lundi 19 août 2019

Premiers crus (2015)


Du terroir, une famille à reconstruire, des caractères : voilà quelques ingrédients typiques d'une saga familiale, comme la télévision en pond au kilomètre, surtout en période d'été. Mais il également des films qui s'aventurent sur ce terrain. Pour exemple, "Premiers crus", mis en scène par Jérôme Lemaire, prenait place en terre de vin, et plus exactement en Bourgogne. Avec de belles têtes d'affiche (Gérard Lanvin, Jalil Lespert, Alice Taglioni et Laura Smet), ce film n'a pas pour autant drainé beaucoup de spectateurs. A qui ou à quoi la faute ?


Ayant rompu avec la tradition vigneronne familiale, Charlie Maréchal est devenu un œnologue parisien réputé. Le guide qu'il publie chaque année a valeur de bible, dans le milieu. En Bourgogne, l'exploitation familiale est en difficulté et Charlie est contraint d'y revenir. 
Retourner au domaine familial, c'est affronter le passé et aussi son père, un misanthrope qui n'aspire qu'à partir vers d'autres horizons.
Qu'à cela ne tienne, pour sauver le domaine, Charlie a de nouvelles idées et, envers et contre tous, ira jusqu'au bout.

Ne cherchez pas à être surpris, si vous entreprenez le visionnage de "Premiers crus". De la psychologie des personnages aux décors, en passant par l'intrigue, l'ensemble du film est extrêmement calibré, comme s'il s'agissait de répondre au cahier des charges de quelque Appellation d'Origine Contrôlée. Les hommes y sont fiers et durs à la tâche, les femmes y sont fières et superbes, la terre y est dure, mais sait offrir ses trésors à qui lui offre sa sueur et son cœur. Bref, tout cela est très prévisible et, n'eût été le charme des décors et des acteurs, on tournerait vite la bride pour aller voir ailleurs.

Le cadre dans lequel "Premiers crus" se déroule est superbe (même sous la pluie) et on se prend régulièrement à des envies d'aller visiter la Bourgogne, tant Jérôme Lemaire la met en valeur. Après "Requiem pour une tueuse", le réalisateur change de registre, quittant le thriller pour la saga familiale, tout en s'appliquant à livrer un film à l'esthétique léchée, faute d'avoir une intrigue surprenante. 

Les acteurs qui jouent la partition très balisée de "Premiers crus" font le minimum syndical, ni plus ni moins. De Gérard Lanvin (qui vaut tellement mieux que ces rôles d'ours qu'il semble attirer ces dernières années) à Jalil Lespert, en passant par Alice Taglioni et Laura Smet, c'est une prestation sans éclat que livrent les comédiens, comme s'il s'agissait pour eux de répondre à ce fichu cahier des charges, sans dépasser les lignes. Un peu d'audace n'aurait pas nui : à l'instar de l'intrigue, on a l'impression de regarder une vitrine, où le moindre élément est savamment disposé et mis en valeur.

Avec sa distribution "haut de gamme", ses intrigues familiales, son décor régionalisant et surtout son empilement de clichés, "Premiers crus" a tout de la saga de l'été sur quelque chaîne télévisée. Cela n'en fait pas un film mémorable, loin de là.


2 commentaires:

  1. Franchement, cela fait très longtemps que je trouve le jeu de Gérard Lanvin assez mauvais. Je me demande d'ailleurs s'il a été un jour meilleur ?

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    1. J'avoue une certaine sympathie pour cet acteur...mais c'est parce que certains de ses films parlent à mes jeunes années ("Le prix du danger", "Mes meilleurs copains", pour n'en citer que deux) et que la nostalgie joue sans doute son petit effet...

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