mercredi 22 février 2017

Rester vertical (2016)


Avant tout art populaire (au sens noble du terme), du moins à mes yeux, le cinéma a son versant intellectuel, celui qui se drape dans l'appellation "film d'auteur", quitte à se rendre peu accessible à ceux qui viennent dans les salles obscures pour qu'on leur raconte joliment une histoire. C'est souvent ainsi que je me définis, en tant que spectateur. Il n'empêche que je me frotte parfois à un cinéma plus exigeant. Le dernier film d'Alain Guiraudie, après "L'inconnu du lac" qui avait connu un joli succès, a été boudé par le public et n'a sans doute pas bouclé son budget, malgré une sélection au festival de Cannes 2016. 


 Léo part sur un causse, à la recherche du loup. Il y rencontre Marie, une bergère. Ils se plaisent, malgré leurs différences, et ont un bébé. Mais, Marie, à force de voir Léo partir et revenir à sa guise, prend la fuite et laisse le jeune père avec l'enfant. Léo, censé écrire un scénario de film, continue ses pérégrinations. De lieu en lieu, de rencontre en rencontre, avec son bébé dans les bras. Il y a des hommes seuls, jeunes, vieux, avec leurs difficultés, leurs corps, leurs désirs sexuels, leurs âmes blessées...


A lire les critiques parues dans la presse (je vous laisse chercher, amis internautes, les moteurs de recherche sont là pour ça), on a ici affaire à un grand film, à une fable, où sont convoqués de grands thèmes, magnifiquement interprété, superbement réalisé. Je n'ai pas du voir le même film que tous ces critiques (toutes catégories confondues), ou alors suis-je définitivement de l'autre côté du fossé qui sépare le public de certains cinéastes. 

On ne peut pas se cacher derrière l'argument de l'onirisme ou de la fable pour asséner au spectateur des séquences sans grand rapport (hormis sexuel) entre elles, des scènes brutales et volontairement dérangeantes sur leur forme sans que le fond ne le justifie. Comme dit en en introduction de cet article, un film se doit avant tout de raconter une histoire, fût-elle un peu fantaisiste. On a la très nette impression, en visionnant "Rester vertical", d'assister à la juxtaposition de séquences filmées au jour le jour, sans souci de cohérence. Le crédit apporté à ce film par de nombreux critiques, ainsi que les quelques récompenses et sélections qu'il reçut évoque également un certain élitisme, voire un mépris des spectateurs. Mesdames et messieurs les artistes, ou qui vous prétendez comme tels, n'oubliez pas que devant vous, il y a un public, et qu'il n'est pas composé uniquement de journalistes complaisants. 

Une chose est sûre, en tout cas, au vu de la très faible affluence publique qui fut la sienne à la sortie de ce film, je ne suis pas tout seul de mon côté du fossé. On se console comme on peut.




7 commentaires:

  1. Je suis totalement passée à côté de ce film, en tout cas je m'y suis ennuyée au possible et j'ai eu la nette impression que le film s'était lui-même paumé en chemin. Ma première incursion dans la filmographie du réalisateur Alain Guiraudie n'est franchement pas une réussite.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En plus de l'ennui, j'y ai ressenti un vrai agacement, comme tu as pu le lire. Je ne pense pas me frotter un jour à un autre film de ce réalisateur, donc.

      Supprimer
  2. Hou là, feu nourri sur Guiraudie. Je n'ai pas vu ce film, n'en suis resté qu'à son "inconnu du lac" (j'ai aussi "le roi de l'évasion" en DVD depuis des lustres mais je repousse encore le moment de m'y coller). Je crois saisir en effet la nature du grief, qui pourrait tout autant d'ailleurs être imputé à son précédent (le sexe explicite, le minimalisme, l'aspect onirique et la superbe lumière qui m'avait bien plu dans "l'inconnu"). Du coup, je serais curieux de voir si moi aussi je peux "rester vertical" avec Guiraudie, ou si je m'effondre avec vous.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, là, j'ai lâché les chiens, une fois n'est pas coutume. Ce que j'ai vu n'est pas ce que je viens chercher au cinéma, loin s'en faut.

      Supprimer
  3. @princécranoir : le sexe explicite, le minimalisme, l'aspect onirique et la superbe lumière qui m'avait bien plu dans "l'inconnu"

    Et bien j'avais un peu peur de ces fameuses scènes de "sexe explicite", pas forcément fan à la base. Alors je ne sais pas ce qu'il en est dans "L'inconnu du lac" mais elles ne m'ont pas choquées dans Rester vertical. Je les ai trouvées... comment dire... assez naturalistes. Donc ce n'est pas cela qui m'a rebutée. Quelques scènes sont assez belles aussi. Mais franchement, le scénario s'est perdu en chemin, le film m'a semblé décousu, confus, inintéressant, ça s'effiloche de partout. Même pas dérangeant, juste pénible à voir.

    RépondreSupprimer
  4. L'Inconnu du lac m'avait déjà bien saoulée, je ne tente pas celui-ci, j'ai peur d'avoir une nouvelle mauvaise réaction !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh oui, évite ce film...ou alors uniquement pour nourrir ta colère (à éviter, donc).

      Supprimer