vendredi 12 février 2021

Le bonheur de Pierre (2009)



Pierre Richard fait partie de ces acteurs qui composent mon paysage cinématographique et j'ai pour lui une véritable tendresse (parfois teintée d'indulgence quant aux films où il joue). Aussi, quand le grand blond du cinéma français est à l'affiche d'un long métrage passé incognito lors de sa sortie, je ne peux m'empêcher d'y jeter un œil. Cette fois, c'est un film québécois, réalisé par Robert Ménard, qui le mettait en vedette : "Le bonheur de Pierre", où l'acteur débarquait dans les paysages enneigés les plus francophones d'Amérique du nord. A défaut de véritable voyage, en ces temps troublés, embarquons avec lui !

Le bonheur de Pierre n'est pas dans le pré, il se situe quelque part au Québec, il en est persuadé. Quand feue sa tante lui lègue une auberge de l'autre côté de l'Atlantique, Pierre, physicien quantique n'hésite pas et, entraînant avec lui sa fille, Parisienne pure et dure, s'installe à Sainte-Simone du Nord. Mais, en débarquant sur la terre québécoise, Pierre va déchanter : pour réaliser son rêve, il va devoir affronter plus d'un obstacle, à commencer par les habitants de Sainte-Simone, qui voient d'un mauvais œil son arrivée. 

Passé quelques scènes d'introduction, puis passé le temps d'adaptation nécessaire pour comprendre sans mal les dialogues (à moins d'être déjà familier avec l'accent de nos adorables cousins québécois), "Le bonheur de Pierre" déroule son fil, souvent de couleur blanche. Reçu fraîchement à Sainte-Simone, Pierre et sa fille vont devoir se faire accepter, apprécier, voire aimer, dans ce petit village où l'on ne veut pas d'eux. Les raisons du rejet étant bien artificielles, on devine sans mal qu'elles cèderont sous les coups des sentiments. 

Le coup de l'étranger qui a du mal à se faire accepter dans un nouveau cadre, le cinéma nous l'a déjà fait, avec plus ou moins de bonheur. De "Tarzan à New-York" à "Bienvenue chez les chtis" (oui, je sais, j'invoque des extrêmes). En filigrane, plus ou moins visible, de ce type de film, se lisent de beaux et grand principes, de ceux qui incitent l'humanité à se réconcilier (elle fait la sourde oreille, la bougresse). "Le bonheur de Pierre" ne fait pas exception à la règle et l'on pourrait se satisfaire de son visionnage, pour peu qu'on se montre particulièrement peu exigeant. Mais le film de Robert Ménard se contente de son idée de départ et la déroule paresseusement, en usant et abusant de clichés et de poncifs, et n'étant que rarement amusant et finalement jamais drôle. Alors que le principe de ce type de comédie est de faire s'entrechoquer les personnalités pour mieux les rapprocher, en provoquant le rire, il ne parvient que rarement à provoquer ces étincelles salutaires. 

Malgré l'immense tendresse que j'éprouve pour Pierre Richard, il faut bien reconnaître que le grand blond du cinéma français a été mal inspiré de s'engager dans cette entreprise. Se démenant dans quasiment toutes les scènes où il apparaît, il fait de son mieux mais ne réussit hélas pas à sauver le film. Quant à Sylvie Testud, dans le rôle de la fille de Pierre, elle est vite agaçante en Parisienne hystérique. Il faut reconnaître qu'elle aura rarement été aussi agaçante. Derrière eux, la population de Sainte-Simone est incarnée par des comédiens qui font de leur mieux, mais n'arrivent pas non plus à éviter les écueils.

Même s'il s'aventurait sur un terrain déjà maintes fois parcouru par le cinéma, "Le bonheur de Pierre" aurait pu s'avérer plus fin, et sans doute plus efficace. Se revendiquant du feel good movie, il ne réussit pas à accomplir sa profession de foi. C'est bien dommage, car on aurait aimé aimer cette ballade québécoise aux côtés de Pierre Richard. 




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