samedi 6 décembre 2014

Deux automnes trois hivers (2013)


Certains films disposent de scénarios surprenants, gorgés de rebondissements et de twists. D'autres, aux antipodes, se contentent de poser le regard sur des gens ordinaires et leur vie de tous jours. Dans ce registre du septième art, il est des réalisateurs qui insufflent à leurs films une dimension telle qu'on ne peut oublier ce qu'on vient de voir, en sortant du cinéma. On évoquera par exemple les grands films de l'inoubliable Claude Sautet, ou ceux d'Eric Rohmer. Pour simples qu'elles soient, les histoires de tous les jours narrées dans ces longs métrages peuvent toucher parce qu'elles sont proches de nous. 

Arman, trentenaire parisien, a décidé de changer de vie et de donner un nouveau départ à son existence. Et, pour commencer, il s'est mis à courir, chaque semaine, aux Buttes-Chaumont. Cet exercice physique lui donnera l'occasion de rencontrer Amélie, en la percutant alors qu'elle aussi se livre à son footing. Alors qu'il a renoncé à la croiser de nouveau, le destin va les faire se retrouver, alors qu'Amélie se fait agresser. 
De son côté, Benjamin, ami proche d'Arman, est victime d'un accident vasculaire cérébral et va devoir suivre une rééducation qui lui fera rencontrer une charmante orthophoniste.  

Deuxième long-métrage de Sébastien Betbeder, après "Les nuits de Théodore" , "Deux automnes trois hivers" est une chronique douce-amère, de la vie de quelques bobos parisiens, de leurs petits et grands drames, de leurs joies, de leurs peines. Il y est question d'amour, d'amitié, de culture, de famille. Rien de bien nouveau sous les projecteurs, me direz-vous. C'est vrai, vous répondrais-je, seulement, le style qu'impose Betbeder à son histoire lui donne un ton pour le moins original. Découpant son scénario en chapitres, il laisse le soin à chacun des personnages d'exprimer ce qu'il ressent et la façon dont il a vécu les événements qui vont être présentés. La démarche est originale et, pour peu qu'on y adhère, peut susciter l'enthousiasme. 

Ajoutons à cela, une interprétation pleine d'entrain et le spectateur, s'il est enclin à s'aventurer du côté du cinéma d'auteur, devrait trouver son bonheur. Vincent Macaigne, avec son look approximatif, campe idéalement le personnage principal, accompagné avec bonheur par Bastien Bouillon et la ravissante Maud Wyler, pour ne citer qu'eux. Pour qui aime les acteurs, ce film est un régal. 

Si, par contre, vous êtes en quête d'un film au scénario riche de rebondissements, à l'histoire dont l'épaisseur dépasse celle d'un ticket de métro, vous risquez d'être cruellement déçu(e)(s). En effet, malgré toute la fraîcheur qu'apportent les interprètes, Vincent Macaigne en tête (oui, je me répète), il faut bien reconnaître que "Deux automnes, trois hivers" est un film où il ne se passe pas grand chose, où les protagonistes vivent leurs existences de bobos, devisent des mérites des films de Judd Apatow et exposent leurs tourments face à la caméra, sans forcément se soucier de l'intérêt qu'ils suscitent chez le spectateur. Si ce dernier n'est pas expressément venu chercher ce genre de film, il n'aura qu'une envie : quitter la salle ou, le cas échéant, presser la touche stop de sa télécommande. 



10 commentaires:

  1. " Des gens ordinaires et leur vie de tous jours "
    " un film où il ne se passe pas grand chose "

    Tout est dit.
    Bonne journée Laurent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, celui-là, il n'est pas pour toi, très cher Ronnie.
      Merci de ta fidélité, et excellent week-end !

      Supprimer
  2. Peut-être pour moi alors. J'aime bien les films sur les vies ordinaires. Et puis j'ai très envie de découvrir Vincent Macaigne que je vois passer sur de nombreuses affiches de films que je n'ai absolument pas le temps d'aller voir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je serais ravi de lire ton avis sur ce film, Prince...je pense qu'il saurait te "parler".
      Merci de ce passage...

      Supprimer
  3. Je l'ai raté, ce film, mais il ne me faisait pas très envie, pour être honnête. Avec le même Vincent Macaigne, que j'avais l'impression de croiser à chaque coin d'affiche il y a quelques mois, je verrais volontiers "Tonnerre", en revanche.

    Merci pour ta chronique, Laurent. C'est cool de te voir parler de petits films français, aussi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis tombé dessus vraiment par hasard, et n'en avais pas entendu parler lors de sa sortie.
      Et merci pour ton "merci", Martin.
      Bonne soirée !

      Supprimer
  4. La vie des gens qui vivent... c'est pas trop mon truc ! :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors, passe ton tour, je pense que cela vaut mieux ;-)

      Supprimer
  5. Bonjour Laurent, je me rappelle l'avoir vu (bon), je ne l'ai pas "billété" (re bon). Sympa mais est-ce un film? Bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Dasola...bonne question : ça raconte (plus ou moins) une histoire, et ça se passe sur un grand écran. J'aurais donc tendance à répondre que oui, c'est un film, malgré son découpage. Cela dit, est-ce un film nécessaire ? bon ? J'avoue ne pas savoir quoi répondre, là...
      Merci de ton passage.

      Supprimer