quart de la mise de départ. Il est des traders qui furent mis à la porte pour moins que cela.


Alors, y a-t-il de vraies raisons à ce sort peu enviable ? Ou n'est-ce finalement que justice ?
Après visionnage du film, j'avoue être resté mitigé. Si vous comptiez obtenir un avis tranché grâce à ce billet, vous voilà donc bien avancés.

Sur le papier, ce film disposait de certains atouts qui auraient mérité d'être mieux exploités.
Tout d'abord, il aborde un thème assez peu transposé à l'écran : la Grande Guerre, vue du ciel, qui plus est sous l'angle de vue des volontaires américains de l'escadrille Lafayette. A priori, il y avait de quoi marier aventure et réalisme, grande et petite histoire. Il faut croire que, sur ce coup là, la mayonnaise n'a pas pris. 
Une bonne histoire n'est rien sans un beau casting. Les producteurs avaient misé surs deux têtes d'affiche connues du grand public : James Franco (le vrai-faux copain de Peter « Spiderman » Parker dans la trilogie de Sam Raimi) et Jean Reno, ami de notre Président bien-aimé, qui accumule les rôles, sans toujours grand bonheur. Le choix ne s'est finalement pas avéré très heureux. James Franco, qui porte une bonne partie du film sur ses épaules, semble avoir parié qu'il serait l'acteur le moins expressif du monde (tentant à l'occasion de détrôner Keanu Reeves).

Quant à Jean Reno, il assure mollement le minimum syndical, peu aidé par un rôle truffé de clichés sur ces sacrés « frenchies » : il ne lui manque qu'un béret et une baguette.


Le reste du casting, assuré par d'illustres inconnus, fait de son mieux pour sauver le navire, mais les personnages accumulent les poncifs et les clichés : le noir bien décidé à prouver sa valeur sur la terre des Droits de l'Homme, le nobliau souhaitant démontrer que ce n'est pas la particule qui fait l'homme, le calotin qui donne la caution morale à tout cela, etc.


Je sais (et les hypothétiques lecteurs de ce blog ne manqueront pas de l'objecter) que ce film est « inspiré » de l'histoire vraie de l'escadrille Lafayette, mais il ne relate pas forcément pour autant l'exacte vérité historique. Examinant cette valeureuse troupe au travers du filtre cinématographique, les scénaristes ont oublié la crédibilité en chemin...
A mon sens, l'ultime argument « Inspiré d'une histoire vraie », c'est-à-dire celle de l'escadrille Lafayette, dont l'histoire a déjà donné lieu à un long métrage en 1958 (« Lafayette Escadrille », réalisé par William Wellman) ne suffit pas à rendre l'histoire réaliste. Pour peu qu'on se documente sur la dite escadrille, il est aisé de se rendre compte que les actes (fussent-ils héroiques) de ces chevaliers du ciel avant l'heure ont subi un sacré lifting avant passage à l'écran


La pire scène du film est sans doute celle où le héros se pose (tranquillement) en plein no man's land, à portée de feu des balles allemandes, pour sauver l'un de ses camarades, resté coincé sous l'épave de son Nieuport. Après que deux poilus français, galvanisés par le comportement héroïque du pilote yankee, soient venus prendre chacun une balle dans la peau (ah, le sort cruel du figurant !), notre héros finit par réaliser qu'il n'arrivera pas à soulever un avion seul et se résout, pour libérer son frère d'armes, à lui trancher le bras (avec une pelle, s'il vous plaît). Tous deux finiront par se tirer de là, je vous rassure.
Néanmoins, cette scène est assez symptomatique du film dans son ensemble. Le peu de crédibilité que lui donne le réalisateur (et les scénaristes, aussi, n'allez pas croire que je les oublie) la rend ridicule.

Pour faire passer la pilule, ou plus probablement, ne pas résumer le film à une succession de batailles aériennes (fussent-elles bien filmées), les scénaristes ont cru bon d'incorporer une histoire d'amour entre le héros et une pauvre française, Lucienne, jouée par Jennifer Decker (que les plus perspicaces auront déjà aperçu dans « Hellphone » du redoutable James Huth)...
Mon Dieu, mon Dieu, comme disait l'autre.



Il ne faut cependant pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il y a quand même quelques scènes qui font que, bon gré mal gré, on regarde le film jusqu'au bout. Les séquences de combats aériens, notamment, sont suffisamment bien foutues pour qu'on y adhère. Même si on peut (désolé, c'est plus fort que moi) détecter quelques jolis anachronismes (les modèles des aéroplanes, notamment), les images sont plutôt agréables à contempler. Tout cela, vous en conviendrez, ne suffit pas à faire un grand film et, encore moins, à rencontrer le succès...


8 commentaires:

  1. Je crois qu'il passe très régulièrement sur la TNT et j'avais envie de le voir parce que j'aime beaucoup les films de guerre. Je crois que je vais m'abstenir... Sauf si j'ai vraiment envie d'en dire du mal

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    1. Il ne s'agit là que de mon avis : si tu as l'occasion de le voir quand même, je serais très preneur de ton opinion.
      Merci d'être passée !

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    2. Le pire, c'est que je suis quand même intriguée! donc un jour d'ennui, je vais surement le regarder, pour voir si c'est vraiment si mauvais (et j'en ai marre de voir que des bons films ces temps ci, c'est moins amusant à commenter qu'un vrai navet)

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    3. Chiche! Projet du week end si je le trouve!

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    4. J'attends donc ton avis sur ce film de "haut vol"

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    5. Ne m'attendant pas à un film de qualité, je l'ai vu avec un regard bienveillant et pas trop critique. C'est assez mauvais, il faut bien l'admettre. Le film américain dans toute sa "grandeur" avec le package clichés et anachronismes. Mais le pire, c'est qu'en étant consciente de tout ça, j'ai bien aimé quand même! (J'avoue quand même qu'ils auraient pu éviter la scène du no man's land, surtout qu'après avoir lu ton billet sur "le cruel sort du figurant", la mort du pauvre soldat français m'a bien fait rire)

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    6. Je viens de lire, que dis-je de déguster ton billet sur ce film et ne peux qu'être en accord avec toi. Merci !

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