jeudi 18 juin 2015

Benoît Brisefer (2013)


La bande dessinée, après des décennies passées au rang d'art mineur, a le vent en poupe. Les adaptations cinématographiques d’œuvres de ce registre, qu'elles soient réussies ou non, ont souvent été bien accueillies par le public. Les annonces de nouvelles adaptations sont fréquentes (on a récemment pu frissonner à l'annonce du passage au grand écran de Valérian, sous la direction de Luc Besson, par exemple). On pourrait d'ailleurs croire que les scénaristes, faute de trouver l'inspiration, se sont résolus à piocher dans leurs bédéthèques, après avoir parfois pillé d'autres patrimoines. Pour certains, ce sont les œuvres les plus anciennes du neuvième Art qui passent à la moulinette. Après "Les Schtroumpfs" et "Boule et Bill", on a vu récemment Benoît Brisefer, qui fit ses débuts dans le magazine Spirou, passer au grand écran. Mal lui en a pris, au vu des audiences...

La petite ville de Vivejoie-la-grande est une bourgade paisible. C'est ici que vit le petit Benît Brisefer, un garçonnet pas comme les autres, puisqu'il est doté d'une force surhumaine, qu'il peut perdre au moindre rhume. Élevé par Madame Adolphine, éprise du chauffeur de taxi Monsieur Dussiflard, le petit Benoît va vite se rendre compte que sa ville est menacée. D'abord parce que la nouvelle compagnie des Taxis Rouges, commandée par l'inquiétant Poilonez.
Et ce n'est pas tout...


Le choix d'adapter les aventures du petit Benoît Brisefer est surprenant. Ce n'est pas forcément l'oeuvre la plus connue de Peyo. Mais après tout, pourquoi pas ? 
Il ne faut que quelques minutes pour se rendre compte que l'échec rencontré par "Benoît Brisefer" est, hélas, bien mérité. Dès le début, rien ne fonctionne. Mal réalisé, ce film s'avère vite une épreuve pour son spectateur, tant les scènes se succèdent sans présenter le moindre interêt. Ça aura pu être et naïf amusant, ça n'est que gnan-gnan. Ça pourrait avoir un délicieux ton un rien nostalgique, ça respire le carton-pâte. Ni fait ni à faire, "Benoît Brisefer" se révèle vite comme un film inintéressant, jamais drôle et dont le personnage est le prétexte à des effets spéciaux honteusement mauvais. 

Les interprètes mis à contribution dans cette purge sont tous épouvantablement mauvais. Pour
certains (dont je tairais les noms), c'était couru d'avance, mais pour d'autres, on était en droit d'attendre d'eux un peu plus qu'un jeu artificiel et pataud. Sans vouloir être méchant, je pense que le premier rôle tenu par le petit Léopold Huet est aussi son dernier. Les autres acteurs sont moins pardonnables : qu'il s'agisse de Jean Reno ou de Gérard Jugnot, pour n'évoquer que ceux les plus présents (mais on pourrait aussi montrer du doigt Thierry Lhermitte, Evelyne Buyle ou Hippolyte Girardot) , ils montrent ici qu'ils peuvent être extrêmement mauvais. 

Manuel Pradal, le réalisateur, n'a guère eu de moments de gloire jusqu'à présent (seul "La blonde aux seins nus" avait, parmi ses films, fait écho à mes oreilles). L'énorme échec, tant public que critique et artistique que fut "Benoît Brisefer" devrait sonner le glas de sa carrière.

Pour être franc, je n'ai pas eu le courage de visionner ce film jusqu'au bout. N'en pouvant plus (et je n'étais pas le seul devant l'écran), j'ai pressé le bouton "Stop" de la zapette, ayant assez perdu de temps comme ça. Si ça se trouve, passé sa pesante mise en place, "Benoît Brisefer" est un petit bijou de fantaisie et d'humour. Vous permettrez que je prenne le risque de passer à côté de pareil chef d'oeuvre incompris.


7 commentaires:

  1. La bande annonce soufflait déjà le chaud et le froid (surtout le froid) et le jeune acteur s'y présentait déjà comme agaçant. C'est dommage de piller ainsi ce riche patrimoine, quand bien même ce Benoit Brisefer ne soit pas la contribution la plus éclatante à cette belle discipline qu'est la bande-dessinée.

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    1. Les transpositions de BD au grand écran sont souvent décevantes...et pourtant, il y a dans le neuvième art de grandes oeuvres qui laissent parfois rêveur.
      Merci de ton passage !

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  2. J'ai déjà souffert en regardant la bande-annonce, je n'ose même pas regarder le film que tu démontes magnifiquement bien (ahaha ta phrase sur le gamin m'a tuée ahahah !).

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    1. C'était un brin méchant, mais c'est pas moi qui ait commencé, m'dame ;-)

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  3. Déjà quand j'ai vu l'idée du projet, je me suis dit que ça sentait le souffre: Gérard Jugnot cachetonne depuis très très longtemps, Jean Reno joue comme une brelle depuis au moins Léon et avec un projet comme ça soit tu mets le pognon au bon endroit soit dans le casting. Vraisemblablement ils ont opté pour la seconde option ce qui ne sent pas bon du tout. Ensuite quand tu vois la bande-annonce c'est juste une horreur sans nom. Les cgi sont tellement voyants et kitschs. Voire mieux, on fait des séquences entièrement en cgi en filmant suffisament de loin pour qu'on ne voit pas le visage du gosse! Même les américains n'oseraient pas un tel foutage de poire (et pourtant...). C'est quand même ahurissant quand tu vois que personne ne veut lancer l'adaptation de Cobra d'Alexandre Aja mais qu'ils osent financer des bouseries pareilles qui n'ont rien devant et rien derrière. Personnellement ça me dépasse. Sans compter la musique dégueulasse qui ornait la bande-annonce. Tu peux me dire s'ils l'utilisent dans le film?
    Le plus drôle c'est que Première avait dézingué Dumb and dumber de sortit le même jour sous prétexte que les séances étaient décevantes, mais oubliait scrupuleusement ce film qui n'était même pas dans le top 5 des entrées du jour. Ce magazine me fascine dans sa bêtise et son manque clair de professionnalisme.

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    1. Effectivement, c'est une nouvelle preuve de l'indigence du cinéma français (enfin, d'une partie, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain). Merci pour ton commentaire, comme toujours avisé, ami Borat.
      En ce qui concerne la musique insupportable de la bande-annonce (je pense que tu fais allusion à celle de la deuxième partie), je ne l'ai pas entendue, du moins dans ce que j'ai supporté du film. Ça ne m'étonnerait qu'à moitié qu'elle soit utilisée, mais tu comprendras que le courage me manque pour visionner intégralement cette purge ;-)

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    2. D'ailleurs je m'étonne de ne pas voir de gros studio dessus. Vraisemblablement c'est Disney qui distribue mais ils n'ont rien à voir avec le financement. Je ne sais même pas si Canal TF1 et Ciné + sont dessus (mais vraisemblablement non) et même pas trouvé de budget. On parle quand même d'un vrai fiasco financier avec deux grosses stars dessus et une licence.

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