vendredi 26 décembre 2014

Kidon (2013)


Les services secrets iisraéliens plus connus sous le nom de Mossad, ont déjà donné lieu à quelques adaptations au grand écran. On se souvient par exemple, du brillant "Munich" ou de l'efficace "Les patriotes". Récemment, une production franco-israélienne réalisée par Emmanuel Naccache, a mis en scène ce service à la réputation mondiale : "Kidon" (du nom du service du Mossad chargée des "éliminations") était cependant un film de divertissement plus qu'un thriller d'espionnage (tout en s'inspirant de faits réels), comme l'annonçait sa tagline, résolument orientée vers la comédie ("Le plan est parfait, l'équipe un peu moins"). Pour autant, le succès public ne fut pas au rendez-vous dans l'Hexagone.

C'est la panique dans les bureaux du Mossad. La presse vient de révéler que quatre membres de cette agence de renseignements ont été filmés après avoir assassiné Mahmoud-al-Mabhou, un des hauts responsables du Hamas. Les responsables du Mossad sont les premiers surpris, les coupables ne faisant pas partie de leurs services. Ils pensent donc qu'une opération a été montée à leur insu. La mort de Mahmoud-al-Mabhou risque cependant d'avoir des conséquences fâcheuses. 

Dès les premières séquences de "Kidon", le doute est permis. Louchant vers le film d'espionnage, le long métrage d'Emmanuel Naccache se donne des airs de "Ocean's eleven". Soit, l'exercice peut être intéressant, mais il nécessite un immense talent et, surtout, un scénario en béton armé. Quand, en plus, l'histoire qui est contée ambitionne de manipuler son spectateur et ses personnages, le dit scénario doit, en plus d'être complexe, rester lisible. C'est là le plus grand défaut du film. Très vite, le spectateur est laissé sur place et renonce à comprendre ce qui se passe à l'écran, se contentant d'une impression d'ensemble. 

Malgré une bande-son intéressante, la réalisation, souvent trop lente, n'arrive pas à donner la cohérence nécessaire à cette histoire mêlant espionnage et manipulation sur un ton mi-sérieux, mi-parodique. Pas assez drôle (notamment au niveau des dialogues, sans relief) pour qu'on s'amuse et ne mettant jamais ses personnages en réel danger, "Kidon" n'est pas non plus réussi, si l'on considère son versant "sérieux".

Du côté de l'interprétation, c'est là aussi un constat d'échec qui s'impose. Tomer Sisley, en cerveau de la bande, est égal à lui-même (c'est-à-dire qu'on voit l'acteur alors qu'on devrait voir le personnage), Kev Adams n'est guère crédible dans son rôle de hacker, tandis que Lionel Abelanski a du mal à donner de la crédibilité au sien. Quant à la très belle Bar Refaeli, elle aura droit à l'indulgence du jury, eu égard à sa très jolie plastique (qui compense son piètre jeu). Et ce ne sont pas les apparitions d'Hippolyte Girardot ou d'Elodie Hesme qui suffiront à nous consoler. 

A vouloir gagner sur tous les tableaux, "Kidon" finit par échouer sur tous. C'est dommage, car l'exercice avait, comme je le disais en exergue, un réel intérêt. On sort de ce film en se demandant si l'on a vu une parodie de film d'espionnage ou une histoire d'arnaqueurs amateurs. Quelle que soit l'option choisie, le verdict est cependant sans appel : c'est un film à oublier.






19 commentaires:

  1. L'affaire paraissait mal engagée dès la signature des contrats.
    Rafaeli, Adams, question crédibilité au cinéma c'est tout proche du Zéro.

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    1. Effectivement...j'aurais du me méfier : c'était annoncé par la tagline ;-)

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  2. Bon ben dès que l'on m'a présenté ce machin à la télé ou sur allo, ça sentait la daube Et puis la date de sortie était sûr de ne pas fonctionner. Entre la comédie de Clavier qui raflait tout, Godzilla le même jour et X men la suicide c'était du suicide. Et puis franchement Tomer Sisley les gens l'ont déjà oublié, l'autre emmerdeur de Kev Adams ils essayent de l'oublier et Bar Raffaeli en dehors des amateurs de sa charmante beauté.... ça vous donne envie?

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    1. Vraiment un coup pour rien, ce film.
      Dommage, il avait quelques ambitions qui auraient pu donner quelque chose (il aurait fallu d'autres acteurs, un autre scénariste et un autre réalisateur, cela dit).

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    2. Honnêtement même pas sûr qu'il y avait un potentiel tant l'ensemble a l'air terriblement classique pour ne pas dire déjà vu et je ne pense pas qu'un autre réalisateur ou un autre casting auraient changé grand chose. En même temps je me ravis de voir des flops aussi retentissants pour nos chères chaînes de télé qui coproduisent ce machin. Ces mêmes chaînes qui ne promeut pas des films comme La crème de la crème ou d'autres films de genre français qui mériteraient un peu plus de visibilité.

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    3. Même si elles ne sont pas exceptionnelles, il y a deux-trois idées dans le scénario (notamment celle qui sous-tend toute l'intrigue, mais je n'en dirais pas plus, de peur de spoiler) qui auraient mérité un meilleur traitement.
      Cela dit, je ne suis pas sûr que les flops soient de bonnes leçons pour les producteurs. Hélas...

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    4. Ça leur fait mal au cul quand même comme quand Dany Boon ne fait que 5 millions. IL y a un manque.

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    5. Bonne année à toi aussi, ami Borat...en espérant retrouver foi dans le cinéma français (on peut rêver).

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    6. Oh tu sais ça viendra. Il suffit parfois d'un très bon film pour les sauver tous.

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  3. En gros c'est pas Kidon mais Bidon quoi...

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    1. Oui, carrément. Bien trouvé, miss Tinalakiller :)

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    2. Elle était facile comme vanne, faut le dire :o
      Bonne année :)

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  4. Du potentiel mais que du potentiel en sommes... Tout à fait d'accord

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    1. C'est exactement cela. Une idée mal exploitée....et un ratage, à l'arrivée.

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  5. Un des pires films que j'ai pu voir ces derniers temps. Rien n'est à sauver même pas la réalisation ou le scénario, à l'image des acteurs hétéroclites et pas crédibles.

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    1. Je suis un peu plus indulgent, mais force est de reconnaître que c'est vraiment mauvais. A éviter, donc.

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  6. Bon bah on va essayer d'éviter alors...

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