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vendredi 8 mars 2019

Populaire (2012)


Un film dont l'intrigue principale repose sur un concours de rapidité pour secrétaires, dans les années 50, voilà une drôle d'idée. Pourtant, pour son premier fil (après un passage par les cases "clip" et "spots de pub"), Régis Poinsard a réussi à convaincre Romain Duris, l'acteur principal de "Populaire" et suffisamment de bonnes volontés pour monter ce projet. A l'arrivée, les doigts de Deborah François sautillant de touche en touche sur le clavier de sa Populaire n'ont cependant pas suffi à drainer autant de public qu'espéré. A tort ou à raison ?

1958 : la jolie Rose Pamphyle, 21 ans, qui vit seule avec son père veuf, a toujours rêvé d'être dactylographe. Un beau jour, elle décide de prendre son envol et de postuler pour devenir secrétaire. Son premier employeur, Louis Echard voit en elle une championne, tant sa cadence de frappe est impressionnante. Il va l'entraîner et l'inscrire à des concours de vitesse pour les dactylos. Mais, entre eux deux, il y a plus que ce lien professionnel. Devenir la meilleure, est-ce renoncer à l'amour, quand il se présente ?


Le postulat de base de "Populaire" a quelque chose de désuet et d'un peu léger, il faut bien l'avouer. Avec son drôle de nom, Rose Pamphyle, jeune femme des années 50, entraîne le spectateur dans son petit monde, où elle admire les stars de l'époque (dont Audrey Hepburn, évidemment) et veut s'émanciper, quel qu'en soit le moyen. Elle devra franchir de drôles d'épreuves pour devenir la femme qu'elle aspire à être. Vu avec nos yeux d'aujourd'hui, on peut tiquer lorsque l'on observe ces femmes, transformées en bêtes de concours, sous les yeux des hommes qui jouent les coaches. Le scénario de Régis Poinsard doit déployer des trésors d'ingéniosité pour éviter de sombrer dans le cliché, mais n'y arrive pas toujours.

Avec ses couleurs parfois kitsch et son esthétique parfaite (qu'il s'agisse des décors ou des costumes), "Populaire" réussit sa plongée dans la France des années 50, quitte à enjoliver un peu cette période. Le film effleure aussi rapidement la psychologie de ses personnages et leurs motivations, mais c'est compréhensible : au fond, nous sommes dans une comédie romantique, tout simplement. Sucré comme un cupcake au glaçage rose bonbon, "Populaire" assume tant bien que mal ses travers. Pour faire définitivement pencher la balance du bon côté du bilan, il faut également saluer la très belle prestation des acteurs, et surtout du duo de tête, et plus particulièrement le mélange de fraîcheur et de résolution porté par la ravissante Déborah François. 

Si la reconstitution est minutieuse, la faiblesse générale de l'intrigue fait que "Populaire" ne laisse pas un souvenir impérissable. N'eût été l'immense charme de son actrice principale, ce film pourrait passer inaperçu. A défaut, il s'agit d'une gentille friandise, ce qui n'est déjà pas mal. 


mercredi 14 novembre 2018

L'assaut (2011)


Le terrorisme fait désormais partie de nos existences. Nous avons tous en mémoire les événements qui ensanglantèrent telle ou telle ville. Le cinéma s'est évidemment emparé du sujet, à maintes reprises, se plaçant tour à tour dans la peau des victimes (on songe à "Vol 93") ou de ceux qui affrontent les terroristes. Avant que ne s'effondrent les tours jumelles du World Trade Center, d'autres attentats avaient déjà fait marqué les esprits. La prise d'otages de l'Airbus d'Air France en 1994, a fait l'objet d'un film, régulièrement diffusé à la télévision depuis sa sortie en 2011. 


Alger, 24 décembre 1994 : quatre terroristes du GIA prennent en otage les passagers d'un Airbus à destination de Paris. Ils réclament la libération de deux islamistes emprisonnés et le décollage immédiat vers Paris. Après de longues heures et la mort de trois otages, l'avion s'envole vers la France, avant de se poser à Marignage. Là, une équipe du GIGN va donner l'assaut, pour libérer les otages et éliminer les terroristes. Thierry, membre des forces d'élite, va vivre l'opération la plus importante de sa carrière de flic d'élite. 

Ceux qui sont en âge de s'en souvenir n'ont probablement pas oublié les images de ce jour de fin 1994. Devant des millions de téléspectateurs, le GIGN réussit à neutraliser les terroristes sans qu'un seul otage ne perde la vie sur le sol français. L'opération, saluée par les spécialistes, devait-elle faire l'objet d'une fiction ? C'est une question à laquelle je n'ai pas de réponse, d'autant plus que la fiction en question se permet quelques entorses aux faits (pour des besoins scénaristiques) et qu'un documentaire aurait sans doute mieux accompli l'oeuvre de mémoire qu'elle ambitionne. 

La faute en incombe essentiellement à la forme que revêt "L'assaut". Visiblement atteint par le syndrome Paul Greengrass, le réalisateur juge bon de tout filmer caméra à l'épaule. Résultat : il n'y a pas un plan fixe, même lorsque le personnage téléphone. Si cet artifice peut être diablement efficace lorsqu'il s'agit de mettre en scène l'action et l'immédiateté, il s'avère fatigant quand aucune pause n'est offerte au spectateur. L'autre choix esthétique très discutable de "L'assaut" est sa palette de couleurs, extrêmement désaturée, au point qu'on frôle souvent le noir et blanc. L'intérêt de de cette option est très discutable, d'autant plus qu'elle tend à éloigner l'histoire de ces spectateurs. 
Enfin, la balourdise des scènes "familiales" pèse lourdement dans la balance en défaveur du film.

On aurait pu redouter que le choix de Vincent Elbaz, pourtant abonné aux rôles d'éternel adolescent immature, torpille la crédibilité de son personnage. Force est d'avouer qu'il ne s'en sort pas si mal, sans cependant crever l'écran. Adoptant une posture quasi monolithique, l'interprète de "La vérité si je mens" (ce qui reste son plus grand succès) laisse entrevoir un talent qu'on aimerait voir jaillir plus souvent (oui, c'est une suggestion. Derrière lui, la prestation des autres interprètes n'évite pas toujours la caricature. Visiblement très à l'aise pour filmer les scènes d'action et donner l'impression du direct, Julien Leclerq (déjà réalisateur de "Chrysalis") pêche sur la direction d'acteurs.

Si l'histoire que conte "L'assaut" est connue (et fait désormais partie de l'Histoire), le film n'a rien d'incontournable : un documentaire mettant en lumière ces heures tragiques aurait sans doute mieux accompli sa mission.


Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film se déroulant pendant les fêtes de Noël ou pendant la Saint-Sylvestre"