lundi 30 septembre 2013

Dépression et des potes (2012)


Genre à part entière, le film choral réunit en général une bande d'amis qu'elle soumet à une ou plusieurs épreuves que le groupe traverse avant d'en ressortir renforcé (quand le film se veut drôle) ou dévasté (quand on est dans le domaine du drame). Dans ce registre du cinéma, quelques oeuvres font office de classiques auprès des amateurs : je citerais, par exemple "Mes meilleurs copains" ou "Peter's friends". Dans ces odes à l'amitié, les comédiens sont souvent mis à l'honneur, puisqu'ils incarnent l'essence même du film. "Dépression et des potes", récente comédie dont la promotion fut essentiellement axée sur la présence de Fred Testot dans le rôle principal, n'a pas reçu le succès que ses producteurs espéraient (après le bel accueil public de "L'amour, c'est mieux à deux", qu'ils avaient produit). Fut-ce bien mérité ?


Pendant des vacances de rêves à l'île Maurice, Franck se rend compte qu'il n'est pas heureux. Pourtant, sa petite amie brésilienne est charmante, son métier devrait le passionner, sa vie est comblée. Lors d'une visite médicale, le diagnostic est sans appel : Franck est en pleine dépression. C'est le moment ou jamais de faire appel à ses amis, même s'il ne les a pas vus depuis plusieurs mois. Tout ce petit monde va tenter d'aider Franck, avant de se rendre compte qu'eux tous sont aussi au fond du trou. 

Aux commandes de "Dépression et des potes" (qui pourrait sans doute postuler au César du plus mauvais titre), on retrouve une bonne partie de l'équipe de "L'amour c'est mieux à deux". Si Arnaud Lemort est seul en charge de la réalisation, Dominique Farrugia, l'ex-Nul, continue de produire, tandis qu'une partie du casting est de retour : Jonathan Lambert ou Laurence Arné sont, en effet, de la partie. La tonalité générale du film est, elle aussi, proche de celle de "L'amour c'est mieux à deux" : les vannes fusent et constituent l'essentiel des ressorts comiques du film. En effet, il faut bien reconnaître que la réalisation n'a rien d'exceptionnel et que le scénario ne réserve que peu de surprises, même si ce n'est pas ce que l'on vient chercher dans un long métrage de ce genre.  

Dans son style, "Dépression et des potes" remplit étonnamment bien son contrat. La raison en est simple : le rythme assuré par le scénario et, avant tout, l'énergie et l'humour communicatif de ses interprètes. Se glissant avec un plaisir évident dans la peau de cette bande de potes qui ne vont pas si bien que cela, le quatuor de tête est à saluer bien bas. Fred Testot, par exemple, est bien loin des caricatures qu'il livra pendant des années au SAV de Canal+. A ses côtés, Jonathan Lambert évite lui aussi d'être outrancier et cela lui réussit particulièrement. Arié Elmaleh (revu récemment dans "Les gamins") prouve, pour sa part, et s'il en était besoin, qu'il est bien meilleur comédien que son frère Gad. Enfin, le quatrième de la bande, Ary Abittan, issu également du one-man-show, est surprenant dans le rôle du beau gosse de la troupe. Dans des rôles plus secondaires, mais néanmoins vitaux, les filles de la bande sont, elles aussi, remarquables. 

Ce film n'est sans doute pas une oeuvre majeure ou inoubliable et ne guérira sans doute personne de la dépression, la vraie. Mais le fait est qu'à son visionnage, on sourit souvent et on rit parfois. En ces temps de disette, les amateurs de comédie ne peuvent que s'en réjouir. 


2 commentaires:

  1. M'ouais... ça ne me tente guère ! En plus, pour avoir connu la dépression, je déteste en général tout rendu cinématographique, toujours à côté de la plaque !

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    1. Il est clair que ça n'a rien de très sérieux comme approche, mais on rit de temps à autre et, comme disait l'autre "Le rire toujours apaise et souvent guérit"...

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