mercredi 6 mai 2020

Parenthèse (2016)


Ce doit être un signe des temps : le film "de potes" est un genre vers lequel je me tourne volontiers, ces derniers jours (précisons que ce billet fut rédigé lors du confinement). Parce que l'amitié est une valeur importante, souvent un pilier sur lequel on peut s'appuyer sans crainte, la voir évoquée au cinéma est rassurant. Avec "Parenthèse", Bernard Tanguy réalisait son premier long métrage. Malgré un accueil critique contrasté et une audience maigrichonnes, ce film pouvait-il être porteur d'un peu de chaleur humaine ?

A l'approche de la cinquantaine et alors que nombre de voyants sont au rouge, dans sa vie, Raphaël décide de s'offrir un voilier et de partir quelques jours avec ses deux meilleurs amis, Patrick et Alain.  C'est sans compter son inexpérience en matière de navigation et les rencontres qui les attendent : trois jeunes femmes vont venir secouer ces hommes, plus tout à fait jeunes, pas encore vieux. 
Ce qui ne devait être qu'une parenthèse va prendre un tour inattendu.

Drôle de film que ce "Parenthèse", porté à bout de bras par son réalisateur, qui en fit un court-métrage pour le vendre aux producteurs, mena une campagne de foulancement pour boucler son budget et finit par essuyer un échec public. Assemblage hétéroclite de comédie à la française et de drame sur le temps qui passe, "Parenthèse" est finalement difficile à ranger dans une case. Tel le voilier des protagonistes, il part à la dérive et finit par s'échouer entre deux eaux. On comprend, au visionnage, qu'il n'ait pas plu à nombre de critiques, qui lui réservèrent parfois une volée de bois vert. Cependant, on perçoit de temps à autre, de vraies fulgurances, comme autant de portes que le scénario ouvre sur des pistes intéressantes, mais qu'il referme aussitôt, sans doute par peur de s'y aventurer. 

Comme s'il s'évertuait à saboter toute les bonnes intentions du scénario, le réalisateur juge bon de ponctuer les scènes d'éléments pseudocomiques, tombant souvent à plat. Il faut alors se réfugier dans le numéro que font, chacun leur tour, les trois acteurs principaux, composant chacun une facette du quinquagénaire-type. A ce jeu, Vincent Winterhalter, Gilles Gaston-Dreyfus et Eric Viellard ne s'en sortent pas trop mal, même s'ils sont parfois en roue libre. Soulignons enfin un dernier point positif pour ce film : la bande originale, signée par le groupe Stupeflip, est particulièrement réussie. 

Au final, "Parenthèse", s'il n'est pas la catastrophe annoncée par certains critiques, ne réussit cependant pas à tenir la distance. Bien souvent, il met un pied sur un chemin intéressant et change finalement d'orientation, par facilité ou paresse. Le voilier des héros, de peur d'affronter les flots, n'échappe finalement pas au naufrage, comme s'il figurait l'ambition du film.




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