jeudi 29 mars 2018

Daddy Cool (2017)


Certains acteurs sont prisonniers d'un type personnage, volontairement ou non. A mes yeux, Vincent Elbaz est associé presque systématiquement à celui du jeune homme immature, fuyant ses responsabilités. Certes, il a fait quelques tentatives dans d'autres registres (je songe notamment à "L'assaut"), mais je l'associe à ce type de personnage presque systématiquement. Cela peut aussi s'appliquer à d'autres comédien(ne)s : ainsi Meg Ryan, à sa grande époque, fut elle cantonnée dans une niche très étroite, par exemple.  Pour en revenir à Vincent Elbaz, en visionnant "Daddy Cool", récemment, j'ai retrouvé son personnage habituel dans ce film. Mais, si ça n'était pas si mal, après tout ?

Adrien est en couple avec Maude depuis longtemps et avec tant d'évidence qu'il n'imagine nulle autre femme dans sa vie. Mais, depuis leurs années d'insouciance, le temps a passé et, tandis que Maude aspire à fonder une famille et à avoir une vie rangée, Adrien n'a pas mûri. 
Après l'insouciance de trop, Maude décide de divorcer, lassée de ce grand enfant. Alors, pour prouver à Maude qu'il est responsable, Adrien décide d'ouvrir une crèche parentale, dans leur appartement. On va voir ce qu'on va voir.

Attention, il ne faut pas confondre ce "Daddy Cool" avec le film du même nom sorti en 2015 et mettant en vedette Mark Ruffalo et Zoe Saldana (du moins dans la traduction française de son titre). Il faut croire que la chanson de Boney M a inspiré les producteurs de cinéma. Voilà pour l'anecdote. En ce qui concerne ce "Daddy Cool", aux ambitions simplement hexagonales, c'est évidemment d'une comédie qu'il s'agit, et plus précisément d'une comédie romantique. Bon nombre des ingrédients de base du genre sont aisément identifiables. L'originalité du procédé consiste ici en son inversion. D'ordinaire, dans la romcom, les deux protagonistes principaux se rencontrent, se séduisent, rencontrent une crise majeure (souvent à un quart d'heure de la fin), puis la franchissent pour en sortir renforcés et plus heureux que jamais. Ici, la fameuse crise a lieu dès le début et la situation ne fait que s'aggraver durant le film. 
Pourquoi pas, après tout ? Pour sympathique qu'il soit, le créneau de la comédie romantique mérite bien, de temps en temps, un peu d'audace. En cela, "Daddy Cool" s'avère plutôt réussi.

Ce n'est pas pour autant un grand film, comprenons-nous bien : "Daddy Cool" est parfois drôle, mais pas assez pour être vraiment qualifié de comédie (ses procédés sont trop répétitifs) et sa romance est peu crédible. Mais on ne s'y ennuie pas, c'est déjà un point auquel nombre de comédies "officielles" ne peuvent prétendre (je ne citerais pas de noms, rassurez-vous. Le ressort comique du film, en dehors de l'attitude immature de son héros et des échanges verbaux parfois féroces que le couple échange, repose sur l'affrontement entre le personnage d'Adrien et ses jeunes pensionnaires. Souvent outrancier (je pense à la préparation d'un certain biberon ou d'une balade au parc qui pourrait faire hurler certains parents), le trait comique fonctionne, mais est souvent à sens unique : pour craquants qu'ils soient, les bambins sont présentés sous un jour peu flatteur. Le film aurait sûrement gagné en épaisseur en se mettant plus à leur place, si vous voulez mon avis. 

Du côté de la distribution, la livraison est conforme à l'attendu, comme on dit. Vincent Elbaz, décidément prisonnier (volontaire ?) des rôles d'homme immature, utilise visiblement son image, pour incarner Adrien, ce trentenaire qui veut continuer à s'amuser, comme dit en introduction de cet article. Et, après tout, en assumant cet éternel rôle d'adulescent, il s'en sort plutôt bien. Face à lui, Laurence Arné, dont on aimerait qu'elle fasse montre de son talent dans d'autres registres que celui où le cinéma la cantonne, ne force pas son talent, dont on soupçonne pourtant qu'il va au-delà de cette prestation. 

Malgré un potentiel intéressant et la possibilité de dépoussiérer un peu un registre éculé, "Daddy Cool" donne, en fin de visionnage, l'impression d'avoir manqué d'audace. Son réalisateur, Maxime Govare, n'est finalement pas passé très loin d'une comédie vraiment drôle. Il lui eût fallu un peu plus de causticité, sans doute. A défaut, "Daddy Cool" permet de passer un bon moment, sans rien d'inoubliable...




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