samedi 13 mai 2017

L'hermine (2015)


Christian Vincent, réalisateur de "La discrète" et des "Saveurs du Palais", est souvent catalogué parmi les "auteurs" du cinéma français, ceux qui sont encensés par Télérama, mais souvent méprisés du public. Son dernier film, "L'hermine", bien qu'ayant reçu de nombreuses récompenses (aux César ou à la Mostra de Venise), aurait sans doute pu rencontrer un public plus large. C'est cependant dans le cadre du très sympathique Movie Challenge 2017 que j'ai vu ce film.

Le juge Racine est réputé pour sa sévérité et doit présider une session aux Assises de Saint-Omer dans le Nord. Parmi les jurés qui vont se retrouver sous sa coupe lors d'un procès pour infanticide, se trouve Ditte, une femme que Michel Racine a aimé autrefois et dont il est encore amoureux.
Alors que la justice se met en marche, le coeur du juge bat plus fort...

C'est un ton quasiment documentaire et pédagogique qui régit "L'hermine", où vient s'intégrer presque naturellement une histoire d'amour prenant lentement corps (ou pas). En choisissant d'utiliser le tribunal comme décor et d'y installer en douceur une histoire d'amour, Christian Vincent donne à son film une tournure qui fait mouche. En équilibre entre deux styles, "L'hermine" s'avère réussi : on s'intéresse autant au métier du juge d'instruction (et aux jurés) qu'à ses tourments amoureux. Si cette réussite vient surtout d'un scénario adroit et d'une réalisation élégante, elle est également à mettre au crédit des acteurs qui donnent vie à cette histoire. 

Pour une fois, Fabrice Luchini ne part jamais en roue libre, et se contente de faire montre de son talent d'acteur. Dans le rôle d'un Président de tribunal à la réputation de sévérité, il excelle à montrer l'homme derrière le juge et rappelle qu'il n'est pas seulement l'acteur logorrhéique qu'on connait. Face à lui, la lumineuse Sidse Babett Knudsen, récompensée à juste titre par un César pour son interprétation et dont le talent avait été remarqué dans la série "Borgen", impose un charme qui emporte tout sur son passage. Parmi les seconds rôles, on appréciera la présence de Corinne Masiero, décidément indispensable au cinéma français, ainsi que la très touchante Candy Ming, dans un rôle pourtant très délicat.

Le jeu d'équilibriste tenté par Christian Vincent, cette romance contrariée sur fond de justice en marche, s'avère finalement réussi. Là où l'on pouvait redouter la lourdeur et le pathos, c'est l'élégance qui s'impose, en grande partie amplifiée par des interprètes remarquables. Certains films français donneraient presque envie de se réconcilier avec le cinéma hexagonal. "L'hermine" fait partie de ceux-ci. 

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, dans la catégorie "Un film de tribunal".



2 commentaires:

  1. Bonjour, pour une fois que Luchini ne force pas le trait, c'est plutôt plaisant. L'hermine lui va bien. Bonne après-midi.

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    1. Bonjour Dasola, avec moult retard.
      Nous sommes d'accord, en ce qui concerne cet acteur... Merci du passage !

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