mardi 9 septembre 2014

Au-delà de nos rêves (1998)




Le grand Robin Williams est parti, cet été. Il nous laisse de merveilleux souvenirs de cinéma, que je ne vous ferai pas l'offense d'énumérer (quantité de médias se sont livrés à cet inventaire, comme chaque fois qu'un artiste quitte ce bas monde). Mais celui qui incarna Mrs Doubtfire fut aussi à l'affiche de films qui n'eurent pas le même retentissement, comme évoqué tout récemment. A la fin des années 1990, alors que sa carrière marquait le pas, Robin Williams décrocha le rôle principal de "Au-delà de nos rêves", généralement considéré comme un échec. Ce film, où il est question de l'au-delà, résonne d'une façon bien particulière, aujourd'hui...
Chris et Annie, depuis qu'ils se sont rencontrés, forment le couple parfait. Hélas, leurs deux enfants sont tués dans un accident de la circulation. Annie se réfugie dans la solitude et sa passion pour la peinture, tandis que Chris garde son chagrin pour lui. Quelques années plus tard, Chris est à son tour victime d'un accident de voiture. A sa grande surprise, il ne disparaît pas, mais continue d'observer sa femme, au travers de ses peintures...
Assassiné par nombre de critiques lors de sa sortie, "Au-delà de nos rêves" est une relecture moderne du mythe d'Orphée et d'Eurydice. Tiré d'un roman du célèbre Richard Matheson (on lui doit "Je suis une légende" ou "), ce film ne méritait pas forcément la volée de bois vert qui l'accueillit à l'époque. On pourra, certes, lui reprocher un scénario assez maigrelet et un certain manque de profondeur en ce qui concerne ses personnages. Ce conte funèbre aurait sans doute gagné à être un peu plus étoffé et plus surprenant, c'est vrai.

Egalement au chapitre des défauts du long métrage, la bande originale, envahissante, composée par le très variable Michael Kamen, est sans doute loin de voir celle initialement créée par le grand Ennio Morricone et qui ne fut finalement pas retenue (avis totalement subjectif, mais assumé, merci !). Enfin, la réalisation de Vincent Ward, repéré quelques années plus tôt avec "Cœur de métisse" et dont la carrière fut ensuite fort discrète, ne comporte pas l'audace qui aurait été nécessaire à pareil film. Dénuée d'ambition, la mise en scène de Ward échoue à donner à "Au-delà de nos rêves" la dimension qui en aurait fait un grand film. Enfin, les acteurs semblent souvent hésiter quant à l'intensité à donner à leur personnage : Robin Williams surjoue souvent, comme côtés Cuba Gooding Jr et Annabella Sciora (vue également dans "Les Soprano"). Celui qui tire le mieux son épingle du jeu est l'immense Max Von Sydow, dans un rôle secondaire mais marquant.

Artistiquement cependant, "Au-delà de nos rêves" est un film qui mérite d'être revu, malgré tous ses défauts. Les influences picturales dont il est ponctué convoquent nombre de grands peintres, tandis que son utilisation des couleurs, notamment, pourrait donner lieu à d'intéressantes études. Ébouriffant sur la forme, il a certes du mal à cacher son manque de fond et pas mal de lacunes du côté de sa réalisation. Mais, ne serait-ce que pour y revoir Robin Williams dans un rôle qui prend aujourd'hui un écho inattendu, les plus curieux pourront s'y risquer...



9 commentaires:

  1. Bonjour Laurent. Ce dont je me rends compte, depuis la mort de Robin Williams, c'est qu'il y a aussi tout une série de ses films dont... je n'ai jamais entendu parler ! En voici un exemple, parmi d'autres... je ne suis pas fier de moi, sur le coup...

    Bon, sur le film proprement dit, merci donc de nous signaler son existence, mais le "pitch" ne m'attire guère vers lui. On verra, à l'occasion, il m'arrive de changer d'avis ;-)

    Bonne journée, ami cinéphile.

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    1. Bonsoir Martin,
      chaque artiste a dans son parcours des oeuvres qui n'ont pas été couronnées de succès, à raison ou pas. Ce billet (et le précédent) était l'occasion pour moi de rendre un petit hommage à Robin Williams, un grand acteur qui me manque déjà.
      Merci de ta fidélité, Martin !

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  2. J'ai vu ce film il y a un moment maintenant et je m'en souviens surtout pour sa plastique.

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    1. C'est clairement son esthétique qui est le point le plus marquant de ce film. Il m'a semblé utile de lui donner un petit coup de projecteur en hommage à Robin Williams, même s'il ne s'agit nullement de son meilleur film.

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  3. Merci Laurent ! Comme Martin, je ne connaissais pas ce film. Si j'ai l'occasion, je le regarderai.

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    1. C'est toujours un plaisir que de faire connaître certains films passés sous le radar de certains cinéphiles. Merci de ta fidélité à mes colonnes !

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  4. Pas vu ce film qui ne semble, à la lecture de ce billet, surtout valoir pour ses qualités plastiques (une histoire signée Matheson, cependant, ça ne peut que m'intéresser). Les images explosent de couleur et les références à la peinture sont étonnantes. Je connais un Voracinéphile qui doit pleurer des aquarelles en le revoyant aujourd'hui.

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    1. Effectivement, la forme m'a semblé, au revisionnage, bien plus intense que le fond. Avec le décès de Robin Williams, il prend cependant une connotation toute particulière. Une oeuvre à part, quoi qu'il en soit.

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  5. Bonsoir à tous ! Un film inégal mais touchant, des séquences "les mains dans la peinture" très jubilatoires , qui réactivent les sens ! Une oeuvre atypique .

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