samedi 7 juillet 2018

Permis de tromper (2017)


Depuis quelques années, un vent nouveau (pas toujours frais, je vous le concède) souffle sur la comédie en général. Souvent venu de l'autre côté de l'Atlantique, ce courant a donné lieu à des films où le scénario se permet des outrances parfois bienvenues, souvent gênantes et pas toujours drôles. En osant sortir des sentiers battus, ce style de longs métrages a parfois donné des réussites, mais souvent arraché le succès à coup d'excès. Il n'empêche que faire bouger les lignes est parfois salutaire et que nombre de réalisateurs s'y risquent. A titre d'exemple, le film "Permis de tromper", sorti uniquement en vidéo dans l'Hexagone, s'en prenait au couple, à en croire son pitch. Aurait-il mérité plus de visibilité ?

Mateo et Camila forment un jeune couple épanoui et viennent de s'installer ensemble. Lors d'une soirée entre amis, vient la question de savoir avec quelle célébrité ils s'autoriseraient une aventure extra-conjugale. Ce qui aurait pu rester un petit jeu sans conséquences va prendre un tour inattendu lorsque Mateo va rencontrer accidentellement la sublime Zoe Del Rio, l'actrice qu'il a justement désignée.  L'improbable étant arrivé, tout devient possible...

Vous l'aurez compris, en lisant le pitch (ou alors, je m'y suis mal pris) : "Permis de tromper" est une comédie romantique. Mais, pour une fois, c'est de l'hémisphère sud que ce film nous vient (je crois d'ailleurs que c'est le premier film argentin évoqué dans ce blog). Enfin, c'est son intention première, sur laquelle viennent se greffer d'autres sujets. Le scénario, qui revendiquait haut et fort l'appartenance au genre comique dans ses premières scènes, prend, dans la deuxième moitié du film, un autre tour et lorgne vers la critique sociale (notamment vis-à-vis de l'omniprésence des réseaux sociaux), avant de revenir sur sa première intention. En suivant ce chemin, le film donne souvent l'impression de se prendre les pieds dans le tapis. Qui trop embrasse, mal étreint, disait la sagesse populaire : c'est en partie vrai pour "Permis de tromper", qui part souvent dans tous les sens.

Cette petite comédie venue de l'autre bout du monde possède cependant un indéniable potentiel de sympathie, en partie parce qu'elle nous épargne de voir une nouvelle fois les mêmes acteurs se complaire dans le même film, et aussi parce qu'elle dispose d'une vraie identité. Les acteurs sont pour beaucoup dans l'impression générale (plutôt positive, vous l'aurez compris) que laisse ce film : le duo Lali Esposito-Martín Piroyansky convainc par sa sincérité et son charme, dans une comédie qui jongle avec de plus en plus de balles, quitte à en laisser tomber quelques-unes. 

Si l'on oublie la version française, assez calamiteuse, et le manque d'audace du scénario (malgré une idée de base qui aurait pu donner lieu à plus), "Permis de tromper" a pour lui un potentiel de sympathie qui fait qu'on lui pardonne beaucoup. Sans avoir rien d'inoubliable, il est (légèrement) au-dessus de la moyenne des comédies de son registre.

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film avec un verbe à l’infinitif dans le titre"

2 commentaires:

  1. Ce film m'a l'air fort sympathique, je le note ! :D

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    1. Je pense qu'il n'a rien d'inoubliable, mais qu'il gagne à être vu en VO, cela dit. Merci du passage, Tina !

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