samedi 22 juillet 2017

Erreur de la banque en votre faveur (2008)



Si, lorsqu'il s'agit de scénariser un film, le travail en équipe est fréquent, les réalisateurs œuvrant de pair ne sont pas si nombreux. Il en existe pourtant qui ne conçoivent la mise en scène que si elle est partagé. On songe évidemment aux frères Coen ou Dardenne. A un autre bout du spectre cinématographique, Gérard Bitton et Michel Munz ne sont sans doute connu que dans l'hexagone, pour avoir scénarisé la saga "La vérité si je mens !" et avoir coréalisé "Ah ! Si j'étais riche", leur plus grand succès. Traitant également des effets pervers de l'argent, "Erreur de la banque en votre faveur" n'a guère marqué les mémoires. Cette comédie vaut-elle d'être repêchée ?

Après des années passées à servir les riches dirigeants de la banque Bertin-Schwartz, en tant que majordome, Julien Foucault est remercié, comme on dit.
Qu'à cela ne tienne, il va pouvoir réaliser son rêve : ouvrir un restaurant, avec son meilleur ami Etienne, qui gâche son talent dans une pizzeria. Seulement, malgré ses années de service, la banque lui refuse le prêt qui permettrait de réaliser ce rêve. Julien décide alors d'utiliser ce qu'il a entendu, en servant ses employeurs, afin de s'enrichir en bourse.

Avec "Erreur de la banque en votre faveur" (le titre est mensonger, soit dit en passant, puisqu'il n'y a nulle erreur de banque dans ce film), nous revoilà en territoire connu : celui de la comédie française. Le ressort principal est connu, puisqu'il alimenta maints longs métrages : la différence de statut entre les deux partis qui s'affrontent (on n'ira pas jusqu'à parler de lutte des classes). Portant haut les valeurs de solidarité populaire contre le cynisme des élites, Bitton et Munz revendiquent visiblement le parti de la France d'en bas, mais avec les moyens de celle d'en-haut. On a vu plus cohérent.

On pourra grincer des dents sur l'interprétation, pas toujours heureuse, de Gérard Lanvin, qui ne semble pas toujours convaincu, et se consoler avec celle de son complice Jean-Pierre Darroussin (ils s'étaient déjà donné la réplique dans "Mes meilleurs copains"). Fidèle aux deux réalisateurs, puisqu'il était au casting de leurs précédents films, Darroussin est sans doute le plus convaincant de toute la distribution (même si j'avoue depuis toujours un faible pour ce grand acteur français). Au second plan, on appréciera (ou pas, c'est selon) les prestations de Jennifer Decker, Laurent Gamelon, Barbara Schulz, Martin Lamotte et Philippe Magnan.

Tous les interprètes font le job, comme on dit, mais force est de reconnaître les faiblesses du scénario, à la fois prévisible et plutôt paresseux, qui se contente de dérouler son histoire et remplit les trous dans la raquette sans souci de cimenter un peu plus un édifice pas très solide. 

Mais ce qui me heurte le plus reste finalement la morale qui transpire de ce film, pas si éloignée de celle de "Ah si j'étais riche" du même duo de réalisateurs : l'argent est la solution à tous les problèmes, ou presque, et le reste n'est qu'en second plan. Ou alors, je n'ai rien compris et suis passé à côté d'une fable cynique.

Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion, libre à vous de vérifier si "Erreur de la banque en votre faveur" mérite le détour. J'ai bien peur que ce ne soit pas le cas.




2 commentaires:

  1. Bonjour Laurent, et bien moi j'avais aimé le film qui m'avait bien distraite (je n'ai pas été heurté par sa morale). Philippe Magnan est génial comme d'habitude. Bonne journée.

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    1. Rebonsoir Dasola.. Je suis passé à côté de ce film, on dirait...merci de ton passage !

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