samedi 8 avril 2017

Good kids (2016)


Sortir de l'enfance et entrer dans l'âge adulte n'est jamais chose aisée. Les films qui abordèrent cette mue sont nombreux et pas toujours réussis. Dans ce registre, "Good kids" n'a même pas eu l'heur de sortir dans les salles françaises. Ce petit film indépendant américain bénéficiait pourtant du glorieux parrainage de Chris et Paul Weitz, producteurs (entre autres) de "Pour un garçon", mais aussi de "American Pie". En espérant que le résultat penche plus du côté du premier que du second, j'ai entamé le visionnage de ce film : était-ce une bonne idée ?

Depuis toujours amis, Andy, Nora, Spice, et le Lion et ont été les bons élèves, les studieux, ceux qui ne sont pas invités aux fêtes, bref : de bon gamins. Lorsque leurs études se terminent et qu'ils constatent que leur vie sociale est des plus pauvres, ils décident de changer, le temps d'un été, avant d'entrer dans l'âge adulte. Leurs diplômes en poche, tous les quatre vont goûter à la transgression et découvrir le sexe, l'alcool, les soirées festives et tout ce qui va avec.

J'aurais du me méfier et jeter un œil à l'affiche du film, enfin, plus exactement l'autre affiche du film et ne pas me fier à celle que je vous propose en tête de cette article. En général, l'utilisation de caractères rouges sur fond blanc signifie qu'on est en présence d'une comédie pas très fine ou d'une romcom. A lire le pitch, ce n'était clairement pas dans la deuxième catégorie que jouait "Good Kids" : la méfiance était donc de mise. Cette méfiance, dans les premières scènes, peut être mise en sourdine : les protagonistes ont un vrai capital de sympathie et l'angle choisi pour traiter leur histoire a un potentiel intéressant. Mais, dès que nos trois héros choisissent de profiter de la vie (c'est-à-dire user et abuser du sexe, de la drogue et de l'alcool), le film s'égare dans une ornière dont il ne sortira pas avant le générique de fin. 

Pour son premier long métrage, Chris McCoy se fourvoie, choisissant la voie de la facilité. Il entraîne avec lui ses interprètes, dont on pressent cependant un fort potentiel, pour peu qu'ils se donnent un peu plus de mal dans leurs choix de rôles à l'avenir. En préférant un humour au ras du sol, alors que son film commençait avec une vraie note douce-amère et était porteur d'une promesse intéressante, le traitement du sujet se révèle sans grande originalité, sans audace et surtout sans finesse. C'est d'autant plus dommage que le thème aurait pu être porteur d'un joli film, entre mélancolie et joie. On n'a ici ni l'un ni l'autre. 


On aurait pu espérer une vraie chronique, sans doute un peu douce-amère, de ces années où l'on quitte l'enfance avant le grand saut dans la vie. En louchant plus souvent du côté de "American Pie" que de "Stand by me", "Good kids" rate son coup. Pourtant, il est possible de faire mouche, sur ce créneau. J'en veux pour preuve "This is not a love story", qui exploitait pourtant un thème plus grave. 



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