mercredi 2 mars 2016

Un début prometteur (2015)


Ce n'est pas parce qu'on est le fils ou la fille "de" qu'on est dépourvu(e) de talent. Mais l'inverse est tout aussi vrai. Il est facile de jeter l'opprobre sur un(e) artiste parce que son nom lui a servi de laissez-passer dans le monde du spectacle. Je suis sûr que certains noms vous viennent à l'esprit, à ce sujet. Il faut cependant concéder que, pour un cas de népotisme, il en est de nombreux où le talent semble héréditaire. C'est au bénéfice du doute que j'ai donc visionné récemment "Un début prometteur", réalisé par Emma Luchini (la fille "de", si vous m'avez suivi), qui n'avait guère attiré les foules, l'an dernier.

Martin est un homme désabusé, cynique, alcoolique, malgré son succès dans l'écriture (qui ne lui vaut pas que de l'admiration, d'ailleurs). Fraîchement divorcé et de retour chez son père amateur de compositions florales, il est entraîné malgré lui dans un drôle de périple. Tout ça, c'est la faute de son petit frère, tombé amoureux d'une femme étrange, joueuse, et pleine de mystère...
L'air de rien, Martin va reprendre goût à la vie.


Pour son deuxième long métrage, Emma Luchini a voulu adapter le roman de son compagnon, Nicolas Rey. Pourquoi pas ? Certes, pareille démarche risque de faire froncer les sourcils : en matière d'entre-soi, ce film se pose là, donc. Partant avec un sérieux handicap, le film d'Emma Luchini avait donc intérêt à le compenser. Hélas, il peine à susciter l'attachement : ce qui arrive à ses personnages laisse le spectateur indifférent. Que l'improbable trio s'embarque dans des péripéties, en dépit du bon sens et de la raison, on finit par s'en moquer un peu et on ne s'y intéresse guère.
A en croire les quelques échos distillés ça et là, la performance de Manu Payet valait le détour à elle seule. N'exagérons rien : se laisser pousser la barbe et le bide, puis adopter une nonchalance à l'épreuve de tout, ça n'a rien de comparable avec d'autres métamorphoses vues chez de grands acteurs. C'est plutôt la jolie performance de Veerle Baetens, la jolie belge repérée dans "Alabama Monroe", qui est le plus bel atout de ce film et éclipse, dans toutes ses scènes, l'acteur principal et également le jeune Zacharie Chasseriaud, qui peine à convaincre (on plaidera les circonstances atténuantes au vu de son jeune âge). 

Le début prometteur du titre est aussi celui du film. Au bénéfice du doute, on peut penser qu'on aura affaire à un de ces films charmants que le cinéma français dissimule, planqué dans la masse de comédies médiocres king-size et d’œuvres souvent nombrilistes. Et puis, au bout de quelques séquences, il faut se rendre à l'évidence : les promesses ne sont pas tenues. On commence par suivre ce trio improbable, puis doucement, on les laisse se débrouiller sans nous, parce qu'au fond, leur sort laisse le spectateur plutôt indifférent. De toute façon, le lendemain, tout ceci sera oublié.


2 commentaires:

  1. Bonjour Laurent,

    Je ne connaitrais probablement pas ce film si l'actrice Veerle Baetens n'y avait pas participé. Celle que Fabrice Luchini surnomme "l'Arletty française" a d'ailleurs été récompensée en Belgique pour ce rôle (Magritte de la meilleure actrice). Comme elle semble plutôt intéressée par le cinéma européen et que les français semblent bien l'apprécier (on la retrouvera prochainement dans le film Des nouvelles de la planète Mars de Dominik Moll), on risque de la revoir souvent et c'est tant mieux :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour, Chez Sentinelle.
      Elle est le plus bel (le seul) atout de ce film : la perspective de la revoir souvent est une très bonne nouvelle.
      Merci du passage en ces lieux, à bientôt :)

      Supprimer