mardi 10 novembre 2015

Un illustre inconnu (2014)

 

Il est des films bâtis sur leur distribution. D'autres, plus audacieux encore, misent tout sur leur acteur principal : leur réussite réside alors sur le talent de celui-ci et également sur sa capacité à drainer les spectateurs. Sorti il y a quelques mois, "Un illustre inconnu" a eu, hélas pour ses producteurs, l'honneur de faire partie des films les plus boudés par le public français. Malgré un pitch intrigant et une affiche accrocheuse, il mettait en scène Mathieu Kassovitz, le sale gosse du cinéma français.

Nicolas, discret employé d'une agence immobilière, n'est personne. Mais, lorsqu'il s'empare de l'existence d'un autre, se métamorphosant en lui, copiant jusqu'à ses moindres traits, Nicolas existe enfin et devient quelqu'un.
Faute de vivre sa vie, il vit donc celle des autres, jusqu'à ce qu'il se glisse dans celle d'un homme étrange et fascinant, dont le passé va remonter à la surface, jusqu'à submerger Nicolas.


On a peine à croire que "Un illustre inconnu", avec son atmosphère de thriller sous tension (du moins dans sa première partie) porte la signature de Matthieu Delaporte, co-réalisateur de la comédie "Le prénom". Les premières scènes, en effet, installent un malaise diffus qu'on n'avait pas ressenti depuis longtemps. Sur une idée de base audacieuse et plus qu'intéressante, "Un illustre inconnu" est une réussite, jusqu'à sa deuxième partie, quand l'histoire s'égare du côté de l'intrigue familiale, et perd de sa puissance. C'est d'autant plus dommage que Delaporte réussissait à poser une vraie ambiance et à exploiter un pitch improbable que bon nombre de réalisateurs auraient transformé en n'importe quoi.


Heureusement, encore une fois, les acteurs sont là et représentent le plus bel atout du film. En tête, évidemment, celui sur les épaules duquel repose tout l'édifice : Matthieu Kassovitz, absolument éblouissant. L'enfant terrible du cinéma français montre ici qu'il est au nombre des grands du septième art. Comme en écho à "Un héros très discret", son personnage d'usurpateur est sans conteste à classer parmi ses meilleurs rôles et ses grandes compositions. Face à lui, Marie-Josée Croze s'en sort avec les honneurs, bien que son personnage n'ait finalement que peu d'épaisseur (et serve la partie la moins intéressante du scénario).

N'eût été l'époustouflant numéro d'acteur de Matthieu Kassovitz, "Un illustre inconnu" ne présente finalement qu'un intérêt relatif. Partant d'un postulat de base trop gonflé pour tenir la distance, ce film est finalement une demie-déception..ou une demie-réussite, selon l'humeur.




4 commentaires:

  1. Je me souviens d'avoir eu envie d'aller voir le film, avant de le passer aux comptes des pertes et profits. Je suis convaincu de la justesse de ce que tu écris au sujet de Kassovitz, qui, s'il gagnait en humilité, serait sans doute plus à même de faire valoir ses talents multiples.

    Est-ce que je rattraperai cet "Illustre inconnu" ? Possible, mais pas sûr. Merci toutefois d'en avoir parlé, Laurent, car cela m'a permis de me rappeler son existence.

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    1. A mon sens, ce film vaut un petit coup d'oeil, en grande partie pour le numéro d'acteur de Kassovitz, enfant terrible du cinéma français. Si tu en parles un jour, je lirai ton billet avec attention.
      Merci du passage, Martin !

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  2. Ca ne me dit rien du tout... Comme Martin, je tenterais bien. Et merci d'attirer notre attention sur lui.

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    1. C'est toujours un plaisir de donner un petit coup de projecteur sur certains films et d'attirer l'attention de mes lecteurs.
      Merci de ta fidélité !

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