mercredi 31 août 2016

Dieu Merci ! (2015)



Avec "La première étoile", Lucien Jean-Baptiste avait réussi un joli coup, on s'en souvient. A la fois social et tendre, cette comédie sur fond de vacances à la neige avait été un succès public et critique, ce qui était pourtant loin d'être gagné sur le papier. Après quelques rôles, pas toujours très bien choisis, Lucien Jean-Baptiste est repassé derrière la caméra et nous a offert "Dieu Merci !", un film fortement imprégné de son parcours personnel. Hélas, pour cette fois, l'affluence fut bien moindre. A tort ou à raison ?

Dieumerci sort de prison et est bien décidé à réaliser son rêve de gosse : devenir comédien de théâtre. Mais, entre les dettes qui se sont accumulées, le coût prohibitif des cours et les bâtons que la vie lui met dans les roues, ça ne va pas être facile pour lui d'atteindre son but. Face à lui, Clément, qui suit en dilettante les cours de théâtre, alors que son père pense financer ses études de droit, et qu'on lui impose comme binôme. Non, décidément, ça ne va pas être facile, pour Dieumerci.

Dès le début, on sait que ces deux gamins (parce que, lorsqu'on court après ses rêves de gosse, on l'est encore un peu) sur l'affiche vont faire un bout de chemin ensemble. Les rencontres improbables sont presque un genre à part entière, au cinéma et les étincelles produites par ces chocs ont allumé de jolis feux, ça et là. Bien entendu, le parcours qui les attend n'est pas un long fleuve tranquille et il leur faudra se frotter à la dure réalité, cette dernière étant bien plus âpre pour un noir quarantenaire sortant de prison que pour un blanc d'une vingtaine d'années. Nous voilà donc en face d'une comédie, certes, mais qui baigne dans l'actualité, et n'en est que plus pertinente.

Il faut reconnaître un vrai talent d'écriture et de mise en scène à Lucien Jean-Baptiste. Ses
personnages ne sombrent jamais dans la caricature, évitant le travers habituel de bon nombre des comédies françaises. Confrontés à des situations qui donnent à réfléchir, ils agissent comme des êtres humains que l'on pourrait croiser chaque jour. On croit en eux, comme ceux qui les incarnent, visiblement. Car l'interprétation est l'un des grands atouts de ce film : qu'il s'agisse de Lucien Jean-Baptiste, de Baptiste Lecaplain ou des fidèles Firmine Richard ou Michel Jonasz, pour ne citer qu'eux, tous insufflent vie avec talent et foi à leurs personnages. Enfin, et c'est à signaler, la bande originale (composée par Fred Pallem) est particulièrement adaptée et soignée. 

Malgré quelques chutes de régime, dans l'ensemble, "Dieu Merci" réussit à toucher son public. C'est surtout parce qu'il s'agit d'un film généreux, bien que parfois maladroit, et profondément humain. Il est des jours où ces belles intentions valent tout l'or du monde.



4 commentaires:

  1. Non merci :-)
    Bonne journée Laurent.

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    1. Pas de quoi, camarade ;-)
      Très belle journée, Ronnie.

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  2. Pas fan de Lucien Jean Baptiste... ça ne me dit rien...

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    1. Il n'est en rien indispensable, même s'il n'est pas désagréable... tu peux passer ton chemin sans regrets.

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