lundi 9 juillet 2012

Max and Co (2008)




Les incursions hexagonales sur les territoires du film d'animation sont suffisamment rares pour mériter qu'on se penche sur elles. « Max and Co », sorti il y a de cela quelques années, et n'ayant pas eu l'heur de déchaîner les passions, est de celles-là. A ce titre (et à d'autres), ce petit (76 minutes) film d'animation a droit à son billet dans ce blog.

A l'heure où la plupart des dessins animés font appel aux dernières technologies, à grand renfort d'images de synthèse et de technologie ébouriffante, certains irréductibles, tels les Gaulois d'Astérix, continuent d'utiliser l'animation image-par-image, à l'instar des célèbres studios Aardman (qui créèrent les géniaux Wallace et Gromit). Samuel et Frédéric Guillaume, deux frères, ont utilisé cette technique, que d'aucuns jugeront  obsolète, pour mettre en scène « Max and Co » et son esthétique d'un autre âge (que je situerai entre celle des « Noces Funèbres » et « Delicatessen », histoire de vous donner une idée).

L'histoire de « Max and Co » est d'une facture assez classique et met en scène des animaux « anthropomorphiques », comme on dit. Le héros, Max, est en quête de son père, le célèbre Johnny Bigoude, inventeur de l'instrument de musique homonyme (le bigoude, pour ceux qui n'auraient pas suivi). La ville dans laquelle il arrive en début d'histoire est, quant à elle, secouée par une violente crise sociale. L'usine « Bzzz & Co », qui fabrique des tapettes à mouche, se trouve en effet confrontée à une violente chute de ses ventes, à tel point que son président, Rodolfo, met en œuvre un plan machiavélique...


A lire les quelques lignes qui précèdent, on pourrait se dire que tout cela est un brin confus, voire totalement foutraque. C'est -hélas! - le sentiment que l'on a au sortir de la projection du film. Le scénario, en effet, semble hésiter et rester « le cul entre deux chaises » tout au long du film. Navigant entre comédie burlesque, fable écologique et pamphlet social, « Max and Co » loupe sa cible. A vouloir satisfaire plusieurs publics (les petits et les grands), il ne fonctionne finalement avec aucun : trop complexe pour les petits, tenant à peine debout pour les plus grands.
 Ensuite, si d'un point de vue purement esthétique, il peut se targuer d'originalité, techniquement parlant, « Max and Co » ne tient pas toutes ses promesses. L'animation reste en effet très en deçà des standards actuels. Les personnages sont extrêmement rigides et, lorsqu'ils « bougent », seule une portion congrue de leur corps est animée. De même, les décors, les arrières-plans et personnages de second plan sont, la plupart du temps, totalement figés et limités au minimum syndical. J'ai particulièrement tiqué lors de la scène où les ouvriers en colère prennent l'usine « Bzzz & Co » d'assaut. Pour rendre cette séquence crédible, il eût fallu qu'ils s'y attaquent en masse. Or, seuls sept ou huit courageux s'en prennent à Rodolfo, leur patron honni. Du coup, la scène ne fonctionne pas.


Tout n'est cependant pas complètement loupé dans « Max and Co ». Comme je l'ai évoqué plus haut, l'esthétique générale du film est plutôt réussie, même si elle souffre d'une évident pauvreté de moyens. Ensuite, les personnages sont extrêmement attachants, en grande partie grâce au doublage qui leur donne  une vraie personnalité. Parmi les « voix » de ce dessin animé, on citera, par exemple Lorant Deutsch (Max), Sanseverino (Sam), Virginie Efira (Katy), Micheline Dax (Madame Doudou), Patrick Bouchitey (Rodolfo)...


Avec un peu plus de moyens, un rien d'ambition, et une scénario plus travaillé, « Max and Co » aurait, à n'en pas douter, un vrai succès. Espérons qu'il ne s'agisse là que d'un rendez-vous raté...

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