mardi 14 avril 2015

I Origins (2014)


Quand le logo "Twentieth Century Fox" est accompagné des mots "Searchlight", on peut s'attendre à sortir des sentiers battus. Maintes fois en ces colonnes, j'ai exprimé le contentement ressenti au visionnage d'un film américain indépendant, comme on dit. Réalisateur du déjà remarqué "Another Earth", Mike Cahill a, l'an dernier, présenté au Festival de Sundance son dernier opus, "I Origins" (dont il assurait le scénario, la mise en scène et le montage). Il faut croire que le public français ne mérite pas les films de Cahill, puisque, malgré les prix qu'il décrocha, ce film fut diffusé à la sauvette.

Ian Gray, étudiant en biologie moléculaire, est fasciné par les yeux et les photographie dès qu'il le peut. Lors d'une soirée, il croise Sofi, au regard fascinant, qu'il finit par retrouver. Tous deux tombent éperdument amoureux. Si Ian est rationnel et tout entier voué à ses recherches sur l'évolution de l’œil, Sofi est fantasque et croit en l'esprit humain.
Malgré leurs différences et parce qu'ils s'aiment, ils iront au bout de leur histoire...et plus encore.


Le résumé que je viens de faire pourrait laisser croire qu'on a, avec "I Origins" (les anglophones auront noté la finesse du titre), affaire à un film romantique. C'est vrai, mais c'est loin de définir totalement ce qu'est ce long métrage. Traitant effectivement d'amour, "I Origins" parle aussi de science, de religion et d'humanité. Plus ambitieux que son "Another Earth" qui m'avait pourtant fait forte impression, parce qu'allant jusqu'au plus profond de l'être humain, ce film est de ceux qui laissent un souvenir marquant. Malgré un démarrage qui peut laisser froid et rebuter ceux qui n'ont pas la patience d'attendre que personnages et décor soient en scène, "I Origins" captive très vite son public. Suivant une théorie dont on finit par espérer qu'elle se fasse réalité, tant elle est belle, Mike Cahill narre ici une belle histoire, ce dont nombre de réalisateurs semblent devenus incapables, ces derniers temps.

Souvent filmé caméra à l'épaule, "I Origins" fait la part belle à ses interprètes. Michael Pitt, habitué aux rôles inquiétants, est remarquable dans le rôle principal et donne à son personnage la touche d'humanité qui fait mouche, tandis que les deux rôles féminins qui gravitent autour de lui, tenus par Britt Marling (déjà vue dans "Another Earth") et surtout Astrid Bergès-Frisbey (retenez ce nom, cette actrice ira loin) lui fournissent les piliers nécessaires à la solidité de l'édifice. Enfin, incarnant un personnage plus mineur, on notera la présence de StevenYeun, échappé de "The Walking Dead".

Il est difficile d'en dire plus sur "I Origins" sans déflorer la part de mystère inhérente à ce joli film. Interprété par des acteurs magnifiques, et bâti autour d'une formidable histoire (pleine de sens, qui plus est), ce long métrage achève de placer Mike Cahill dans la cour des grands, malgré son manque de visibilité. 



2 commentaires:

  1. Je ne me souviens pas avoir entend parler de ce film. Merci Laurent !

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    1. Ah, les joies de la distribution des films indépendants.
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