En 1986, le film "Highlander" propulsait notre Christophe Lambert national au statut de star. En quelques films (de "Greystoke" à "Subway"), l'acteur devint le chouchou du cinéma français et pouvait afficher des ambitions internationales. La suite est connue : le deuxième volet de la franchise dédiée aux immortels fut un four monumental et se fit étriller par la critique. Si cela n'empêcha pas l'arrivée de nouveaux films et plusieurs déclinaisons télévisées (dont une en dessin animé), ce fut le début de la fin pour l'un des acteurs les plus prometteurs de sa génération. Cette suite fut-elle l'origine de tous les maux pour Christophe Lambert ?
Dès le début de "Highlander, le retour", on comprend que l'entreprise est mal engagée. Alors que le premier film se suffisait à lui-même, les scénaristes ont cru bon d'inventer (ou plutôt de bricoler) une origine à la légende des immortels, puis de monter de toutes pièces des justifications au retour du personnage de Sean Connery et à la présence d'autres immortels (alors qu'à la fin du premier film, il n'en restait qu'un, comme promis). En se passant du créateur de la franchise (Gregory Widen, qu'on retrouvera au scénario de "Backdraft") et en tentant de justifier la suite d'un film se suffisant à lui-même, l'équipe en charge de cette séquelle (au sens premier du terme) livre une histoire à laquelle ceux qui ont aimé le premier film ne peuvent adhérer.
Tel qu'il sortit dans les salles, le film fut désavoué par Mulcahy, qui ne put cependant pas empêcher son nom de figurer au générique. La mise en scène dynamique (et innovante, à l'époque du premier volet) souffre d'un montage fait dans son dos, torpillant presque tous ses effets. Il existe un director's cut de cette séquelle, qui tente de corriger quelques-unes des incohérences du scénario. La tâche est cependant immense, au regard des dégâts infligés à ce qui aurait du rester un film unique et non une franchise saccagée.
Même en ayant envie d'aimer ce film, il est difficile de lui trouver suffisamment de qualités pour le sauver. A de nombreuses reprises, on a l'impression qu'il se parodie lui-même (je songe notamment à la scène où Ramirez débarque sur Terre). La richesse du film fondateur rendait tentante l'idée d'une suite, mais tout était pourtant dit dans le premier opus : "Il ne peut en rester qu'un".







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