lundi 23 avril 2018

Borg Mc Enroe (2017)


Les années 1980 connaissent un regain de popularité. Grâce à certaines œuvres culturelles (qu'il s'agisse de séries télévisées ou de films, pour ne citer que ces exemples), on regarde cette période avec une vraie tendresse, comme s'il s'agissait d'une époque dorée. C'est bien connu : c'était mieux avant. C'est dans cette période qu'eut lieu, dans le milieu sportif, un duel de géants du tennis. Le suédois Björn Borg et l'américain John McEnroe, aussi dissemblables qu'ils étaient talentueux, s'affrontèrent pour la place de numéro un mondial. Cet affrontement, qui culmina lors de la finale de Wimbledon en 1980, a fait l'objet d'un film récent : "Borg Mc Enroe".

1980 : Björn Borg, le tennisman suédois, est au sommet de sa gloire et aligne les records. Mais un jeune joueur américain, un certain John McEnroe, grimpe les échelons et compte bien détrôner le roi du tennis mondial. Le premier est la glace, imperturbable et froid, jusque dans sa vie personnelle. Le deuxième est le feu : ses frasques et ses colères lui ont forgé une drôle de réputation. Ces deux titans, si dissemblables, vont s'affronter lors de la finale du tournoi de Wimbledon. Toutes les caméras sont tournées vers eux. 

Le réalisateur de "Borg Mc Enroe", Janus Metz, vient du documentaire et cela se voit : caméra à l'épaule la plupart du temps, il joue la carte de l'immersion dans l'époque, quitte à y aller avec de gros sabots (ou plutôt des Adidas un peu vintage). On pense à "Rush" en voyant ce film. Mais, là où Ron Howard livrait un véritable objet de cinéma et jouait habilement avec les nerfs du spectateur, Janus Metz livre un exposé plus froid, décrivant deux personnalités opposées et pourtant complémentaires, sans faire monter la tension. Cette froideur et la dimension finalement pas très cinématographique du résultat sont pour beaucoup dans la demi-déception qu'est "Borg Mc Enroe"

Au rang des réussites du films, il y a surtout l'immersion dans la période (comme déjà noté) et surtout la stupéfiante ressemblance de l'acteur jouant Borg : Sverrir Gunadson, essentiellement connu dans son pays d'origine (la Suède). Son interprétation du joueur venu du froid et souvent surnommé IceBorg, est telle qu'elle laisse peu de place à celle de son partenaire. En McEnroe colérique et incontrôlable, Shia Lebeouf, acteur qui n'arrive que rarement à me convaincre, s'avère finalement un choix judicieux. 

Le fameux match, celui qui opposa des heures durant Borg et McEnroe en finale de Wimbledon, est à la fois le climax et le sujet du film : c'est sans doute son tort, car ce qui se passe en amont est finalement relégué au second rang. Les flash-backs et apartés qui décrivent les joueurs en dehors des courts enrichissent le propos, mais il manque un je-ne-sais-quoi qui les auraient rendus aussi important que la fameuse finale.

Si vous vous intéressez à cette période et au tennis, ou si l'affrontement de deux titans d'une autre époque (je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître), vous trouverez un certain charme dans ce duel sur gazon (et dans les têtes). Si tel n'est pas le cas, vous pouvez déclarer forfait.


Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film inspiré de faits réels"


5 commentaires:

  1. Shia Labeouf, un acteur qui n'arrive jamais à sortir des qualifs, non classé pour tout dire. :-)

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    1. Oui, c'est un peu comme ça que je le vois aussi ;-)

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  2. Perso je ne suis pas un fan de tennis, mais j'ai trouvé le duel à la fois mental et physique plutôt intéressants. Deux adversaires pas si différents et tout aussi explosifs. Puis les scènes de tennis sont assez efficaces. Rien à voir avec la réalisation bas de gamme de Battle of the sexes sorti quelques semaines après.

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    1. J'hésite à voir "Battle of the sexes" et ton commentaire ne m'y encourage guère... je vais peut-être me contenter de ce duel là.

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    2. Il est intéressant pour le portrait de son héroïne. Le problème est que l'on te vend un film sur un duel avec un duo fort. Finalement le film ne s'intéresse globalement qu'à Emma Stone et le duel ne tient que sur la fin et est filmé aussi banalement qu'à la télé. Au moins le réalisateur de Borg McEnroe essaye des trucs pour rendre cela dynamique. Là tu te fais chier.

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