Je ne suis pas persuadé qu'une affiche énumérant les critiques dithyrambiques suffise à assurer le succès d'un film. Dans le cas de "Sing Street", film musical irlandais sorti l'an dernier, l'affiche en question débordait presque des louanges faites à ce film. Hélas, ce sont moins de 100 000 spectateurs qui se déplacèrent pour aller voir et écouter l'histoire de ce petit groupe de rock, dans les années 1980, à Dublin. Pour le coup, la promotion pourrait être qualifiée de mauvais calcul. Était-ce pour autant mérité ?


Elle n'est pas facile pour Conor, la vie, en ce moment. Ses parents sont sur le point de se séparer et il doit incorporer un nouveau lycée, où il doit affronter l'autorité des pères religieux et la violence de ses camarades de classe.
Pour séduire Raphina, une étrange fille, de l'autre côté de la rue, il s'invente membre d'un groupe de rock. Il ne lui reste plus qu'à monter ce groupe... Et si la musique était la solution à tous ses problèmes ?Comédie sociale et musicale, "Sing Street" est avant tout un film irlandais et, sans afficher cette étiquette ostensiblement, porte une identité marquée. Loin des clichés qui auraient pu lui être fatals et se démarquant de son parent proche, la comédie sociale britannique, ce film attachant a beaucoup du feelgood movie (on en sort regonflé à bloc) sans pour autant sombrer dans la mièvrerie. John Carney, dont c'est ici le huitième film (il va falloir que je m'intéresse à ses autres réalisations) impose sa touche, humaine et humaniste.
Les acteurs qui portent "Sing Street", pour la plupart inconnus et/ou débutants (hormis Aidan Gillen, le Littlefinger de "Games of Thrones") sont tous épatants. Avec ses faux-airs de Harry Potter perdu dans le monde réel, et découvrant la magie de la musique, Ferdia Walsh-Peelo, dont c'est le premier rôle, réussit à embarquer le spectateur dans son aventure, avec un talent remarquable. Autour de lui, les jeunes interprètes font montre d'une sincérité et d'un enthousiasme touchant et dont certains acteurs reconnus feraient bien de s'inspirer.
La bande originale, cela s'imposait, est tout à fait remarquable : les hits des années 80 (vous savez, la décennie tant décriée, qui finalement revient dans les bonnes grâces de ceux qui la vécurent) sont judicieusement choisis et habilement utilisés. Mais, cerise sur le gâteau, les morceaux composés pour le film sont d'une grande qualité et portent une énergie salvatrice.
Feel-good movie puissant parce qu'il pose ses racines dans les fêlures de ses protagonistes et de leur environnement, "Sing Street" aurait mérité une audience plus large. Avec sa bande originale remarquable et ses personnages profondément touchants, ce film vaut largement qu'on s'y attarde.
Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, dans la catégorie "Un feelgood movie"
Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, dans la catégorie "Un feelgood movie"




