vendredi 21 février 2020

The art of self-defense (2018)



Le cinéma indépendant américain peut s'avérer un joli filon, où se nichent de petits films qui savent parfois vous réconcilier avec le Septième Art d'outre-Atlantique. C'est avec cette intention en tête que je me suis orienté vers "The art of self-defense" qui, avec sa drôle d'affiche et son pitch énigmatique,  promettait une comédie noire et sinistre. Avec en tête d'affiche Jesse Eisenberg ("The social network" et "Bienvenue à Zombieland", pour ne citer que deux facettes de son registre), ce film n'est même pas sorti en France et a du se contenter, comme souvent, d'une distribution vidéo. 

Employé de bureau solitaire et réservé, Casey se fait un soir attaquer par un gang de motards qui le laissent plus mort que vif. Le jeune homme décide alors de se prendre en main et s'inscrit à un cours de karaté, dirigé par le charismatique Sensei. Peu à peu, Casey reprend confiance, en maîtrisant cet art martial. Mais, au fur et à mesure de ses progrès vers la mythique ceinture noire, son maître perd de son ascendant sur lui. 
Qu'arrive-t-il à Casey ?

Il est difficile de ne pas penser à "Fight Club" en visionnant "The art of self-defense" : ce dernier évoque évidemment la virilité et la prise en main de son propre destin par le biais d'une violence plus ou moins contrôlée. Mais la comparaison s'arrêtera là : là où David Fincher livra le chef d'oeuvre indépassable que l'on sait, Riley Stearns réalise ici un film qui paraît plus long qu'il n'est et patine souvent sur place.

On a souvent envie de prendre le héros de "The art of self-defense" par les épaules et de le secouer pour qu'il cesse d'être aussi niais, de le même façon qu'on s'en prendrait au scénariste pour qu'il pimente un peu l'histoire narrée sous nos yeux. Bref : on s'ennuie souvent en regardant "The art of self-defense" et c'est plutôt fâcheux, d'autant que ce n'est pas dans quelque réflexion qu'on peut trouver consolation.

Jesse Eisenberg, encore une fois dans un rôle de bavard peu prompt à l'action à moins d'y être contraint, livre une prestation honorable. C'est plus du côté des seconds rôles qu'il faudra chercher l'étincelle, notamment avec Alessandro Nivola, convaincant en professeur de karaté autoritaire, et Imogen Poots, pour la touche féminine, bienvenue, mais qui aurait mérité plus d'importance dans le scénario.

Léger, souvent absurde et constamment en décalage, "The art of self-defense" est un drôle de petit film, dont on se demande pourquoi il a été tourné.Il n'y avait sûrement pas de quoi faire un film, avec la matière dont disposait l'équipe de "The art of self-defense". Rapidement oublié, ce long métrage passé sous le radar de la majorité du public ne marquera pas les quelques spectateurs qui le visionneront.


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