mardi 17 novembre 2015

La tendresse (2013)


Avec une histoire simple, on peut faire un beau film, fût-il petit. Des réalisateurs ont autrefois fait la preuve qu'il n'était pas nécessaire de déployer de grands moyens pour emporter l'adhésion des spectateurs. Avec "La tendresse", Marion Hänsel (essentiellement connue pour son adaptation des "Noces barbares") nous proposait, il y a peu, une de ces histoires simples, à hauteur d'homme et de femme. En ces temps de blockbusters parfois démesurés, pareille entreprise pouvait paraître salutaire. Hélas, ils furent peu à se déplacer en salles pour "La tendresse".

Lorsque leur fils est victime d'un grave accident de ski, Frans et Lise, séparés depuis quinze ans, sont contraints de faire route ensemble de Bruxelles aux Alpes. Dans la station enneigée, ils vont rencontrer les amis de leur fils et la fiancée de celui-ci. Ce couple de divorcés, unis le temps d'un voyage et autour de leur fils blessé va-t-il profiter de l'occasion pour se redécouvrir, s'apprécier, voire s'aimer ? 
Comme on le voit au résumé ci-dessus, l'histoire que narre Marion Hänsel dans "La tendresse" est toute simple : je ne vous ai pas menti. Cela dit, cette simplicité n'est jamais transcendée par la réalisation ou par les personnages. Ne tournons pas autour du pot : "La tendresse" n'attire pas l'affection. Ses deux personnages centraux, qui passent une bonne partie de leur temps à faire l'inventaire de ce qui a changé et de ce qui n'a pas changé depuis leur séparation, n'ont qu'un capital de sympathie réduit au minimum. Conséquence immédiate : on ne s'attache pas à eux et l'envie de suivre leur voyage fond comme neige au soleil, dès les premières scènes.

Faute d'un scénario épais, c'est vers les personnages qu'on devrait pouvoir se tourner. Ici, c'est en pure perte. Pour ajouter au ratage, leur interprétation est grandement décevante. La réalisatrice Maryline Canto, particulièrement peu inspirée, incarne Lise, mais sans lui donner la chaleur humaine qu'on aurait pu attendre de pareil rôle. le jeune Adrien Jolivet semble lui aussi peu inspiré (le talent peut sauter une génération, on a vu des précédents). Heureusement, il y a l'excellent Olivier Gourmet, dont le personnage est finalement celui auquel on s'attache le plus, en grande partie parce que son interprétation est, comme souvent, remarquable, bien que son rôle soit (comme la plupart des personnages) assez mal écrit.

Mise à part la présence d'Olivier Gourmet, "La tendresse" ne mérite guère plus qu'un visionnage distrait, avant d'être vite oublié. Ce petit film belge n'est pas de ceux qui font honneur à la prolifique et intéressante moisson d'outre-Quiévrain.



2 commentaires:

  1. Hello Laurent. Personnellement, j'ai été sensible à la modestie de ce tout petit film. Bon, le duo Gourmet / Canto y est sans doute pour quelque chose. Je trouve qu'ils vont assez bien ensemble, ces deux-là.

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    1. Bonjour Martin...je crois n'avoir pas été en phase avec ce film lorsque je l'ai vu. Ca tient finalement à peu de choses, parfois, le fait d'aimer ou pas un film.
      Merci de ton passage, l'ami.

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