samedi 7 juillet 2012

Une grande année (2007)


Pour beaucoup de cinéphiles, Ridley Scott est associé à quelques chefs d’œuvres (« Blade Runner », « Alien », pour ne citer que ceux-là). Si le bonhomme a dans sa filmographie quelques morceaux plus discutables (« 1492 », « La chute du faucon noir »), chacun de ses films tient généralement le haut de l’affiche. Quand, en plus, le rôle principal est tenu par Russel Crowe (la star de « Gladiator » de Ridley Scott, justement), il y a de fortes raisons de s’attendre à un bon moment de cinéma, au moins. Enfin, si la gracieuse Marion Cotillard (est-il utile de la présenter ?) fait partie du casting, normalement, le succès est au rendez-vous.

Figurez-vous qu’il n’en fut rien, quand « Une grande année » sortit sur les écrans. Comme quoi, les meilleurs ingrédients du monde n’assurent pas, par leur simple présence, la réussite d’une recette.

Je vous fais un rapide résumé de l’histoire, si vous voulez bien (si vous ne voulez pas, vous n’avez qu’à fermer les yeux).
A son aise parmi les requins de la City de Londres, Max Skinner (Russel Crowe) est une star parmi les traders. Dénué de scrupules autant que de sentiments, Max, lorsqu’il hérite d’un domaine vinicole perdu en Provence, envisage illico de revendre la bâtisse, histoire de s’enrichir encore un peu plus. Se rendant sur place pour régler les détails de la succession, le trader aux dents longues va vite déchanter (le vin produit sur le domaine est une infâme piquette) avant d’être enchanté (notamment lorsqu’il croisera le personnage incarné par Marion Cotillard).

 Entre comédie romantique, « happy movie » et parcours initiatique, « Une grande année » aurait pu être un grand film, voire tout simplement un bon moment de cinéma, disais-je plus haut. Après visionnage du DVD, il y a de quoi rester perplexe. Toujours est-il que ce film fait partie des œuvres « mineures » de Ridley Scott (à ranger aux côtés de « G.I. Jane », par exemple).

La faute à qui ? A quoi ?

Tout d’abord à l’histoire, qui part dans tous les sens, commençant sur le thème de la remise en question du personnage principal, pour embrayer sur celui de la nostalgie, avant de célébrer un certain art de vivre, puis de s’engager sur la voie de la comédie romantique, le tout saupoudré d’une intrigue policière qui n’apporte rien.


Ensuite, les acteurs. On a beau les apprécier, force est d’admettre qu’ils semblent bien s’amuser, mais sans véritablement croire à ce qu’ils interprètent. Cela dit, au regard de l’histoire qui leur est confiée, difficile d’y adhérer. C’est regrettable puisque le casting était remarquable : en plus de Russel Crowe et Marion Cotillard, on notera la présence d’Albert Finney (« Big Fish ») et de Didier Bourdon (oui, oui, vous avez bien lu, l’un des Inconnus).


Enfin, la majeure partie des torts revient, il faut le reconnaître, à Ridley Scott lui-même. C’est à croire que le génie qui mit en scène « Blade Runner » ou « Gladiator » a mis de côté tout son talent, comptant sur la beauté des décors et le charme de ses interprètes pour sauver le film du naufrage. Au final, on a l’impression que lui et son équipe ont profité du tournage pour prendre des vacances au soleil, tout en bricolant vite-fait-mal-fait un truc à peine digne d’un téléfilm.

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