samedi 12 décembre 2015

Microbe et Gasoil (2015)




Michel Gondry n'est pas un cinéaste comme les autres. Le réalisateur de "Eternal sunshine of the spotless mind", réputé pour sa fantaisie et son goût du bricolage, a ses admirateurs et aussi ses détracteurs. On avait cru le perdre quand il prit en charge l'adaptation de "The green hornet", mais c'était mal le connaître. L'homme a su rebondir et nous est revenu avec "L'écume des jours", qui déçut pas mal de ses fans, puis avec "Microbe et Gasoil", sorte de road-movie en territoire d'enfance. Hélas, ce n'est pas encore avec ce film qu'il touchera un grand public.

Daniel, adolescent timide et doux, est surnommé "Microbe" par les enfants de sa classe. Lorsque Théo, alias "Gasoil", bien plus expansif que lui débarque dans sa classe, les deux garçons, souvent mis à l'écart, se prennent d'amitié. Alors que les vacances d'été commencent, Microbe et Gasoil décident de partir, mais pas n'importe comment. S'armant de leur débrouillardise et de leur imagination, ils construisent de toutes pièces une voiture faisant également office de maison et partent sur les routes de France.

Adepte du bricolage, de mise en scène parfois innovante et surtout, d'une immense (et salutaire !) bienveillance envers ses personnages, Michel Gondry a sa touche personnelle, et l'affirme une fois de plus dans "Microbe et Gasoil", même si on ne retrouve pas ici les trouvailles visuelles d'opus précédents (comme "Soyez sympas rembobinez"). En grande partie inspiré par ses souvenirs d'enfance, le réalisateur s'offre (et nous offre) ici un voyage en territoire d'adolescence, dans des années vues au travers de son prisme personnel.

Lors de ce périple improbable, le spectateur apprend à découvrir et à aimer les deux personnages
principaux, interprétés par deux jeunes acteurs absolument remarquables de naturel et de spontanéité. Ange Dargent et Théophile Baquet, débutants (ou presque) crèvent l'écran et accrochent l'affection presque immédiatement, laissant dans l'ombre les autres interprètes (dont Audrey Tautou).

Sans être une grande cuvée, "Microbe et Gasoil" est un film dans lequel on reconnaît la patte de Michel Gondry, mais sans outrance. Posant un regard d'une grande tendresse sur ses personnages, interprétés par deux gamins bourrés de naturel, ce voyage au pays imaginaire est celui qu'effectuerait un Peter Pan des temps modernes.

Lorsque le voyage prend fin, et avec lui le rêve, force est de constater qu'il fut agréable et qu'on est bien contents d'avoir retrouvé Michel Gondry. Porté par l'énergie du rêve et le talent de ses jeunes acteurs, le réalisateur nous offre ici l'un de ses plus beaux films.


13 commentaires:

  1. Michel Gondry revient avec le meilleur teen movie français depuis Les beaux gosses. ça joue bien; le réalisateur bricolle et bidouille à nouveau de manière lucide et le film est aussi tendre que charmant. Il est triste que personne n'a voulu voir ce film.

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    1. Je suis bien content que tu aies apprécié ce petit film autant que moi, Borat :)

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    2. J'ai même eu la chance de le voir en salle. Mieux encore, je l'ai vu après avoir une merde. En deux mots: T_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ S .

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    3. Mmmm....laisse-moi deviner. Un film de cet été avec du robot à apparence humaine ?

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  2. Gondry et moi, ce n'est pas toujours le grand amour. Pas trop fan de "la science des rêves", j'avais pourtant vraiment bien aimé "be kind, rewind". Je n'ai pas pris le temps (la peine ?) d'aller participer à ce drôle de voyage gondriesque et je le regrette bien. Tu n'es pas le premier à mettre en avant les qualités certaines de ce film visiblement attachant (Borat et d'autres s'en étaient déjà fait les supporters). J'espère un de ces jours m'associer, même à retardement, à ce concert de louanges.

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    1. Je lirai dans ce cas avec la plus grande attention le billet que tu lui consacreras. Si je n'aime pas tout de Gondry, celui-ci est pour moi dans le haut du panier.
      Merci de ta fidélité.

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  3. Bonjour Laurent, j'ai aussi beaucoup apprécié ce film bon enfant et plein de poésie. http://dasola.canalblog.com/archives/2015/07/13/32346033.html Bon dimanche.

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    1. Bonsoir Dasola. Ravi qu'il t'ait plu, ce petit film plein de fraîcheur...
      Bonne soirée.

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  4. Etant dans le même cas que Prince, je n'ai pas voulu voir ce dernier Gondry au cinéma mais je sais que je devrais le rattraper histoire de voir que ça donne (et en espérant d'aimer car les derniers films de Gondry m'ont beaucoup déçue).

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    1. J'aurai grand plaisir à lire ton avis sur ce film...quel qu'il soit !
      Merci d'être passée, Tina.

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  5. Troisième essai pour commenter cette chronique ! J'espère ne pas te spammer, ami Laurent, parce que ce n'est pas du tout l'objectif.

    Je voulais juste te dire que ta chronique me donnait envie de rattraper ce petit film, que j'avais repéré, mais qui a connu une carrière trop courte dans les cinémas de chez moi. Partie remise, donc, en espérant ne pas laisser passer la prochaine occasion.

    Je ne connais pas encore grand-chose de Gondry et tout ne m'attire pas, mais j'ai beaucoup d'affection pour "Eternal sunshine". Un réalisateur qui crée un tel univers et en confie les clés au duo Kate Winslet / Jim Carrey ne peut pas être fondamentalement mauvais !

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    1. Je n'ai pas été "spammé", Martin, ne t'inquiète donc pas. Je suis ravi que mon billet t'ait donné envie de voir ce petit film. Je ne connais pas tout de Michel Gondry, mais "Eternal Sunshine of the spotless mind" est un film que je goûte tout particulièrement. Nous voilà un goût en commun (un de plus !)

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  6. Le très bon écho venu de chez notre ami commun, Borat, est ici raffermi par cet engageant billet :) Je tenterais sans doute l'expérience un de ces jours.

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