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mardi 21 août 2018

L'amour a ses raisons (2011)




Un petit air d'Italie, ça ne se refuse pas. Revoir, fût-ce sur écran, les rues de Rome, me touche toujours. Aussi, lorsque l'occasion s'en est présentée, j'ai jeté un œil à "L'amour a ses raisons", film en trois chapitres traitant de l'amour et venu de l'autre côté des Alpes. Comme l'affiche annonçait, en plus, la présence de Monica Bellucci, je ne m'étais pas fait prier. Par contre, la question pouvait se poser : pourquoi ce film (comme finalement pas mal de ses homologues italiens) n'avait-il pas franchi la frontière avec succès ?

L'amour, toujours : à trois périodes de la vie, le voilà qui sévit et fait des ravages dans les cœurs. Il retourne celui de jeune avocat ambitieux se retrouvant dans un petit village peuplé d'originaux. C'est aussi lui qui entraîne ce présentateur de télévision dans une histoire qui lui échappe. C'est toujours lui qui rapproche un américain venu se réfugier à Rome et la fille de son ami, envers et contre tout. Il n'a pas fini de sévir, Cupidon, avec son arc et son taxi (ah oui, on ne vous a pas dit, mais il doit boucler ses fins de mois, cet angelot).

C'est beau, l'Italie, que ce soit en bord de mer ou au centre de Rome. Depuis des décennies, les cinéastes y ont posé leur caméra, pour filmer des drames et des comédies, avec plus ou moins de succès et de grâce. Mais un beau décor n'a jamais suffi à faire un film. Il faut, pour cela, conter une histoire et bien s'y prendre. En l'occurrence, "L'amour a ses raisons" prend le risque d'en narrer trois d'un coup, sur le thème le plus universel qui soit : l'amour. Sans doute le réalisateur, Giovanni Veronesi , s'est-il dit que ce serait facile de jouer sur un terrain aussi connu. Ce n'est évidemment pas aussi facile que cela. Pour universel qu'il soit, le thème est évidemment un chausse-trappe et s'y frotter peut donner le meilleur comme le pire. J'ai bien peur que, dans le cas de "L'amour a ses raisons" (dont le titre original "Manuale d'amore 3" suggère qu'il s'agit du troisième volet que Veronesi consacre aux méfaits de Cupidon), la balance penche plutôt du mauvais côté. 

Les décors sont enchanteurs, oui, les actrices sont belles et généreuses. Mais, malheureusement, les histoires racontées ici ne sont pas à la hauteur du décor et des interprètes. Le premier volet, visiblement improvisé, s'égare dans le boulevard avant de retomber péniblement sur ses pattes. Le deuxième est sans doute le moins intéressant, utilisant comme ressort comique la maladie mentale de son héroïne. Enfin, le troisième est le plus touchant et le plus intéressant, sans doute parce qu'il est interprété par Robert de Niro et Monica Bellucci, même si "L'amour a ses raisons" ne doit pas trôner bien haut dans leur filmographie. Et quelle idée stupide que d'avoir utilisé un personnage de chauffeur de taxi (celui que j'évoquais dans le pitch plus haut), censé personnifier l'amour. 

Enfin, si vraiment vous tenez à voir ce film, évitez la version française comme la peste bubonique. Le doublage est une vraie catastrophe, à peine digne de celui des émissions de télé-réalité perdues au fin fond d'obscures chaînes de la TNT.




mardi 29 novembre 2016

Ne te retourne pas (2009)


Avec son affiche troublante (mais finalement pas très belle) et son pitch plus qu'intrigant, le film "Ne te retourne pas", qui mettait en scène Sophie Marceau et Monica Bellucci aurait du attirer à lui de nombreux spectateurs, avides de suspense et curieux de voir comment était traitée cette histoire de personnalités se fondant l'une dans l'autre. Il n'en fut rien et ils furent peu nombreux, ceux qui allèrent dans les salles obscures voir comment Marina de Van avait mis en scène ces deux héroïnes. 

Jeanne vient de voir son roman refusé par son éditeur et vit très mal la situation. Peu après, elle observe des changements dans son environnement. Il s'agit d'abord de petits riens : des meubles qui changent de place, des rêves troublants. Puis ce sont ses proches dont l'apparence semble altérer, et elle finit par ne plus se reconnaître elle-même. Pour comprendre ce qui se passe et avant de sombrer dans la folie, Jeanne finit par se rendre en Italie, sur la trace d'un cliché pris lorsqu'elle était enfant.

En voilà un pitch original, pouvait-on penser lors de la sortie de "Ne te retourne pas". Les quelques images, pour le moins troublantes, qu'on apercevait promettaient quelque chose d'intéressant. Deux personnalités se fondant l'une dans l'autre (ou l'inverse, allez savoir) et la folie qui guette, en tapinois. Restait à savoir quel traitement allait être appliqué à ce scénario. J'avoue être partagé, au sujet de ce film, s'aventurant autant en des territoires où plus d'un s'est égaré. S'il réussit parfois à captiver et à intéresser le spectateur, "Ne te retourne pas" pêche cependant sur nombre de séquences répétitives et inutiles, comme s'il cherchait à faire du remplissage, en dépit de toute cohérence. C'est d'autant plus dommage qu'on a souvent l'impression qu'on touche du doigt quelque chose, et que cela nous échappe juste après.

Troublant, "Ne te retourne pas" l'est assurément. Il n'est cependant pas totalement réussi. Thriller psychologique et (légèrement) fantastique (ou pas), ce film joue habilement de ses effets spéciaux (parfois complètement réussis, parfois peu crédibles) pour semer le trouble dans l'esprit du spectateur. Cependant, ils ne suffisent pas à remplir complètement le contrat. On songe par moment à ce qu'aurait pu faire de pareil pitch le grand Hitchcock, et cela joue en la défaveur de ce film, malgré ses ambitions.

On appréciera diversement la prestation des deux actrices portant le film sur leurs jolies épaules. A titre personnel, l'interprétation de Monica Bellucci m'a paru un cran au-dessus de celle livrée par Sophie Marceau, celle-ci ayant tendance à souvent surjouer. A leurs côtés, les seconds rôles sont assurés par des acteurs qui font le "job", comme on dit. 

Marina De Van, fidèle scénariste de François Ozon, et qui avait réalisé avant ce film le déjà perturbant "Dans ma peau", sait à n'en pas douter instiller le malaise. Il ne lui reste plus qu'à consolider cette intention pour confirmer l'essai.