dimanche 8 septembre 2019

Une famille à louer (2015)


La recette de la comédie romantique est connue : une femme et un homme qui, a priori, n'avaient rien en commun, se rencontrent, se rendent compte qu'ils sont fait l'un pour l'autre et, après avoir déjoué les coups du sort (le dernier aléa marquant généralement le dernier quart d'heure du film), finissent par aboutir à un happy end bien mérité. Genre très anglo-saxon, la romcom a donné le meilleur (nous avons tous des noms en tête) et le pire (là aussi, chacun a sa liste). Le cinéma hexagonal s'est frotté plus d'une fois à l'exercice, avec plus ou moins de bonheur. Déjà remarqué pour "Les émotifs anonymes" où il mettait Isabelle Carré face à Benoît Poelvoorde, Jean-Pierre Améris a retrouvé ce dernier pour "Une famille à louer". Cette fois, le succès fut moindre. 


Paul-André a tout : il a fait fortune et vit désormais seul, dans une immense maison, en proie à un gigantesque cafard. En fait, il n'a rien : il lui manque une famille.
Violette, mère célibataire de deux enfants pleins de vie, peine à joindre les deux bouts et n'hésite pas à voler pour qu'ils puissent manger. Quand il voit Violette à la télévision, sortant du tribunal où elle est jugée pour avoir frappé un vigile, Paul-André a une idée : et s'il louait Violette.et sa famille, comme ça, juste pour voir si l'immense trou dans son existence, ne viendrait pas de là ?


Le pitch de "Une famille à louer" aurait pu donner un traitement basé uniquement sur la comédie et le contraste entre les deux mondes qu'incarnent les personnages principaux. Rétrospectivement, on peut frissonner en imaginant ce que certains acteurs majeurs (hélas) de la comédie française en auraient fait. 

Heureusement, Jean-Pierre Améris prend le parti d'aimer ses personnages (ce que ne font pas ceux que j'évoquais plus haut). Malgré leurs défauts, Violette et Pierre-André sont profondément humains, aussi agaçants soient-ils parfois. C'est d'eux et du choix de traitement qui leur est réservé que vient le sentiment général de réussite du film. 

Étonnamment, le couple formé à l'écran par Benoît Poelvoorde, qu'on a connu bien moins inspiré, et la délicieuse Virginie Efira (qui maltraite son image avec délectation), fonctionne parfaitement. En opposés qui s'attirent, tous deux jouent la partition que leur confie Jean-Pierre Améris avec un naturel qui entraîne le spectateur. Derrière eux, dans des rôles plus importants qu'on l'aurait cru, les deux jeunes acteurs incarnant les enfants du personnage de la ravissante (oui, je me répète, mais c'est plus fort que moi) Virgine Efira crèvent l'écran : ce n'est pas tous les jours qu'on peut saluer le jeu des enfants, souvent excessif et peu naturel. 

Après "Les émotifs anonymes", c'est une nouvelle fois à la rencontre de deux mondes, incarnés par deux personnages bien différents, que Jean-Pierre Améris nous entraîne avec "Une famille à louer". Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce petit film est plus malin qu'il n'en a l'air et que, pour mineur qu'il soit, il permet de passer un joli moment. C'est toujours ça de pris. 


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