lundi 2 novembre 2020

Le vélo de Ghislain Lambert (2000)

Un film sur un cycliste, pourquoi pas ? Bien des sportifs, réels ou imaginaires, ont été au centre de films. Philippe Harel, cinéaste français dont on connaît surtout "Les randonneurs" retrouvait, il y a déjà une vingtaine d'années, Benoît Poelvoorde pour lui offrir le rôle principal du "Vélo de Ghislain Lambert", qui retraçait la carrière (fictive) d'un cycliste belge. La petite reine n'était alors pas encore revenue en grâce et ce film n'eut pas le même succès que celui qu'il consacra à la randonnée. Grimpons sur nos vélos pour suivre Ghislain Lambert dans son drôle de parcours. 

Dans les années 1970, en Belgique, Ghislain Lambert est passionné de vélo et rêve de devenir champion cycliste, à l'image d'Eddy Merckx, son idole. A force d'entraînement, il parvient à intégrer la modeste équipe Magicrème où il est contraint de rester dans l'ombre du leader. Mais Ghislain ne compte pas en rester là et, quitte à user de produits dopants, il espère bien gravir lui aussi les marches du podium. La route est longue vers la victoire. Longue et douloureuse, parfois.

L'équilibre entre comédie et drame était déjà l'une des caractéristiques des "Randonneurs", où Benoît Poelvoorde s'en donnait à cœur-joie. Dans "Le vélo de Ghislain Lambert", c'est à nouveau sur cette ligne fine qu'il s'engage. Si vous vous attendez à rire aux aventures, voire aux dépens, de Ghislain Lambert, vous risquez fort de ne pas y retrouver votre compte. C'est d'un de ces losers entêtés qu'il est question, dans le film de Philippe Harel, d'un de ces hommes à qui la réussite échappe, quoi qu'il fasse, sans doute parce qu'il n'est pas né du bon côté de la réussite et qu'il semble s'acharner à faire les mauvais choix. 

Ces perdants, souvent magnifiques, ont inspiré bon nombre de films, attirant sur eux la sympathie du public. Mais, dans le cas de Ghislain Lambert, on a du mal à s'attacher à ce cycliste condamné à jouer les porteurs d'eau. Les rares moments où il fait montre d'un peu d'empathie envers ses semblables et oublie son fichu vélo ne suffisent pas à l'humaniser et à le rendre sympathique. Dans le rôle de ce sportif maudit (mais qui fait tout pour), Benoît Poelvoorde livre une prestation honnête, évitant les éclats dont il parfois abusé, mais cela ne suffit pas à faire du film une réussite. Les interprétations de José Garcia et de Daniel Ceccaldi, pour ne mentionner que les plus célèbres du casting, ne compensent pas, elles non plus, l'impression que ce film pédale dans le vide. 

Il aurait sans doute fallu un peu plus que ce que délaie "Le vélo de Ghislain Lambert" sur tout son parcours pour qu'il soit réussi. Trop long, au point qu'il aurait sans doute gagné à être amputé d'une bonne demi-heure, "Le vélo de Ghislain Lambert" peine à trouver sa voie et son rythme. Tournant souvent sur lui-même, le film peut laisser sur le bord de la route nombre de ses spectateurs. Dans le cas d'un critérium, c'est logique. Mais quand il s'agit d'un long métrage, c'est dommage.



2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ce film de Philippe Harel. Il a été très mal vendu (comme une comédie, ce qu'il n'est pas) et au final on se retrouve avec une véritable tragédie avec un type qui n'a gagné qu'une fois et encore. Il n'arrive à rien et c'est ce qui est triste et génial à la fois. Même Poelvoorde dans son interprétation se révèle plus sobre que d'habitude.

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    1. Cette ode au loser et à son vélo est souvent considérée comme une comédie (ne serait-ce que sa bande annonce...) : il n'en est rien, tu as raison. Mais je persiste à le trouver un peu trop délayé pour être efficace.

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