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samedi 17 avril 2021

47 meters down (2017)

 

Dans le registre des films à sensation, voire d'horreur, le film "de requin" est une catégorie à part entière, au sommet de laquelle trône l'indépassable "Les dents de la mer". De ses (trop) nombreuses séquelles à des tentatives plus honnêtes comme "Peur bleue" ou "Instinct de survie", les requins, et plus spécifiquement le Carchardon carcharias, ou grand requin blanc, a terrorisé des millions de spectateurs, à tort, d'ailleurs. Récemment, "47 meters down" a connu un joli succès outre-Atlantique, au point d'avoir droit à une suite. Néanmoins, il n'eut pas l'honneur d'une sortie en salles en France. A tort ou à raison.

Lisa et Kate, deux sœurs, sont en vacances ensemble au Mexique. Quand l'opportunité leur est offerte d'observer les grands requins blancs, enfermées dans une cage de protection, elles tentent l'aventure, malgré les réticences de Lisa. Mal leur en prend puisque la cage va chuter jusqu'au fonds marins, à 47 mètres de profondeur. Voilà les deux sœurs en grand péril : le temps leur est compté et les requins rôdent. 

Le postulat de base de "47 meters down" est simple et on ne saurait lui reprocher d'être malhonnête.  Il va s'agir pour les protagonistes du film de se sortir du mauvais pas où elle se sont fourrées, alors que les difficultés s'accumulent. Sur ce schéma classique, nombre de réalisateurs ont fait des propositions et les échecs furent nombreux, notamment pour cause de surenchère : même improbable, les péripéties se doivent de maintenir un certain équilibre, faute de rompre le fil du suspense. Bien que se permettant pas mal de facilités, "47 meters down" se sort plutôt bien de cet exercice et Johannes Roberts, son réalisateur, joue de façon maline avec les nerfs des spectateurs. 

Sans disposer de moyens faramineux, "47 meters down" maintient la plupart du temps la tension et n'offre que peu de temps morts. Les deux actrices principales, Mandy Moore et Claire Holt, dans des rôles qui auraient pu tourner à ceux de potiches prises au piège, offrent une prestation honorable, même si la psychologie de leurs personnages reste peu approfondie (mais le genre empêche pareille introspection). 

Si l'on passe sur les nombreuses incohérences et invraisemblances du scénario, l'exercice de style s'avère plutôt réussi et on se surprend à appréhender ce qui va tomber sur les deux malheureuses, au fond de l'eau, alors qu'autour d'elles rôdent les dents de la mer. Initialement prévu pour une sortie en vidéo uniquement, le film fut finalement projeté en salles aux USA, et connut un succès tel qu'une suite fut tournée. Le destin de "47 meters down" fut tout autre, de ce côté-ci de l'Atlantique : on pourra s'en lamenter, pour peu qu'on goûte ce genre de cinéma. 






vendredi 22 novembre 2019

Permis de mariage (2007)

Un acteur ne meurt jamais tout à fait. Quand il quitte ce monde, il laisse derrière lui tous les personnages qu'il a incarné et la possibilité de passer à nouveau un moment en compagnie de son talent. Robin Williams, trop tôt disparu, manque à nombre de cinéphiles. Voir ou revoir certains de ses films est parfois salutaire. Le méconnu "Permis de mariage", où il exerçait ses talents comiques dans le rôle d'un prêtre un peu particulier, fut récemment l'occasion pour moi de retrouver ce grand acteur. Ce film faisait-il honneur à Robin Williams ?

Ben et Sadie s'aiment et souhaitent se marier. Afin de préparer au mieux ce grand saut dans l'inconnu, Sadie choisit de suivre les cours de préparation du Révérend Frank. Les deux tourtereaux n'ont plus que trois semaines pour prouver à ce prêtre hors du commun que leur couple est fait pour durer et que leur engagement est sérieux. Mais cette préparation est constituée d'épreuves surprenants préparées par le Révérend. Obtiendront-ils leur permis de mariage ?

Je vous rassure tout de suite : puisqu'on est dans la comédie romantique, genre extrêmement codifié, l'issue de l'intrigue ne fait guère de doutes. Ce qui peut présenter un intérêt, dans ce registre, c'est le chemin qu'emprunte le film pour atteindre son objectif. Dans le cas de "Permis de mariage", on a affaire à un pitch de base plutôt amusant, quoique peu réaliste, qui présente un vrai potentiel comique, fait de décalages et d'inattendu. Seulement, pareil potentiel n'est pas infini et, à force de tirer sur la corde, il se pourrait qu'elle casse : c'est malheureusement ce qui se produit assez rapidement avec "Permis de mariage" qui, à force d'exagération, finit par lasser et agacer le spectateur. Malgré un dernier quart d'heure qui rentre sagement dans le rang (devant bien respecter le cahier des charges de la romcom), ce film de Ken Kwapis (déjà épinglé dans ces colonnes pour "Randonneurs amateurs") ne tient que grâce à ses interprètes. 

Si le duo vedette est interprété sans faille par la charmante Mandy Moore et John Krasinski ("The Office"), c'est évidemment la prestation de Robin Williams qui est le plus grand atout (si ce n'est le seul) de "Permis de mariage". Dans le rôle du Révérend Frank, avec sa façon bien à lui de tester les apprentis mariés, l'acteur se fait plaisir et magnétise les scènes où il apparaît, quand il n'est pas parasité par son jeune acolyte. Ce personnage, incarné par le jeune Josh Flitter, est sans doute le plus agaçant du casting, en plus de ne servir à rien dans le scénario. 
retrouve Kwapis, qui le dirigea sur "

Vous l'aurez compris, "Permis de mariage" est une comédie romantique louchant fort du côté du versant comique de son ascendance, mais ne parvenant pas à faire rire, sauf lors de quelques scènes où brille le regretté Robin Williams. C'est probablement un des films les plus oubliables de sa carrière et ce doit être réservé à ceux qui cherchent à tout prix à revoir leur acteur chéri, quitte à visionner certains films qui n'en méritaient pas tant.