vendredi 27 décembre 2013

Margin Call (2011)



Avant de réaliser "All is lost" (qui est sur les écrans actuellement et met en vedette le grand Robert Redford), J. C. Chandor a marqué les esprits avec son premier film, "Margin Call". Malgré un casting prestigieux (j'y reviendrai plus tard), ce long métrage n'a néanmoins pas déplacé les foules lors de sa sortie (confidentielle) dans les salles. Sans pouvoir être qualifié d'échec commercial, au vu de son budget plutôt modeste, "Margin Call" a sans doute quelque peu déçu ses producteurs par son peu d'audience. 

Le film nous plonge en 2008, sur une période de 24 heures, au cœur d'une grande banque américaine, en pleine restructuration, comme on dit pudiquement. Alors que des employés sont licenciés sans ménagement, un jeune trader fait, sur une clé USB que lui a remis un cadre lui aussi limogé, une terrifiante découverte. En effet, la banque possède ce que l'on appelle des actifs toxiques, en proportions telles que la survie du groupe en est compromise. En faisant part à ses supérieurs, le jeune homme va découvrir ce dont est capable son entreprise pour assurer sa survie, même si les conséquences, comme on le sait maintenant, peuvent ébranler tout le système.

Toute ressemblance avec des faits ayant existé n'est bien entendu pas fortuite. Le réalisateur JC. Chandor, fasciné par le complexe mécanisme de la finance et son pouvoir qui dépasse celui des états, a choisi, pour tourner "Margin Call", un ton résolument réaliste, évitant le terrible écueil du docu-fiction, sans pour autant romancer son sujet. Pendant toute la durée du long-métrage, le spectateur assiste aux prémices de la crise qui s'annonce, captivé par ce qui est décrit sous ses yeux. Remarquablement filmé, "Margin Call" est plus instructif que bien des documentaires : que ceux à qui les rouages des opérations financières échappent se précipitent sur ce film !
L'autre atout de cette oeuvre est sa distribution. Doté d'un casting à faire pâlir d'envie n'importe quel producteur, "Margin Call" est riche de la prestation de ses acteurs, tous impeccables, de Kevin Spacey à Demi Moore, en passant par Zachary Quinto (également producteur), Jeremy Irons ou Stanley Tucci (qui mérite, une fois de plus, une mention spéciale). Sans sombrer dans le cabotinage, comme on aurait pu le craindre, tous remplissent leur contrat sans faille.

Doté de séquences-chocs (je pense notamment à la scène de l'ascenseur, où deux des "décideurs" côtoient une femme de ménage sans se rendre compte de sa présence), "Margin Call" est un film qui laisse, en plus d'un goût amer dans la bouche, la trace que seuls quelques grands films peuvent imprimer.

Lorsqu'arrive le générique de fin, on peut reprendre son souffle et mesurer l'étendue du talent du réalisateur. Certes, comme je le signalais en préambule, "Margin Call" ne fut pas un échec commercial ou critique, mais il fait partie de ces films qui auraient mérité d'être vu par plus de spectateurs, tant il est pédagogique et dénué de parti pris. Efficace comme un documentaire, mais doté de l'âme d'un film (ou l'inverse), "Margin Call" mérite amplement une plus large diffusion.


4 commentaires:

  1. Un petit chef d'oeuvre ce film. Tellement mieux que Wall Street...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Absolument : un film indispensable sur ce thème. Merci de ta fidélité à ce blog.

      Supprimer
  2. Absolument d'accord avec vous deux ! De la haute voltige, et tellement vraie en plus !
    (je n'arrivais plus à mettre de commentaires sur ton blog depuis des semaines, ça y est ça remarche !)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai l'impression que ce film fait une belle unanimité et m'en réjouis.
      Merci de ta fidélité à ce blog. Pour ce qui est des commentaires, j'ai mis les mains dans le "cambouis" : vous allez pouvoir commenter à votre guise, les ami(e)s !

      Supprimer