mercredi 16 juillet 2014

Jamais le premier soir (2013)


Ce n'est pas la première fois que je me penche sur le sort dramatique de la comédie française, sur ce blog, essayant de comprendre pourquoi tel ou tel film n'a pas fonctionné et n'a pas rencontré le succès attendu. Souvent, c'est parce qu'en se contentant de décliner ad nauseam le même schéma (oui, Dany Boon, je pense à toi), ou qu'en transposant mollement les recettes de la romcom, les comédies (ou revendiquées comme telles) hexagonales font rarement rire, à peine sourire et provoquent souvent l'ennui. 
Sorti tout récemment, "Jamais le premier soir" prétendait appartenir, à en croire sa tagline, au genre sympathique des feel-good movies (promis, j'arrête là les anglicismes). Avec un peu plus de 800 000 entrées en salle, il ne saurait être qualifié de succès, même s'il aura, sans l'ombre d'un doute, sa séance de rattrapage sur le petit écran.

Fille dynamique, Julie s'est fait larguer par coursier interposé. Après avoir traversé une période d'abattement, sous le regard effaré de ses deux copines, elle trouve le salut dans une nouvelle philosophie de vie : "Le bonheur, ça s'apprend". Entre salons du zen, conférences de pseudo-philosophes et ouvrages donnant des leçons de vie, Julie se reconstruit, alors que Rose et Louise, ses deux amies proches, en apprennent long sur elles-mêmes. De rencontres en rencontres, toutes les trois vont devenir d'autres femmes...

Dès le générique, j'aurais du me méfier. Quand le logo "EuropaCorp" a surgi sur l'écran, un léger frisson d'angoisse m'a parcouru l'échine, mais j'ai cru bon de laisser au film le bénéfice du doute. Mal m'en a pris car, dès les premières scènes, "Jamais le premier soir" dément tous les espoirs qu'on aurait pu placer en lui.

Mené par un trio de filles oscillant sans cesse entre hystérie et jeu à côté de la plaque, "Jamais le premier soir" est une succession de clichés dramatiques. Mesdames, mesdemoiselles, vous valez mille fois mieux que ce que ce film décrit de vous. Confier le rôle principal à Alexandra Lamy était déjà une mauvaise idée, au vu du peu de talent de la fille de "Un gars, une fille". Placer en seconde ligne Mélanie Doutey (certes, très jolie) et Julie Ferrier n'arrange rien. Dans le sillage de ce trio dévastateur, le reste du casting (on citera Jean-Paul Rouve ou Michel Vuillermoz, dont on peut se demander ce qu'ils font là) boit la tasse, plombé par le jeu souvent outrancier et toujours agaçant des trois pilotes.

Ni la réalisation, ni le scénario ne sauvent "Jamais le premier soir" du naufrage. Embourbé dès le début dans une mélasse improbable sans queue ni tête, le premier (et sans doute dernier) film de Melissa Drigeard est pénible à suivre et, surtout, traite son spectateur par le mépris, accumulant scènes sans intérêt ni logique.

Il y a tromperie sur la marchandise : "Jamais le premier soir" ne vous rendra pas heureux. Ce qu'il inspire au visionnage est, au mieux, l'ennui et, plus vraisemblablement, la perte de tout espoir concernant la comédie française. A l'heure où celle-ci fait un triomphe dans les salles obscures ("Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?" louche vers les 10 millions de spectateurs), il peut paraître étrange de tenir ce discours, mais le fait est que "Jamais le premier soir" est la comédie de trop, en ce qui me concerne. C'est probablement la dernière fois que je me penche sur le sort dramatique de la comédie française. A mes yeux, celle-ci est bien trop malade pour qu'on s'acharne à lui prodiguer les soins qu'elle refuse. 


13 commentaires:

  1. Plus tellement envie de rire on dirait ?

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    1. Si, justement ;-)
      Mais le cinéma français semble avoir perdu la capacité à faire rire qu'il cultivait si bien, il n'y a pas si longtemps.
      Merci du passage, Princécranoir...

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    2. Perso dans le même genre j'ai trouvé Sous les jupes des filles très amusant.

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    3. Là, je suis un peu écoeuré des comédies françaises...je vais me pencher sur un autre genre, si vous voulez bien.
      Merci du passage, Borat

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    4. Enfin surtout les comédies-romantiques vraisemblablement! lol A un cours de théâtre, on devait jouer au moqueur et au moqué. J'ai fait les deux mais sur le moqué je me suis mieux débrouillé. C'était un sujet totalement libre et on pouvait parler de tout et n'importe quoi. Certains ont parlé de leurs shoppings, de bouffe... Moi j'ai pris la comédie-romantique. Je me suis alors mis à faire le schéma typique: découverte, rencontres, dîner, amour, coucherie, séparation, réconciliation pour le final. Et preuve en est j'ai vu des comédies-romantique avant et après et c'est curieux comme ce schéma revient quasiment toujours. ;)

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    5. C'est vrai que ce genre (que j'affectionne beaucoup, pourtant) répond à un schéma hyper tracé, à tel point qu'on est rarement bousculé devant une romcom. Ton exercice devait être bigrement intéressant (mes cours de théâtre me manquent parfois ;-))

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    6. Si tu veux on avait des exercices (comme celui là) et on devait apprendre une scène tout en s'appropriant. C'était vraiment fun. Je pense que je le mettrais un jour dans la cave de Borat.

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  2. Lamy & Doutey, même le 2ème soir ça le fera pas ;-)
    Bonne journée quand même.

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    1. Ah oui, là, ça n'est juste pas possible...en tout cas, c'est au-dessus de mes forces.

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  3. Les actrices semblent y croire... Pas nous... 1/4

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    1. Effectivement, on ne croit pas un instant à cette histoire.

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  4. Pff... je le regarderai sans doute quand il passera à la télé. Comme toi, je m'acharne à essayer de comprendre et à toujours espérer... même si aujourd'hui tu sembles avoir passé la main :D
    J'ai adoré ton "frisson EuropaCorp" ! C'est bizarre... ça me fait pareil aussi !
    Quant au slogan "un film qui vous rendra heureux"... faut être gonflé et prétentieux, quand même, pour afficher une telle accroche.
    Pour Lamy... je la trouve sympa, cette fille, mais c'est vrai qu'en tant qu'actrice, bof...

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    1. J'avoue que ce film a été la goutte qui a fait déborder le vase : ras-le-bol de ces pseudo-comédies écrites au pochoir et finalement pas drôles.
      La rentrée (qui ne saurait tarder) sera l'occasion d'aborder d'autres genres. Cela fera le plus grand bien.

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