samedi 9 février 2013

Grégoire Moulin contre l'humanité (2001)



Artus de Penguern fait partie de ces acteurs français que bon nombre de cinéphiles connaissent sans nécessairement se souvenir de son nom. Second rôle récurrent dans quantité de longs métrages, il a aussi mis en scène un petit film, "Grégoire Moulin contre l'humanité", tourné essentiellement à Paris (dans le XVIème arrondissement) qui, malgré son peu de succès en salles (à peine 60 000 entrées en France), a ses admirateurs. Alors, qu'en est-il ? S'agit-il d'une perle méconnue du cinéma hexagonal, ou d'un petit film oublié à juste titre ? 
Grégoire Moulin est né sous une mauvaise étoile (c'était un vendredi 13, à la clinique Kafka, ceci explique peut-être cela). Devant son berceau, ses parents se sont entre-tués et, depuis, il est particulièrement sujet au stress et à la malchance. Quittant sa Bretagne natale, il demande sa mutation à Paris. C'est coincé derrière son bureau d'assureur qu'il va découvrir la ravissante Odile Bonheur. Quitte à se faire violence, il va tout mettre en oeuvre pour oser lui parler. Malheureusement, ce soir-là, les événements semblent se liguer contre lui.

On m'avait vendu "Grégoire Moulin" comme une irrésistible comédie déjantée, qui me vaudrait des crampes à la mâchoire à force de m'esclaffer. J'hésite, après visionnage, entre porter plainte pour publicité mensongère ou consulter un médecin afin de vérifier si je n'ai pas sombré dans la plus grave dépression sans m'en rendre compte. 
Ce n'est pas que les aventures de Grégoire Moulin soient ennuyeuses. Certaines scènes sont assez amusantes, je dois en convenir, et, la plupart du temps, il est plutôt plaisant d'assister aux déconvenues de ce pauvre garçon contre qui le sort s'acharne. Mais cette comédie n'a rien d'hilarant et ne déclenchera pas d'éclats de rire tonitruants chez son spectateur. Ce dernier prendra cependant, pour peu qu'il adhère au genre, un vrai plaisir à voir le "héros" du film lutter sans relâche contre la poisse qui semble ne pas vouloir le lâcher.

Moins grinçant que son titre aurait pu le laisser penser, "Grégoire Moulin contre l'humanité" a un énorme mérite : celui d'aller jusqu'au bout de son dérapage pas forcément contrôlé. On lui reprochera, par contre, des répétitions d'effets (les scènes de poursuite sont trop nombreuses, par exemple), qui nuisent à l'efficacité du tout.

Les acteurs sont le point fort de ce film : qu'il s'agisse d'Artus de Penguern, de Pascale Arbillot, ou des nombreux seconds rôles qui émaillent la distribution (et dont la plupart sont venus par amitié pour le réalisateur), tous prennent un plaisir évident au joyeux jeu de massacre auquel ils ont été conviés. On notera la présence de l'inévitable Clovis Cornillac, de Serge Riaboukine ou de Didier Bénureau dans des rôles qui leur vont comme un gant. 

Dernier point positif : Grégoire Moulin (et, je pense, son créateur et interpréte) semble ne pas aimer le football. J'avoue que ça me le rend d'autant plus sympathique (avis subjectif que j'assume parfaitement).

Alors, d'accord, "Grégoire Moulin contre l'humanité" n'est pas la comédie délirante qui vous fera vous rouler par terre de rire, mais ce petit film qui part en vrille donne lieu à quelques bons moments. Ca n'est déjà pas si mal.



4 commentaires:

  1. Je n'ai pas vu ce film, mais je me souviens d'un court-métrage d'Artus de Penguern complètement délirant et que j'ai adoré, que je te conseille : "Un bel après-midi d'été", sur un type qui pète littéralement les plombs ^^ !

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    1. Ca semble être récurrent chez lui, le dérapage (contrôlé ou non). Je vais tâcher de regarder ce court-métrage : merci pour le conseil :)

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  2. Pas un chef d'oeuvre, c'est sûr, mais un bonne comédie fort sympathique. Serge Riaboukine est excellent dans ce film.

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    1. Il est clair que ce film est bien plus marrant que bon nombre de "comédies françaises" (je ne cite personne, par charité). Et les acteurs s'y amusent bien...du coup, le public aussi !

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