Affichage des articles dont le libellé est Medi Sadoun. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Medi Sadoun. Afficher tous les articles

dimanche 4 août 2019

Les Francis (2014)


C'est l'été : quoi de mieux qu'une petite comédie pour se détendre, pour mettre un peu les neurones en veilleuse ? Et si la comédie en question se déroule en Corse, voilà qui devrait permettre de joindre l'utile à l'agréable, tant cette région est belle. Le film "Les Francis", réalisé par Fabrice Begotti (lui-même natif de l'Ile de Beauté) semble correspondre à ce cahier des charges estival. Il n'avait pas drainé beaucoup de monde dans les salles à sa sortie : alors, sommes-nous passés à côté d'un bon moment de cinéma ?

Après l'enterrement de son grand-père, Jeff entraîne ses trois meilleurs amis en Corse. Là-bas, dans le village de Fozzano, pour respecter les dernières volontés du défunt, il doit prendre connaissance d'un vieux secret de famille. Mais rien ne va se passer comme prévu et, dès l'accostage, les ennuis vont commencer.
De quiproquos en maladresses, les quatre compères vont se retrouver poursuivis à travers le maquis corse, sans comprendre ce qui leur arrive.


Le coup du séjour qui dégénère dans les grandes largeurs, on nous l'a déjà fait, avec plus ou moins de réussite. Depuis "Very bad trip", c'est même devenu un filon vite épuisé. Mais, qu'importe, certains films continuent de l'exploiter, sans se soucier de la raison première de leur existence : raconter une histoire au spectateur. En l'occurrence, "Les Francis" donne plutôt l'impression que l'équipe de tournage a eu l'opportunité de tourner en Corse et s'est souciée ensuite de mettre un scénario sur les pérégrinations de ses personnages. 

Jamais drôle, empli de clichés, "Les Francis" est loin de faire honneur à la Corse. Ses habitants, à croire le film, sont prompts à la colère et se moquent comme d'une guigne des autorités, au passage totalement dépassées. Caricatural, le film (dont on m'objectera que son réalisateur, Fabrice Begotti, est natif de Corse, ce qui constitue à mon sens une circonstance aggravante) aurait sans doute pu être une sympathique comédie, s'il avait un tant soit peu respecté son matériau de base.

On a maintes fois l'impression que l'équipe du film s'est bien amusée et a profité du tournage pour profiter de l'île de Beauté. Je suis bien content pour eux, mais l'objectif premier était de faire un film, je le rappelle. Sans réelle direction d'acteurs, les interprètes font tous leur numéro dans leur coin, sans conviction et la plupart du temps sans succès. 

Il n'y a pas grand chose à sauver de cette pseudo-comédie, qui revendique sans vergogne l'héritage de "La chèvre" (entre autres). On peut tenter de profiter des décors superbes, mais ils sont si mal filmés que c'est une maigre compensation.
La Corse méritait mieux.


vendredi 11 août 2017

Baby Phone (2017)


Les courts-métrages, ces petits films de quelques minutes (parfois projetés avant leurs grands frères dans les salles obscures) sont souvent pour des réalisateurs l'occasion de montrer leur talent, avant de se lancer dans la cour des grands et de passer au long métrage. Rares sont cependant les courts-métrages devenant des films à part entière : ce qui peut alimenter un format court ne suffit généralement pas à remplir celui d'un film destiné aux salles obscures. Olivier Casas, pour son premier film, a cependant choisi de réutiliser la trame (et le titre) de son court-métrage, "Baby Phone". Le public ne s'y est pas laissé prendre, à tort ou à raison.

Ben et Charlotte, de jeunes parents, sont sur les nerfs. Lui ne songe qu'à la musique et veut  à tout prix réaliser son rêve, tandis qu'elle s'épuise à être mère. Persuadé que son ami Simon, producteur d'une chanteuse en vogue, peut lui donner le coup de pouce nécessaire, Ben organise un repas entre amis, invitant au passage ses parents. La soirée va prendre un tour inattendu quand le baby-phone des jeunes parents va trahir une conversation qui aurait du rester secrète.

C'est une recette connue, en comédie, celle qui consiste à balancer dans une situation bien ordonnée un événement ou un élément qui fait tout voler en éclats, révélant au grand jour les failles qu'on s'efforçait de cacher ou de ne pas voir. Ici, l'élément déclencheur est un baby-phone (vous savez, ces appareils permettant aux parents inquiets et consciencieux de guetter le moindre souffle de leur progéniture) qui va révéler au grand jour ce que leurs amis pensent vraiment d'eux.

L'inconvénient, dans le cas de "Baby Phone", c'est qu'on sait, avant même que l'étincelle ne se produise (c'est-à-dire que les deux "amis" ne débitent leurs vacheries dans l'appareil en question) que le feu menace déjà les poudres et qu'on se demande même comment il est possible qu'un tel couple et qu'un tel cercle d'amis, n'ont pas explosé en plein vol. Le plus embêtant est qu'il s'agit, puisqu'on est dans la catégorie des longs métrages, qu'il va falloir délayer la sauce afin de tenir la distance, et donc passer par des scènes pénibles, voire inutiles, pour parvenir à un dénouement sans grand intérêt ni grande surprise. 

A l'instar des "Petits mouchoirs", qui se targuait déjà d'évoquer, voire de célébrer l'amitié, "Baby Phone" met en scène des personnages dont on ne voudrait comme amis pour rien au monde. Plus qu'un exposé des vertus de l'amitié, c'est un festival des egos auquel on assiste, souvent navré. Visiblement basée sur l'intérêt de chacun plutôt que sur le bien-être des autres, les relations qui règnent entre les protagonistes font peu envie. 

C'est d'autant plus dommage que certains des acteurs présents dans ce qui se voulait une comédie acide (enfin, j'imagine) méritent mieux que ce mauvais traitement qu'on leur fait subir. Pascal Demolon, par exemple, est caricatural et on en oublierait presque l'immense talent de cet acteur encore trop sous-employé, tout comme Anne Marivin, contrainte de jouer l'énervement permanent, ou Barbara Schulz, qui ferait bien de comprendre qu'un joli minois et une moue boudeuse ne font pas une actrice. Et que dire du jeu peu convaincant de Medi Sadoun et Lannick Gautry ? Rien, ce sera plus charitable.

Une soirée entre potes qui vire au réglement de comptes, cela peut donner un excellent film. Je citerais, à titre d'exemple, le très chouette "Cuisine et dépendances". Cela peut aussi donner un film sans grand intérêt, comme "Baby Phone".