On avait pu repérer Alexander Payne avec "The descendants", qui mettait en vedette un George Clooney désemparé sur fond d'un Hawaï inattendu. Son dernier film (il y eut entre deux "Nebraska") "Downsizing", a fait l'objet d'une promotion notable, mettant en avant les éloges de certains critiques (cela dit, ce simple procédé peut être très contre-productif). Avec en vedette Matt Damon, ce film de science-fiction promettait beaucoup et, au final, n'a pas reçu le succès escompté. Alors, le public serait-il passé à côté d'un grand film ?
Surpeuplée, la planète ne suffit plus à nourrir et loger ses habitants. Alors, une solution s'impose : miniaturiser l'homme. Après avoir hésité, Paul Safranek se lance et convainc son épouse : le projet Downsizing semble augurer d'un nouvel eden, bien loin de son Omaha quotidien.
Une nouvelle vie commence pour lui. Enfin, ça, c'est ce qui lui est promis. La réalité sera bien différente.
Avec un pitch pareil et les prouesses réalisées par les spécialistes en effets spéciaux, on pouvait rêver à un film alliant forme et fond : quand la science-fiction se penche sur la société, cela peut donner de grandes œuvres. D'autant plus que "Downsizing", dans les premières séquences, semble se donner les moyens de ses ambitions. Le modeste Paul Safranek, représentant parfait de la middle-class américaine, se laisse séduire par l'idée d'une nouvelle chance et.... C'est justement là que le bât blesse, car après ce "et", le film part à vau-l'eau, et semble oublier son intention première. Alors, faute d'aller jusqu'au bout celle-ci, Alexander Payne donne l'impression de bricoler son intrigue au fur et à mesure...
Passé le premier quart du film et une fois son héros rapetissé, le film perd tout son intérêt et se contente mollement d'allers et retours. Heureusement, tout n'et pas à jeter dans ce film : s'il maintient l'intérêt du spectateur, c'est en grande partie, grâce à ses interprètes (faute d'un propos percutant). Matt Damon, marchant dans les pas de Tom Hanks, figure remarquablement l'américain moyen. Face à lui, l’exubérant Christoph Waltz semble bien s'amuser, tandis que Kristen Wiig et Jason Sudeikis, pour ne citer qu'eux, n'ont qu'un rôle accessoire (au sens où ils ne font que servir que le scénario), mais font le job, comme on dit.
L'idée de base était formidable et aurait pu donner lieu à un grand film de science-fiction. Avec moins de moyens, "L'homme qui rétrécit", en son temps, eut un propos maintes fois plus profond et efficace. Malgré des moyens imposants, l'effet produit par le film est à l'image de son héros : riquiqui.
Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie
"Un film qui t'a déçu"


