mercredi 14 décembre 2016

L'amour est un crime parfait (2014)



Les romans de Jean-Philippe Djian ont déjà plusieurs fois donné lieu à des adaptations cinématographiques. On pense, bien entendu, au célèbre "37°2 le matin", moins à "Bleu comme l'enfer" d'Yves Boisset ou au récent "Elle" de Paul Verhoeven. Son roman "Incidences" a été adapté par les frères Larrieu (repérés avec "Peindre ou faire l'amour") sous le titre "L'amour est un crime parfait". Ce film avait reçu des critiques mitigées et un accueil public plutôt froid, malgré un joli casting. Méritait-il mieux ?

Professeur de littérature dans la très moderne Université de Lausanne, Marc est ce qu'on appelle un Don Juan et fait des ravages parmi ses étudiantes. Après avoir passé la nuit avec l'une de ses élèves, Barbara, c'est aux côtés de son corps sans vie qu'il se réveille. 
Que s'est-il vraiment passé ? Quel rôle a tenu Marianne, la sœur de Marc, qui entretient une relation fusionnelle avec lui ? Et que cherche vraiment Anna, la belle-mère de Barbara ? Et, au fond, qui est vraiment Marc ?


Avec un pitch pareil, on comprend que certains critiques aient parlé de thriller hitchcockien. C'est cependant sans compter avec le malaise qui planait tout au long des pages du roman de Djian. Pour donner à leur film un ton étonnant, qui peut désarçonner. En utilisant le décor (la présence de la neige, l'architecture), le comportement des personnages, leur rapport aux autres, Jean-Marie et Arnaud Larrieu s'approprient l'oeuvre pour livrer un film étrange, mais finalement bancal. 

Étrange, parce qu'il oscille entre plusieurs genres, du polar au drame psychologique en louchant parfois sur la comédie, parce qu'il ne rend aucun de ses personnages sympathiques et qu'on n'arrive pas à éprouver grand chose pour eux. Bancal, parce qu'à jouer sur plusieurs tableaux, "L'amour est un crime parfait" échoue sur tous. 

Certes, le malaise s'installe, par le comportement des personnages, par leurs décisions, par le jeu volontairement (enfin, j'espère) distancié des acteurs, mais on peine à entrer dans l'intrigue ténue qui tient lieu de colonne vertébrale au film. Il faudrait sans doute se contenter d'observer la faune étrange qui nous est présentée par les frères Larrieu, faune essentiellement féminine, en orbite autour d'un mâle dominant auquel peu résistent. Pour ma part, ce n'est pas à cet exercice d'observation que j'avais choisi de me prêter. 

Alors, finalement assez prétentieux, ce pseudo-polar souvent pénible est à réserver à ceux que le cinéma français, dans ses mauvais jours, ne laisse pas froids. Il doit en rester quelques-uns.


6 commentaires:

  1. Bonjour Laurent,

    Je fais partie de ceux qui n'ont pas aimé ce film, que j'ai d'ailleurs laissé tomber assez rapidement. Je me souviens d'avoir effectivement trouvé le film très prétentieux, et le côté tombeur de ces dames de Mathieu Amalric assez ridicule et peu crédible. Plus tous les personnages aussi antipathiques les uns que les autres, auxquels on n'y croit pas une seconde. Un film déplaisant.

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    1. Bonsoir Sentinelle. Comme tu l'as lu, nous sommes d'accord sur ce film. Le roman m'avait laissé un goût assez proche, cela dit.
      Merci de ton passage !

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  2. J'ai trouvé ce film complètement con, pas crédible et soporifique...

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    1. Pan...ça, c'est fait. ;-)
      Cela dit, je suis assez d'accord avec toi.

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  3. Ta critique est un peu sévère à mon goût, mais je comprends tes réticences. Je garde un souvenir mitigé de ce film, mais j'ai trouvé l'ambiance assez réussie avec cet incroyable bâtiment, sorte de labyrinthe aux murs transparents et cette neige partout. On se dit que le mystère ne pourrait pas planer dans un endroit si lumineux, et pourtant...

    Après, c'est vrai que tout ça est un peu trop poseur pour être honnête.

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    1. Comme tu l'as compris, Martin, j'ai été déçu par ce film, parce qu'il prend son spectateur de haut, surtout. Mais je conçois que l'on puisse l'apprécier, rassure-toi, Martin.
      Bonne soirée, l'ami !

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