mercredi 3 avril 2013

Ma vie en l'air (2005)


Premier film de Rémi Bezançon, "Ma vie en l'air" ne reçut pas, à sa sortie, le succès espéré. A le revoir quelques années plus tard, on peut se poser la question de ce qui causa un tel désaveu public à ce premier film, pourtant fort honorable. Il est certain que si ce film ressortait aujourd'hui, il serait plus chaleureusement reçu, ne serait-ce que pour son casting. Pensez donc : les rôles principaux y sont tenus par Vincent Elbaz, Gilles Lellouche et Marion Cotillard. 

Yann Kerbec, fringant trentenaire, multiplie les contradictions. Parce que sa mère est décédée en lui donnant la vie à bord d'un avion, il est terrorisé à l'idée de devoir en prendre un. Il est cependant formateur en sécurité aérienne et intervient auprès des pilotes, via un simulateur de vol. Sa phobie l'a empêché de rejoindre la femme de sa vie à l'autre bout du monde et, depuis, il accumule les conquêtes d'un soir, sans pouvoir oublier celle-ci.

Comédie douce-amère sur la trentaine, "Ma vie en l'air" est  à la fois une comédie romantique et un film choral. Quelques années avant "Le premier jour du reste de ta vie", Rémi Bezançon y affirme déjà son savoir-faire en matière de réalisation, se permettant même quelques jolies audaces qui donnent un ton assez rock'n roll à l'ensemble. On sourit souvent, on rit parfois, on est ému : bref, c'est tout à fait le genre de film qui réussit à faire mouche, pour peu qu'on soit client de ce registre. 

Les interprètes sont exceptionnels et représentent l'intérêt majeur de ce film. Moi qui d'ordinaire trouve Vincent Elbaz assez médiocre, je dois reconnaître qu'il endosse le rôle de Yann Kerbec avec le juste dosage entre désinvolture et amertume. Gilles Lellouche est surprenant en copain parasite (et quelle coiffure !) : c'est sans doute là l'un de ses meilleurs rôles. Marion Cotillard, encore à l'aube de la carrière que l'on sait, est surprenante et délivre là une interprétation à mettre au nombre de ses meilleures. Au passage, c'est toujours agréable de revoir ces acteurs, devenus depuis des poids lourds du cinéma français, à leurs débuts. Je pourrais également évoquer les nombreux seconds rôles qui émaillent la distribution : de Cécile Cassel au trop rare Tom Novembre, en passant par Didier Bezace.

Cerise sur le gâteau, la bande originale est en tous points délectable (c'est devenu une constante chez Rémi Bezançon, d'ailleurs). Vous y retrouverez des compositions de Jeanne Cherhal et de Serge Gainsbourg, entre les plages de la bande originale composée par Sinclair.

Alors, certes, "Ma vie en l'air" comporte quelques passages inutiles, mais il possède un ton tout à fait charmant et on lui pardonnera volontiers ses quelques longueurs et lourdeurs, toutes fort mineures par rapport à ses très grandes qualités. 

Après "Ma vie en l'air", Rémi Bezançon réalisera, comme je disais en introduction, le très beau "Le premier jour du reste de ta vie" qui connaîtra, lui, un véritable succès lors de sa sortie.
Justice fut faite, enfin.




4 commentaires:

  1. Il est passé à la télé il y a peu, je ne me souviens plus si je l'ai enregistré ou pas... j'en ai une telle liste ! J'avais pas capté que c'était Rémi Bezançon... or je ne suis pas fan du bonhomme. Contrairement à l'immense majorité, j'ai détesté Le premier jour du reste de ta vie ! Le truc "tranches de vie", j'ai horreur de ça ! Bon, j'essaierai quand même Ma vie en l'air, ta critique donne envie de le découvrir.

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    1. J'espère que, si tu le vois, tu nous feras part de ton avis, dans un de tes jolis billets...

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  2. Je l'avais vu et chroniqué du temps de mon ancien blog, un très jolie film que j'avais beaucoup apprecié.

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    1. Un film qui fait du bien, sans être aussi fort que le suivant de Bezançon. Merci de ton passage !

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