dimanche 3 mars 2019

Overlord (2018)


Mêler faits historiques et fantastique, ça peut être très délicat, mais le cinéma n'a peur de rien : on a vu Abraham Lincoln s'attaquer aux vampires, tout comme "Iron Sky" envoyait les nazis sur la Lune. En parlant de ces derniers, ils ont une nouvelle fois été exploité dans "Overlord", film utilisant la franchise "Cloverfield", à savoir celle d'un monde identique au nôtre, à la différence près que de terribles horreurs venues d'on ne sait où s'y déchaînent parfois. Sous l'égide du très prolifique J.J. Abrams, qu'on ne présente plus, "Overlord" promettait de confronter les GIs du Débarquement aux nazis et à des créatures terrifiantes. Le mélange audacieux a-t-il fonctionné ?

6 juin 1944, quelques heures avant le Débarquement : les parachutistes de la 101ème division aéroportée sautent sur la Normandie, pour préparer l'assaut. Parmi eux, une escouade est chargée d'une mission importante : neutraliser une antenne radio située dans un petit village normand qui, si elle émet encore, compromettra le succès de l'opération Overlord. Les combattants vont vite se rendre compte que les soldats nazis sont le moindre des dangers qui les attend là-bas. 

Dès les premières images, le ton est donné : on est plongé dans l'action et les protagonistes ne sont pas épargnés. Dotées d'un certain réalisme, les scènes secouent, et pas seulement les passagers des avions prêts à larguer leurs passagers sur le Cotentin. Julius Avery, le réalisateur australien de cet "Overlord", est adepte du cinéma qui bouge. Celui qui devrait diriger le reboot de "Flash Gordon" s'avère plutôt doué lorsqu'il s'agit de mettre en scène l'action et de donner du rythme. Paradoxalement, c'est aussi sa faiblesse parce que, passé la première séquence, le rythme retombe d'un cran.

C'est une fois que les héros posent le pied à terre que les choses se gâtent, ou plutôt qu'on accuse la première chute de rythme, justement. La cadence infernale imposée dans les premiers plans ne sera jamais retrouvée. Si la tension est parfois palpable, elle ne suffit pas à faire frissonner le spectateur. Alors que l'angoisse devrait prendre le pas, ce n'est que rarement le cas.  En tout cas, avec moi, ça n'a pas pris (mais c'est peut-être un ressenti tout personnel). Les acteurs ont beau faire de leur mieux, les scènes de "pause" et d'explication torpillent à chaque fois 

J'ai beau admirer le talent de conteur (et parfois d'embobineur professionnel) de J.J. Abrams, cette fois-ci, ça n'a pas pris. Malgré un pitch qui aurait pu donner le meilleur, il faut, avec "Overlord", se contenter de ce qui ressemble plus à un jeu vidéo (y compris l'affrontement avec le boss final) qu'à un vrai spectacle cinématographique. 

Entrant plus dans la catégorie des plaisirs coupables que celle des spectacles qui font vibrer le public, ce petit film d'horreur aurait pu marquer les mémoires de aficionados du genre. Il ne laissera, j'ai peur, pas de traces.





4 commentaires:

  1. Un film pas mal même s'il a des défauts. Ainsi j'aurai préféré des maquillages plutôt que des cgi pour certains effets, sans compter des français qui parlent très bien anglais. Mais dans l'ensemble le film est un bon divertissant et les acteurs sont dans l'ensemble plutôt bons.

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    1. Comme tu l'as lu, j'ai été déçu et y ai vu plus un jeu vidéo qu'un film totalement réussi. Dommage, il y avait une vraie idée de base.
      Merci d'être fidèle à ces colonnes, Borat.

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  2. Rien d'extraordinaire mais c'est très efficace, je m'y suis laissé prendre

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    1. Je conçois qu'il fonctionne (et m'en ravis, d'ailleurs), mais sur moi, ça n'a pas pris. Merci du passage, Selenie.

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