jeudi 12 décembre 2019

Tout de suite maintenant (2015)

  

Le cinéaste Pascale Bonitzer a déjà fait l'objet d'un billet dans ce blog, avec "Cherchez Horthense", film très parisien, qui m'avait laissé perplexe. Arborant également une affiche dessinée par Floc'h (fidèle au réalisateur), "Tout de suite maintenant", qui mettait en vedette Agathe Bonitzer, sa fille, a été l'occasion d'une deuxième tentative de ma part : allais-je ou non adhérer au propos de Pascal Bonitzer ? Allais-je rencontrer son univers ? Le peu de succès public de ce film était-il mérité ? Ou, à en croire les critiques, en majorité positives, les spectateurs étaient-ils passés à côté d'une belle rencontre cinématographique ?


Nouvellement embauchée dans la finance, Nora fait ses premières armes en découvrant que son patron et son père se sont connus, quand ils étaient jeunes. De plus, elle doit subir la concurrence que lui opposent ses jeunes collègues, avides de réussite et de profits. Entre apprentissage professionnel, parcours de vie et découvertes de secrets familiaux, Nora, avec la complicité de sa sœur Maya, va devoir apprendre à s'accomplir.

A l'instar de celui de "Cherchez Horthense", le scénario de "Tout de suite maintenant" met en scène une certaine frange de la population, bien éloignée de celle mise en avant dans le cinéma dit social. Les protagonistes de Pascal Bonitzer, bien qu'à l'abri du besoin, ont des tourments dont on pourrait penser qu'ils sont risibles et, surtout, qu'il n'y a pas de quoi en faire un film. Cela dit, pourquoi pas ? Évoquer les problèmes rencontrés par ces premiers de cordée peut être un moyen de dire quelque chose, d'évoquer leur part d'humanité, voire tout simplement de raconter une histoire. Le tout est de surtout ne pas se montrer élitiste et de faire en sorte d'attirer un minimum de sympathie. 

Alors, oui, les personnages de "Tout de suite maintenant" ne sont pas en proie aux fins de mois difficiles, c'est le moins que l'on puisse dire. Néanmoins, la vie n'est pas pour eux un jardin de roses et les tourments les accablent, comme tout un chacun. Du moins, c'est ce que voudrait faire croire ce film. Parce que c'est là que le bât blesse : aucun des personnages de "Tout de suite maintenant" n'est sympathique ni attachant : c'est sans doute cela qui fait que, très tôt, on se désintéresse de ce qui peut leur arriver. Englués dans leurs tourments artificiels, les protagonistes de ce film ne font rien pour se sortir de l'ornière, ni pour titiller l'empathie du spectateur. Ce dernier restant en retrait, il a tôt fait de se moquer comme d'une guigne des problèmes de petite fille riche qui taraudent Nora. 

Servi par un casting à très fort potentiel, le film n'est cependant pas l'occasion pour les comédiens de tirer leur épingle du jeu. Agathe Bonitzer, dans le rôle principal, passe le plus clair de son temps à faire la tête (décidément !), partageant l'ennui du spectateur. Et même les courts passages d'acteurs plus chevronnés ne suffit pas à faire jaillir l'étincelle : "Tout de suite maintenant" déroule tant bien que mal son fil (doré) sans susciter l'intérêt (le mien, en tout cas). Il semblerait donc que le cinéma de Pascal Bonitzer ne soit pas fait pour moi.




samedi 7 décembre 2019

Roxane (2019)




S'il est avéré que la comédie sociale a écrit ses lettres de noblesse de l'autre côté de la Manche, force est de reconnaître que le cinéma hexagonal se permet quelques tentatives, pas toujours couronnées de succès. En s'emparant de thèmes d'actualité, comme les grandes difficultés que rencontrent nombre d'agriculteurs, quelques films ont fait parler d'eux (et parfois de la cause dont ils s'emparaient). De "Petit paysan" à "Un village presque parfait", il semblerait donc que le cinéma français tienne un filon, sans toujours savoir comment l'exploiter. Le cas de "Roxane" est assez représentatif : avec un casting qu'on aurait pu croire gagnant et un sujet en phase avec son époque, ce film n'a pourtant pas séduit le public.

Raymond, éleveur de poules pondeuses, a un secret : chaque jour, il lit à ses poules, dont Roxane, qui le suit partout, des pièces de théâtre. Quand la coopérative qui le nourrit décide de rompre leur contrat pour se tourner vers un gros producteur, Raymond et ses confrères sont en plein désarroi. Alors que certains renoncent, Raymond, accompagné de la fidèle Roxane, décide de faire le buzz, comme on dit. Qui ne tente rien n'a rien et, sous le regard effaré de son entourage, l'éleveur choisit de s'exposer.


En greffant un problème social bien réel (hélas !) avec un moyen inattendu de s'accomplir (souvenez-vous des strip-teaseurs de "The full monty", par exemple), la comédie sociale a souvent fait mouche, sans cependant changer les choses. La recette est ici sagement appliquée au malaise agricole et la réalisatrice, Mélanie Auffret, choisit la voie du feel-good movie pour "Roxane", pour son premier film. On sourit donc parfois, même si le drame pointe de temps en temps le bout de son nez, sans cependant avoir le temps de plomber l'ambiance.

Film léger, "Roxane" tourne parfois un peu en rond et bégaie ses arguments, perdant du coup de son impact. C'est dommage, car il y avait matière à nourrir un long métrage plus épais, si vous voulez mon avis. Servi par des comédiens convaincants, mais n'ayant pas suffisamment de substance pour nourrir leurs personnages, "Roxane" offre à Guillaume de Tonquedec un rôle qui aurait pu être grand, tout en oubliant parfois celles et ceux qui sont derrière. On ne peut néanmoins pas lui jeter la pierre, tant il suscite l'empathie : on aime cette campagne-là et on a envie d'aimer ce film, malgré tous ses défauts. 

Pas tout à fait réussi, mais pas complètement raté non plus, "Roxane" acquiert, dès le début, un capital-sympathie qu'il ne perd jamais. En utilisant sagement les codes du genre, il réussit sa mission, sans cependant se faire remarquer. C'est déjà ça de pris.



lundi 2 décembre 2019

The man from Earth (2007)



Les idées les plus simples sont parfois les plus riches. Reste ensuite à savoir les exploiter, les "vendre", comme on dit. Cette deuxième étape est souvent la plus compliquée et la moins réussie. Le film "Man from Earth", inspiré d'un roman de Jerome Bixby, romancier de science-fiction, pianiste et peintre (entre autres), est passé sous le radar de nombre de spectateurs. Malgré quelques prix (notamment au festival de Rhode Island), il attendit quatre ans avant de sortir en France, uniquement sur le marché de la vidéo. 


Parce qu'il a décidé de quitter le lycée où il enseigne depuis dix ans, les collègues et amis de John se rendent chez lui, surpris par ce choix brutal. Regroupés dans son salon, ils vont apprendre de sa bouche l'incroyable vérité : John est âgé de 14 000 ans et il est temps pour lui, qui ne vieillit pas, de partir avant d'attirer la méfiance. Alors qu'il fait le récit de sa vie, John provoque un débat passionné. Dit-il vrai ou est-il un mythomane ? 

Comme vous avez pu le lire, le pitch de base de "The man from Earth", qui donna lieu à une suite ("The man from Earth : Holocene", sorti uniquement en téléchargement) est redoutablement simple et aurait pu donner lieu à un film à gros budget, avec un traitement spectaculaire. C'est à l'extrême opposé du spectre que se situe le film de Richard Schenkman Avec un budget sans doute équivalent à une journée de tournage du premier blockbuster venu, "The man from earth" se concentre sur ses personnages et sur le débat qu'ils ont suite à la révélation du héros. L'idée de base, terriblement gonflée, ne donne donc lieu qu'à des paroles et on se prend souvent à ne voir en ce film qu'une pièce de théâtre.

Le pitch est simple et pourrait être efficace. Cependant, la réalisation, dont on pourrait croire qu'elle a été pensée pour le petit écran, ainsi que l'interprétation, dépourvue de chaleur, pêche en défaveur du film. Dans le décor dépouillé (pour cause de déménagement), c'est surtout la frilosité qui s'installe et on peine à s'intéresser à ses beaux esprits qui essaient de comprendre si, oui ou non, leur ami est ce qu'il prétend être. Ajoutons à cela une version française assez médiocre et le tableau sera complet : "The man from Earth", partant d'une promesse potentiellement riche, a nombre de handicaps qui l'empêchent de la tenir.  

On notera également quelques jolis trous dans la raquette. Le plus visible fragilise l'ensemble de l'édifice : si John préfère partir, c'est pour garder son secret intact (ce qu'il réussit après tant d'années), mais ce ballot choisit de tout déballer à ses amis, ce soir-là. J'avoue me gratter encore la tête quant aux motivations de ce drôle de héros.

Si l'on voit "The man from the earth" comme un petit film aux grandes ambitions, on peut se satisfaire du résultat. Mais, si l'on pose quelques exigences, on descend vite du train en marche, pour laisser tout ce petit monde pérorer dans son coin. Chacun son choix.


mercredi 27 novembre 2019

Celle que vous croyez (2018)




Il est difficile de catégoriser certains films : ainsi, nombre de longs métrages sont étiquetés "comédie dramatiques", ce qui, vous en conviendrez, ne veut pas dire grand chose. Le film "Celle que vous croyez" était catalogué dans ce registre et je ne savais guère à quoi m'attendre en le visionnant. La présence au casting de Juliette Binoche et de François Civil pouvait suffire à éveiller l'intérêt de nombreux cinéphiles, cela dit. Ne sachant cependant si j'allais rire ou pleurer, c'est à ce film qui fut bien peu visible que je consacre un article. Malgré une sélection à la Berlinale, "Celle que vous croyez" n'eut que peu de succès dans les salles.

Quinquagénaire divorcée, professeure de littérature, Claire décide un jour de créer un faux profil sur un célèbre réseau social. Alors qu'elle voulait au départ espionner son ex-amant, et sous l'identité de Clara, superbe jeune femme sortie de son imagination, elle va séduire Alex, un jeune photographe, et être séduite par lui. Mais, tôt ou tard, le virtuel ne suffit plus et Claire va devoir affronter les conséquences de ce qui était, initialement, un petit mensonge.


Adapté du roman homonyme de Camille Laurens, "Celle que vous croyez", réalisé par Say Nebbou, déjà remarqué pour "Dans les forêts de Sibérie" n'est pas une comédie, que cela soit clair une fois pour toutes. La spirale dans laquelle Claire s'engage prête plus à l'inquiétude qu'au rire. Se prenant au jeu en même temps qu'elle se prend au piège, l'héroïne de "Celle que vous croyez", remarquablement interprétée par Juliette Binoche, est à la fois coupable et victime et, si elle est de tous les plans ou presque, la réalisation n'en fait par pour autant l'unique objet du film. C'est plutôt une belle surprise que ce film, qui évoque les dangers du virtuel en même temps que l'importance de l'âge et la difficulté d'aimer, tout en conservant une vraie dose de suspense.

C'est bien d'un thriller romantique qu'il s'agit là, qui joue habilement de son époque et met en avant ses personnages, ancrés dans leur époque, la nôtre. Réaliste en même temps que surprenant, "Celle que vous croyez" réussit presque son coup, puisque seule sa dernière partie pêche un peu. Servis par une mise en scène efficace, qui évite d'être tapageuse, les acteurs incarnent avec conviction ces deux égarés, s'aimant sans se connaître. Si François Civil confirme tout le bien qu'on pouvait déjà penser de son talent et laisse augurer du meilleur pour la suite de sa carrière, Juliette Binoche, inattendue dans pareil rôle, est parfaite en assumant son âge et son statut. Derrière eux, on remarquera les jolies prestations de Guillaume Gouix et de Nicole Garcia, en psychiatre attentionnée.

Malgré une conclusion pas forcément à la hauteur, "Celle que vous croyez" est une belle tentative de thriller, abordant des thèmes d'actualité et les traitant plutôt habilement. Filmé avec talent et interprété par des acteurs impeccables, ce film français aurait mérité mieux lors de sa sortie en salles. Il n'est peut-être pas trop tard pour lui donner une deuxième chance.


vendredi 22 novembre 2019

Permis de mariage (2007)

Un acteur ne meurt jamais tout à fait. Quand il quitte ce monde, il laisse derrière lui tous les personnages qu'il a incarné et la possibilité de passer à nouveau un moment en compagnie de son talent. Robin Williams, trop tôt disparu, manque à nombre de cinéphiles. Voir ou revoir certains de ses films est parfois salutaire. Le méconnu "Permis de mariage", où il exerçait ses talents comiques dans le rôle d'un prêtre un peu particulier, fut récemment l'occasion pour moi de retrouver ce grand acteur. Ce film faisait-il honneur à Robin Williams ?

Ben et Sadie s'aiment et souhaitent se marier. Afin de préparer au mieux ce grand saut dans l'inconnu, Sadie choisit de suivre les cours de préparation du Révérend Frank. Les deux tourtereaux n'ont plus que trois semaines pour prouver à ce prêtre hors du commun que leur couple est fait pour durer et que leur engagement est sérieux. Mais cette préparation est constituée d'épreuves surprenants préparées par le Révérend. Obtiendront-ils leur permis de mariage ?

Je vous rassure tout de suite : puisqu'on est dans la comédie romantique, genre extrêmement codifié, l'issue de l'intrigue ne fait guère de doutes. Ce qui peut présenter un intérêt, dans ce registre, c'est le chemin qu'emprunte le film pour atteindre son objectif. Dans le cas de "Permis de mariage", on a affaire à un pitch de base plutôt amusant, quoique peu réaliste, qui présente un vrai potentiel comique, fait de décalages et d'inattendu. Seulement, pareil potentiel n'est pas infini et, à force de tirer sur la corde, il se pourrait qu'elle casse : c'est malheureusement ce qui se produit assez rapidement avec "Permis de mariage" qui, à force d'exagération, finit par lasser et agacer le spectateur. Malgré un dernier quart d'heure qui rentre sagement dans le rang (devant bien respecter le cahier des charges de la romcom), ce film de Ken Kwapis (déjà épinglé dans ces colonnes pour "Randonneurs amateurs") ne tient que grâce à ses interprètes. 

Si le duo vedette est interprété sans faille par la charmante Mandy Moore et John Krasinski ("The Office"), c'est évidemment la prestation de Robin Williams qui est le plus grand atout (si ce n'est le seul) de "Permis de mariage". Dans le rôle du Révérend Frank, avec sa façon bien à lui de tester les apprentis mariés, l'acteur se fait plaisir et magnétise les scènes où il apparaît, quand il n'est pas parasité par son jeune acolyte. Ce personnage, incarné par le jeune Josh Flitter, est sans doute le plus agaçant du casting, en plus de ne servir à rien dans le scénario. 
retrouve Kwapis, qui le dirigea sur "

Vous l'aurez compris, "Permis de mariage" est une comédie romantique louchant fort du côté du versant comique de son ascendance, mais ne parvenant pas à faire rire, sauf lors de quelques scènes où brille le regretté Robin Williams. C'est probablement un des films les plus oubliables de sa carrière et ce doit être réservé à ceux qui cherchent à tout prix à revoir leur acteur chéri, quitte à visionner certains films qui n'en méritaient pas tant.





dimanche 17 novembre 2019

Quand on crie au loup (2019)




L'histoire de l'enfant qui criait au loup est un joli conte et, à lire le titre du deuxième film de Marilou Berry (après "Joséphine s'arrondit"), on pouvait espérer une bonne surprise. En voyant l'affiche du film, il y avait, certes, de quoi être refroidi, tant s'annonçait une comédie familiale pas forcément finaude. Mais, n'écoutant que mon devoir et continuant de croire que, tel l'habit ne faisant pas le moine, l'affiche pouvait cacher un chouette film, j'ai visionné pour vous "Quand on crie au loup" (qui, avec 35 000 entrées, avait pris une sévère déculottée lors de sa sortie).


Victor vit avec son grand-père, gardien d'immeuble, depuis la mort de ses parents, et a l'imagination fertile. Plus d'une fois, les pompiers ou les policiers se sont déplacés parce qu'il était persuadé d'avoir vu un voleur ou un début d'incendie. Mais, à force de crier au loup, plus personne ne le croit et, quand de vrais braqueurs se réfugient dans l'immeuble, il est seul pour les affronter. 


Se référant, pour ses influences, aux classiques que sont devenus des films comme "Les Goonies", "ET" ou "Big" (oui, carrément), Marilou Berry louche plutôt du côté de "Maman j'ai raté l'avion". Comptant sans doute capitaliser sur le retour en grâce des eighties (qui, si vous voulez mon avis, n'étaient pas si glorieuses que cela et sont enjolivées par le vernis nostalgique), la réalisatrice choisit donc de cibler un jeune public. Les adultes de l'histoire sont souvent idiots et ne représentent pas de vraies menaces pour les jeunes héros qui sont, eux, rusés et débrouillards. Alors que le cadre familial du héros (pour ne citer qu'un exemple) autorisait un traitement digne de ce nom, aucune vraie gravité ne s'installe jamais. Du coup, on peine à croire aux aventures de Victor, aux prises avec un gang de bras cassés (dont on se demande comment ils ont réussi un braquage).

Ce n'est pas parce qu'un film se destine à un jeune public qu'il doit être idiot. Il ne faut pas prendre les enfants pour des imbéciles, pour le dire autrement. Avec "Quand on crie au loup" et son cortège de personnages auxquels on peine à croire et pour lesquels il est difficile d'avoir de la sympathie, Marilou Berry rate son coup, là où (presque) n'importe quel film de l'époque évoquée réussissait son tour. 

Les quelques instants touchants de "Quand on crie au loup" sont, hélas, torpillés par un scénario au ras des pâquerettes et un traitement bâclé. Ce n'est hélas pas l'interprétation qui sauve le film, tant les acteurs sont prisonniers de leurs personnages, caricaturaux et antipathiques. 

Il existe quantité d'autres comédies dites "familiales", des années 80 et d'autres décennies, plus réussies et méritant le (re)visionnage. "Quand on crie au loup" n'a pas fait forte impression lors de sa sortie et sera vite oublié : c'est tout ce qu'il mérite, hélas. 


mardi 12 novembre 2019

Père Fils Thérapie (2016)


Oh, un remake, un de plus ! Dans cette catégorie, qui me fait régulièrement pester, "Père Fils Thérapie" a un signe particulier : celui qui réalisa son remake, Emile Gaudreault, était déjà aux commandes de l'original, le film québecois "De père en flic", plusieurs fois récompensé dans son pays d'origine (ce qui explique probablement la mise en oeuvre du dit remake). Cela dit, la réussite (publique) de l'original ne fut pas contagieuse, puis que "Père Fils Thérapie" passa sous les radars des spectateurs. 

Flic de choc et d'élite, Jacques Laroche ne s'entend pas avec son fils Marc. Alors que l'un de ses collègues est retenu en otage par un parrain mafieux, Jacques et Marc intègrent un stage de réconciliation entre père et fils, auquel participent aussi l'avocat du dit parrain et son rejeton, entre lesquels ça ne va pas très fort non plus. 
En gagnant la confiance de l'avocat, les policiers espèrent sauver leur collègue...et réparer leur relation père-fils. 

En matière de mise en place de son intrigue (ou, si vous préférez, de prétexte à la situation comique), "Thérapie Père-Fils" se montre laborieux, comme vous avez pu le deviner dans le pitch que je viens de vous faire. Il y avait sans doute plus simple et moins consommateur de temps et d'énergie. Arrivés au fameux stage, les protagonistes peuvent enfin apprendre à se connaître et à s'apprécier, jusqu'à la conclusion sans surprise aucune. 

La situation de base, laborieusement exposée, et utilisant un contexte de thriller, est vite laissée de côté pour céder le pas aux relations entre pères et fils. A coups de situations incongrues et de répliques qui font parfois mouche, la comédie déroule alors son fil, tant bien que mal. Mais, si le matériau de base était sans doute viable (j'avoue n'avoir pas vu le film original), "Père Fils thérapie" donne l'impression d'un objet bancal, qui ne fonctionne que rarement. 
Souffrant dès le début d'un déséquilibre entre ses personnages (puisqu'il consacre de longues scènes au duo Richard Berry - Waly Dia), le film ne se redresse jamais complètement, faute d'un traitement équitable entre ses protagonistes et entre les thèmes qu'il exploite. 

On aurait pu espérer que le film soit sauvé par ses interprètes, mais là aussi, c'est le déséquilibre qui est flagrant : Richard Berry, surjouant, n'est jamais drôle, tandis qu'on est souvent gêné pour Jacques Gamblin, embarqué dans une galère qu'il ne méritait pas. C'est du côté de la jeune génération (Waly Dia en tête) que vient la seule note de fraîcheur du film, à coups de dialogues piquants, mais insuffisants à relever l'ensemble. 

Poussif, rarement drôle, "Père-Fils Thérapie" est une comédie laborieuse, singeant maladroitement des modèles pas forcément recommandables venus d'outre-Atlantique. Encore un remake pour rien.