lundi 24 décembre 2018

Monsieur et Madame Adelman (2017)


J'évoquais tout récemment le problème que peuvent représenter les taglines élogieuses dont les affiches de certains films sont affublées. Il est des cas où la dithyrambe est contre-productive. Dans le cas récent de "Monsieur et Madame Adelman", réalisé par Nicolas Bedos et le mettant en scène aux côtés de sa compagne Doria Tillier, le film serait, si l'on en croit les critiques (enfin, celles sélectionnées pour figurer sur l'affiche), romanesque, brillant, drôle, grinçant, sexy, émouvant et incroyable. 
Ça fait beaucoup pour un seul film, non ? Pour en avoir le cœur net, le mieux est d'y jeter un œil. 

Alors qu'on enterre Victor Adelman, le célèbre écrivain, son épouse Sarah raconte à un journaliste sa vie aux côtés du grand homme. Quarante années de vie commune, de la rencontre à la fin, voilà ce qui reste d'un couple, avec ses éclats de bonheur et ses plongées sordides. A travers les décennies et malgré les épreuves, c'est la chronique d'un couple, d'une ascension vers le succès et de deux personnalités fortes qui va s'écrire...
Tout commence à Paris dans les années 1970...

On aime ou on n'aime pas Nicolas Bedos. Il semble que cet homme de média n'inspire pas la tiédeur. Et, quand il se met en scène, qui plus est aux côtés de sa compagne, dans un film qu'il a écrit, ses détracteurs devraient prendre la fuite. Néanmoins, le thème annoncé du film, à savoir la description, vue de l'intérieur, d'un couple, peut attirer l'attention. J'avoue être agacé par le personnage public qu'est Nicolas Bedos, mais faisant fi des préjugés, j'ai lancé à "Monsieur et Madame Adelman" sa chance. Alors, ce film est-il une grande fresque romanesque ou un récit très auto-centré ? J'avoue - hélas ! - pencher pour la deuxième hypothèse.

Ce n'est pas tant la réalisation qui est à mettre en cause : quelques séquences sont particulièrement réussies, d'un point de vue technique, et le pari (risqué) de couvrir plusieurs décennies est plutôt réussi. Les défauts du film sont à chercher du côté du scénario et, surtout, de l'impression gênante d'ego-trip qu'il laisse en fin de visionnage. 
Le problème principal de ce film (en dehors de l'omniprésence de son réalisateur-scénariste-acteur principal) est qu'il n'aborde l'histoire du couple souvent que sous un angle. Tenté par l'utilisation du twist final, Nicolas Bedos oublie d'en faire le pivot de son histoire et nous impose un retournement finalement sans grand intérêt, comme s'il cherchait à allumer un dernier contre-feu, destiné à détourner un instant l'attention, comme s'il voulait prouver qu'il y a autre chose que de l'auto-contemplation dans ce film. Le procédé est un peu balourd et ne prend pas. Et puis, à l'image du psychanalyste, qui suit des années durant Victor, on aimerait pouvoir lui dire stop. 

Trop long, trop redondant, "monsieur et Madame Andelman", excessivement auto-centré, donne l'impression souvent gênante de regarder la vie d'un couple qu'on n'envie pas forcément, malgré sa fortune et sa réussite.


4 commentaires:

  1. Je comprends ce que tu veux dire quand tu parles d'égotrip, et c'est vrai que le film en souffre. On sent que Bedos veut faire quelque chose de grand tout en parlant de lui, mais ça reste laborieux et fragile. En fait, je trouve que le film est plus réussi quand il se lance dans la comédie voire la parodie noire, moins convaincue par sa grandiloquence dramatique.

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    1. Tout à fait d'accord avec toi, Tina. Merci d'être passée....et très bonne année à toi !

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  2. Un excellent film, une de mes plus surprises de cette année-là. Sans doute égo-centré, mais l'antipathie dont joui Nicolas Bedos ne doit pas non plus occulté un magnifique travail d'écriture, ni l'osmose du couple, ni une histoire qui reste une fresque bine plus riche qu'il n'y parait au premier abord.

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    1. Ravi qu'il ait (aussi) ses défenseurs :)
      Pour le coup, je suis passé à côté, mais s'il t'a plu, j'en suis ravi.

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