mercredi 1 août 2018

Les enfants (2004)




Les codes ont changé. N'en déplaise à certains, une famille, ce n'est plus seulement une maman et un papa. Nombreuses sont les familles recomposées, même si cette recomposition n'est pas toujours des plus simples.Les films appréhendent peu à peu les nouveaux modèles de famille, mais peu sont nombreux, ceux qui explorent de l'intérieur la reconstruction de la cellule familiale. Christian Vincent, réalisateur de "La discrète" ou de "L'hermine", s'est penché sur l'histoire d'un homme et d'une femme tentant de construire leur vie sur les décombres de leur passé, avec "Les enfants". Il faut croire que le public n'était pas prêt.

Pierre est divorcé et n'accueille ses deux fils, de 9 et 15 ans qu'un week-end sur deux. En quête de l'appartement qui lui conviendrait, il tombe sous le charme de Jeanne, l'agente immobilière en charge de son dossier et elle aussi, divorcée et mère de deux enfants. Après quelque temps de liaison clandestine, Jeanne et Pierre décident de franchir le pas et de vivre ensemble, eux et leur progéniture. Mais mélanger deux fratries n'est pas de tout repos.

En traitant du sujet délicat de la recomposition d'une cellule familiale, Christian Vincent prenait un risque. Soit le traitement partait sur le chemin de la comédie, dont on sait qu'elle peut parfois donner des résultats plus que mitigés lorsqu'il s'agit de parler de faits de société (on pourrait reparler de "Qu'est qu'on a fait au Bon Dieu ?"). Soit, c'est le ton dramatique qui est choisi et le pathos est au coin de la rue, prêt à alourdir le film. C'est entre les deux chemins que le réalisateur s'est engagé, et c'est sans doute la meilleure idée du film, avec celle de rester dans un ton crédible, du début à la fin.

Mais ce choix n'est pas synonyme de réussite totale pour ce film aux jolies intentions. Les maladresses et lourdeurs ne sont pas absentes, hélas. Ainsi, le rôle presque caricatural du fils aîné de Pierre, élément systématiquement perturbateur, déséquilibre le rapport des forces entre les personnages. De même, le personnage de Karin Viard semble vite être le seul moteur du couple en construction, tandis que Gérard Lanvin (remarquable en homme blessé mais qui veut s'offrir une nouvelle vie) se voit contraint de jouer la passivité.

Enfin, la conclusion que se permet le film (et la façon dont elle est traitée, d'un point de vue cinématographique, voix off à l'appui) pourra laisser songeur, voire dubitatif. La dernière impression étant souvent celle qui reste, c'est un arrière-goût peu agréable que laisse finalement "Les enfants". Malgré une intention de départ louable, les nombreuses maladresses du scénario pèsent en défaveur de l'ensemble du film. C'est regrettable, car le sujet traité méritait mieux.










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire