lundi 19 novembre 2012

Echange standard (2011)


Depuis quelques années, la comédie américaine a pris un tournant assez étonnant. Sous l'influence de certains scénaristes (pour beaucoup issus de l'école de la télévision) comme Judd Apatow, elle a voulu aborder des thèmes plus graves, mais en utilisant des moyens particulièrement au ras des pâquerettes. Dans cette mouvance, certains films ont connu un réel succès (justifié ou non), qu'il soit critique ou public (ou les deux). On citera, dans ce nombre, "40 ans, toujours puceau", "En cloque mode d'emploi" ou "Funny people". D'autres longs métrages sont allés droit dans le mur. "Echange standard", sorti l'an dernier, fait partie de ce lot.

Depuis qu'ils sont enfants, Mitch et Dave sont amis. Mais leurs vies respectives ont suivi un chemin très différent. Dave est devenu un avocat brillant, est un bon mari et un père aimant, tandis que Mitch est devenu un acteur de seconde zone, irresponsable et célibataire. Mais, au fond, chacun envie la vie de l'autre. Après une soirée particulièrement arrosée, ils vont s'éveiller dans la peau de l'autre. De surprises en déconvenues, il va leur falloir apprendre à vivre une autre vie.

Sur le papier, le pitch peut séduire. Après tout, une comédie mâtinée d'un brin de fantastique peut donner de brillants résultats (je songe notamment à "Un jour sans fin" qui bouclait l'exercice avec le brio que l'on sait). Mais, dans le cas de cet "Echange standard", force est de reconnaître (et ce, dès le début du film) que la tentative est vouée à l'échec. 

Il y a plusieurs raisons à ce constat. La première, majeure (tout au moins à mes yeux) est le ton employé. "Echange standard" vole bas, très bas, même et multiplie les gags sous la ceinture. La scène où Dave, devenu Mitch doit tourner une scène de film pornographique, en est l'exemple même : on a droit à cette occasion à quantité de détails (uniquement verbaux, je vous rassure) censés faire rire, mais n'engendrant finalement que la gêne. En voulant exploiter le ton potache qui fait le succès du surestimé (à mon goût, une fois encore) Apatow, le réalisateur David Dobkin (révélé au grand public avec le très épais "Serial Noceurs") englue très vite son film dans un registre que seules les pires séries Z de Max Pecas ont osé exploiter (pour leur trouver un équivalent dans le cinéma hexagonal). 

Une autre raison au ratage de ce film réside dans l'interprétation. L'idée de base du scénario imposait aux deux interprètes principaux, Jason Bateman et Ryan Reynolds, de briller particulièrement, afin de nous faire adhérer à cette histoire d'échange entre leurs existences respectives.
Il n'en est rien, hélas. 
Fade du début à la fin, Ryan Reynolds traverse le film avec l'impassibilité d'un meuble, tandis que Jason Bateman en fait des tonnes, jouant à la fois sur l'agitation physique et la triviliaté du langage. Ni l'un ni l'autre ne sont particulièrement bons, au final. Si l'on ajoute à cela une version française médiocre, la catastrophe est totale. Face aux deux rôles principaux, les interprètes féminines, Leslie Mann et Olivia Wilde semblent être réduites au rôle de faire-valoir esthétique.

Englué dès les premières minutes dans une ornière boueuse, "Echange standard" ne parvient à aucun moment à reprendre la route de la réussite. Son échec sans appel fut mérité, inutile de lui offrir une séance de rattrappage. 


2 commentaires:

  1. M'avait l'air de faire tâche et de trop renifler vers Judd Apatow sans atteindre le génie.

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    1. Absolument. Ce film fait tache : ne touchez pas, c'est sale ;-)

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